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Articles

Affichage des articles associés au libellé Charlotte

"La rue" de Robert SEETHALER

Qui connaît l’univers de Robert Seethaler ne sera ni perdu ni déçu. Celles et ceux qui ne le connaissent pas encore vont le découvrir : c’est l’univers de l’infra-ordinaire cher à Perec, celui du quotidien, tellement quotidien qu’on ne le voit ni le remarque même plus. Et pourtant, menacé de destruction ou de disparition, il charrie avec lui des tonnes de nostalgie. Robert Seethaler fait vivre la rue de la Lande, quelque part dans une ville et un pays dont les noms ne sont pas précisés (mais probablement en Europe de l’Est, ce qui n’est pas important de toutes façons), au travers des fragments de vie, de dialogues, de courriers administratifs ou amoureux du petit peuple qui y vit : à la boulangerie, chez la fleuriste, pendant la fête de la rue, à l’église, dans des immeubles... Ce qui se trame n’apparaît qu’en toile de fond : la gentrification imminente de cette rue populaire, objet de convoitise et de manœuvres de la part de promoteurs gourmands. Ainsi voit-o...

Crépuscule de Michael CUNNINGHAM

L’auteur de The hours, adapté au cinéma avec Nicole Kidman, nous plonge dans le New York actuel, New York qui tient un rôle, à part entière, New York dans toute sa complexité, dans toute la vie qu’elle déploie. On ressent l’atmosphère si particulière de cette ville… On pousse la porte de l’appartement de Peter, galeriste et Rebecca, critique et collaboratrice d’une revue culturelle influente. Un couple que l’on pourrait qualifier de « bobo » (je déteste cette expression), brillant, évoluant dans le milieu artistique, résidant dans un bel appartement new yorkais, jouissant d’un niveau de vie élevé, parents d’une jeune fille qui se détourne d’eux et mène une existence plutôt insignifiante ; un couple en apparence heureux, en apparence seulement. L’auteur nous entraine au cœur de ce couple, au cœur de l’usure des sentiments, du désenchantement de la vie, de la difficile confrontation entre ce que l’on est devenu et ce que l’on voulait être. L’équilibre précaire, mis en place pa...

Room d'Emma DONOGHUE

On pourrait se croire face à un fait divers romancé : l’enlèvement et la séquestration d’une femme, que son bourreau viole tous les soirs et qui donne naissance à petit Jack qui nous raconte son histoire, sa vie dans La Chambre où chaque objet a un nom et est vivant. On pourrait tomber dans le glauque mais le talent de l’auteur est de raconter l’histoire du point de vue du petit garçon, un langage d’un garçon de 5 ans hors normes. Le style est enlevé, terrible parfois quand on se rend compte de ce qui se cache derrière l’innocence du petit garçon ; tout est suggéré, susurré avec la candeur de l’enfant et cela prend toute sa force. Ce roman est une prouesse, intéressante, qui selon moi pose de vraies questions de société. Roman profond, inattendu et vraiment étonnant !!! Charlotte

Si ce livre pouvait me rapprocher de toi de Jean-Paul DUBOIS

Je connaissais « La vie française » de Dubois mais ce livre-là était passé à la trappe. Présenté comme un roman, ce livre est indéniablement une autobiographie. Un écrivain qui a écrit… kg de livres s’interroge sur sa vie, sur l’échec de son couple, se demande ce qu’il apporte au monde (ma question préférée, mon tourment permanent !!) et finalement se dit que pour se comprendre soi-même, il faut comprendre d’où l’on vient. Il entreprend alors un voyage au Canada, pour découvrir les lieux du drame, voir le lac dans lequel son père s’est noyé. Véritable voyage initiatique qui permettra à l’homme de connaître sa famille, de découvrir ses limites et sa force, tout en croisant la route de personnages tantôt chaleureux et aimants tantôt barbares et inhumains. Le style de Jean Paul Dubois est fluide, ses descriptions sont courtes mais suffisantes : on tremble quand il a froid, on voit presque défiler sous nos yeux les forêts canadiennes et ses grands lacs. Le ressenti est un peu le m...

Charlotte a lu...

Dire son nom de Francisco Goldman Comment faire le deuil de sa femme, quand celle-ci disparaît à trente ans, comme ça, subitement, sans prévenir… ? C’est son histoire que nous raconte l’auteur, ce deuil impossible, cette sensation de vide qui peut parfois frôler la folie. Si le pitch est douloureux, le livre est léger, parfois trop d’ailleurs. On s'ennuie un peu au début, désolé de ne pas s'attacher à cette jeune femme dont on connaît l'issue fatale, et puis finalement on se laisse happer pour l’histoire, par la vie d’Aura avant sa mort, ses envies, sa fantaisie, ses doutes, son insatiable quête de notoriété, ses rêves. L’auteur aurait pu faire un livre moralisateur sur l’idée de vivre sa vie pleinement, de ne pas faire de compromis car tout peut s’arrêter demain, mais il n’en est rien. Il décrit juste ce qu’il vit, se rappelle des souvenirs, nous déroule le fil de la vie d’Aura. On reste cependant parfois un peu froid face à tout cela, comme si lui était également un...

Rouge argile de Virginie OLLAGNIER

Parfois il est difficile de parler des choses qui vous touchent profondément, qui vous émeuvent plus que d’autres, qui sont ressenties physiquement et pas seulement effleurées… Et pourtant, il faut que j’essaie de vous parler de ce livre… Un livre peut vraiment avoir cet effet? Oui! J’ai vécu ce livre, il m’a réchauffé, m’a fait voyager, m’a poursuivi toute la journée, n’attendant qu’une chose le retrouver le soir pour le dévorer, qui m’a fait me lever un peu plus tôt pour le terminer… Ce livre, c’est Rouge argile de Virginie Ollagnier C’est un livre solaire, lumineux, décomplexant, qui vous embarque dans un Maroc chaud où les blessures de l’Histoire sont encore présentes mais où l’on essaie de vivre, d’oublier. C’est un roman assez court mais qui véhicule tant d’émotions, de sentiments nobles, sur le rôle à tenir dans la vie, sur les non dits, les pudeurs, le pardon, la force et le courage. Rosa vous embarque dans ce monde avec la sanguine Shérifa, la voluptueuse Monde, l...

Et rester vivant de Jean-Philippe BLONDEL

Cela fait un moment que j’ai lu ce livre et j’attendais car je ne savais pas quoi en dire… Je vais vraiment finir par croire que je suis un peu décalée car tous les livres à grand succès n’ont pas sur moi un effet fou (il y a des exceptions certes !!)… J’ai lu d’une traite ce roman, court et efficace sans doute mais je n’ai rien ressenti… Pourtant, le postulat est dramatique : la perte pour l’auteur de sa mère et de son frère dans un accident de voiture puis quelques années plus tard de son père. Complètement déconnecté de la vie, il part aux Etats-Unis dans un road movie avec son meilleur ami et leur petite amie commune (un peu plus compliqué mais je résume !)… Aucune émotion partagée, aucun moment de compassion ou au contraire d’envie de vivre, rien… Je n’entends que des bonnes critiques sur ce livre mais pour ma part, je suis restée hermétique! Charlotte

Les raisons de mon crime de Nathalie KUPERMAN

Je ne sais pas si je me tourne vers ses livres en ce moment ou si c’est un courant en vogue mais les romans sur l’écrivain lui-même, sur la difficulté d’écrire, sur la volonté d’écrire, sur le mal que cela peut engendrer autour de soi fleurissent et me tombent entre les mains. Je pensais m’éloigner complètement de cet univers avec ce roman, dans lequel on se retrouve confrontée à Marianne, la narratrice, qui essaie de renouer le contact avec une cousine perdue de vue, Martine, sans emploi, alcoolique, vivant dans 15 m2, dont elle veut raconter l’histoire et qui raconte que sa mère est une tueuse… Les personnages sont violents, l’écriture est ciselée, on est dans la misère, la décadence, la vie sans lumière. De ce point de vue là, c’est une réussite mais je me suis sentie mal à l’aise, gênée, pas à ma place. J’ai manqué d’air, encore une fois, un peu comme Pièce rapportée . Sans doute était ce l’effet recherché par l’auteur mais autant Le Système Victoria qui m’a parfois dérangée, bo...

Monsieur Jules de Diane BROECKHOVEN

Il y a des livres qui trainent comme ça, sur une table de libraire, qui font leur petite vie dans leur coin, sans que tous les médias en parlent… et c’est un peu, par hasard, que je suis tombée sur ce livre : Une journée avec Monsieur Jules de Diane Broeckhoven, paru en 2001, traduit dans plein de pays et une réédition est intervenue en 2011… C’est un court roman, tout doux, d’une tendresse infinie, d’une mélancolie rare… Alice et Jules ont un rituel : il se lève le premier, fait le café pendant qu’Alice paresse pendant une demi heure dans son lit. Comme chaque matin, elle se lève, attirée par l’odeur du café fraichement passé. Elle suit ses petites habitudes, va s’asseoir à côté de Jules dans le canapé, le regarde et comprend… Jules est mort. Elle va pourtant décider de passer une dernière journée avec lui, sans prévenir famille et pompes funèbres, pour qu’on lui laisse son Jules encore un peu. Elle partagera cette journée avec David, le petit voisin autiste qui vient tous le...

Le Jour avant le bonheur d' Erri DE LUCA

Italie d’après guerre. On est projeté dans cette petite cour d’immeuble qui n’existe que dans ces pays où le soleil est là en permanence, avec des enfants qui jouent, des voisines qui se chamaillent, le concierge bienveillant régnant sur tout ce petit monde, les émois d’enfants, les blessures de la guerre. On s’attache à ce petit garçon, orphelin qui évolue, grandit, essaie de trouver sa place, de comprendre le monde. On aime ce concierge un peu bourru, mais attentionné, rempli de tendresse et d’amour et de tellement de pudeur. Et ce titre… Le jour avant le bonheur… Tout un programme ! Comment réagiriez-vous si vous saviez que vous étiez à la veille du jour le plus heureux de votre vie ? Comment s’y préparer ? Et si cette attente était vaine ? Et puis au fond, ça ressemble à quoi le jour le plus heureux d’une vie ? Le style est rythmé, charpenté parfois ; l’histoire est dense, on virevolte d’un âge à un autre, d’un sentiment à l’autre, de la gravité à la légèreté. Les de...

Les Séparées de Kéthévane DAVRICHEWY

Les romans ado regorgent de ces histoires d’amitié-amour, de ces relations un peu ravageuses, on aime s’inventer une histoire aussi forte, des amitiés pour lesquelles on est prête à tout… Mais les romans adultes sont plus rares sur ce sujet, comme si l’amour était le seul grand sentiment. Et pourtant… L’amitié est souvent réduite, à un sentiment un peu plus fade que l’amour, quelque chose de secondaire ; ce qui est une grave erreur… Car il y a des blessures d’amitié qui ne se referment jamais et qui font souffrir davantage qu’une rupture amoureuse. C’est exactement de cela que nous parle Kéthévane Davrichewy dans Les séparées. Alice et Cécile, Cécile et Alice… une relation d’amitié fusionnelle, filiale presque, malsaine parfois? Ce sentiment que sans l’autre, il nous manque quelque chose…Cet alter ego. Le roman commence en 1981 au jour de la victoire de Mitterrand, mais on bascule vite dans le monde d’aujourd’hui avec des flash back sur cette relation hors normes. On suit l’év...

Limonov d'Emmanuel CARRERE

Je ne sais pas... Cela pourrait être le résumé de ma critique. On parle de ce livre ENORMEMENT... Pour les Inrocks, il fait partie du tiercé de tête 2011 et ils déplorent le Goncourt raté... Indéniablement, un des romans du moment...et pourtant je ne suis pas complètement conquise... C'est du Carrère, c'est certain! On y retrouve la patte de l'auteur de l'adversaire et du remarquable "D'autres vies que la mienne"... Ce dernier est un de mes romans fétiches alors j'en attendais sans doute trop! On ne sait pas sur quel pied danser, on voudrait pouvoir mettre ce Limonov dans une case : gentil ou méchant ? Tout noir ou tout blanc ? (ah bon le gris existe??)... Ce que l'on n'arrive pas à analyser, c'est le parti pris de l'auteur... A certain moment, on a l'impression qu'Emmanuel Carrère utilise le prétexte de la vie de Limonov pour parler de lui , de son besoin de reconnaissance, de célébrité, de cette personnalité un peu ambiv...

Rien ne s'oppose à la nuit de Delphine de VIGAN

Avant toute chose... Non, je n'ai pas lu le dernier Delphine De Vigan parce que c'est un des romans de la rentrée. J'ai lu tous les romans de ce talentueux auteur qui a un vrai style, reconnaissable aisément, une vraie profondeur. Chaque ouvrage de Delphine de Vigan est un vrai plaisir de lecture et laisse une trace... J'ai passé mon dimanche avec Lucile. J'ai commencé le roman dans mon fauteuil de lecture pour ne le lâcher le soir qu'après avoir terminé la dernière page!!! C'est un roman solaire. Je ne pensais pas utiliser cet adjectif car je l'avais commencé quelques jours avant mon mariage, j'avais dû le mettre de côté (et j'avais un peu peur de retrouver le sentiment douloureux qui accompagne mon souvenir de lecture du livre Mauvaise fille de Justine Lévy) car il me troublait trop mais là, j'ai savouré. Les faits sont cruels, difficiles, dramatiques, cette famille déchirée, abonnée au malheur, et pourtant... Elle arrive à rendr...

Les souvenirs de David FOENKINOS

Il y a des livres qui vous bouleversent, d'autres qui vous énervent, certains vous émeuvent alors que vous voudriez en chasser d'autres de votre mémoire et puis il y a des livres qui vous touchent, qui vous font du bien , où vous vous dites que cela a été écrit juste pour vous (quelle prétention!), ces livres que vous voulez garder près de vous pour en relire certains passages, pour vous en inspirer... C'est une espèce rare! C'est dans ce petit cercle fermé que vient s'inscrire Les souvenirs de David Foenkinos. Les souvenirs, c'est la vie sans artifices, sans super héros, sans paysages sublimes... C'est le quotidien magnifié par les mots de David Foenkinos. C'est une jolie réflexion sur la vieillesse, sur l'écriture, sur le mal être de nos sociétés, sur le but d'une vie, sur la facilité dans laquelle on peut parfois se glisser par peur de faire quelque chose d'extraordinaire (au sens propre : qui sort de l'ordinaire). Ce roman es...

La belle amour humaine de Lyonel TROUILLOT

Anse-à-Fôleur. Un lieu hors du temps où les lois sont faites au gré des envies et changent en fonction des humeurs, où l'essentiel est de profiter de son passage sur terre, où tout semble léger comme bercé par un doux champ exotique. Pourtant, on est à Haiti, après le séisme, dans un chaos assourdissant et un dénuement absolu (la page sur la folie de cet endroit est poignante, elle a la force de nous transporter là bas). Le rythme de ce petit village côtier, loin de la fureur de la ville, semble irréel, comme arrêté. Anaise, jeune occidentale, vient chercher la vérité, retrouver ses racines, comprendre pourquoi son grand père a disparu dans ce petit paradis sur terre. Lyonel Trouillot est un poète.

Le Système Victoria d'Eric REINHARDT

Il est des livres dont faire la critique est difficile, les résumer ne leur rend pas hommage, trouver les bons mots pour en parler est un exercice périlleux... "Le Système Victoria" est un de ceux là! J'ai refait le brouillon de cette critique des dizaines de fois, ne sachant comment l'aborder... Mais il fallait que je vous en parle! Amour, travail, pouvoir, violence, sexe, politique, argent, ambition, réussite, déchéance... Tout y est!! Et il n'y a rien de trop. Ce livre est intelligent : il parvient à dénoncer la société actuelle, sa démesure, le système capitaliste, le pouvoir et l'ambition comme dogmes de vie sans jamais tomber dans la facilité. L'histoire est portée par deux personnages travaillés, complexes, multiples, torturés. Ce livre vous happe et ne vous lâche pas, vous le refermez un peu sonné, un peu KO en vous demandant comment vous allez sortir de ce tourbillon... Vous y repensez souvent... On sait que la fin sera dram...

La sélection de Charlotte (3)

(Re)lire Camus Lu, il y a certain temps déjà pour satisfaire une obligation scolaire, j’avais laissé Camus au bord de la route. Et puis, commémoration oblige (est ce un bien ou un mal, je vous laisse choisir…), me revoilà plongée dans les livres de Camus… Caligula, l’Envers et l’endroit, le Malentendu, l’étranger … Quelle révélation ! Comment ai je fait pour ne pas le redécouvrir plus tôt ? Lire Camus est une nécessité. Un écrivain qui met des mots simples sur des sentiments profonds que l’on n’ose dévoiler ou qui nous traverse comme un effroi et qui nous laisse vide, face à la question existentielle : comment vivre sa vie en se sachant mortel ? Et pourtant, se dessine derrière cette profondeur, une pointe d’espoir, un bonheur palpable… On se sent moins seule avec Camus à nos côtés… Les âmes sœurs de Valérie ZENATTI Lila, héroïne livre, photographe, deuil Emmanuelle, mariée, 2 enfants, travail Comment la lecture d’un livre ouvre à l’introspection, donne les réponses à sa propre vie ? C...

La sélection de Charlotte (2)

Netherland de Joseph O'NEILL Poussée par l’esprit « Obamasien », je m’attelle à la lecture de ce phénomène littéraire… Sentiment très partagé… Atmosphère américaine du traumatisme du 11 septembre, du rêve américain, de l’après Bush et de sa critique… Ecriture travaillée. Portait critique d’une Amérique et en même temps, roman patriotique. Même si le personnage principal est anglais, domine la sensation de fierté de ce pays où tout paraît possible, presque du nationalisme… ? Peut être la réponse à la question (si discutable ?) de ce qu’est l’identité nationale… américaine. La disparition de Paris et sa renaissance en Afrique de Martin Page A la lecture du titre… l’envie monte… Livre assez déroutant où l’on a l’impression de planer au dessus de la vie réelle… et pourtant, on est ancré dans un Paris, à l’atmosphère si bien décrite, actuel à suivre les traces de Mathias, fonctionnaire de l’hôtel de ville de Paris écrivant les discours du maire… qui se trouve confronté à une mission p...

La sélection de Charlotte (1)

Lectures croisées : L’annonce de Marie Hélène Lafon et Les aimants de Jean Marc Parisis Romans que tout paraît opposer… L’un dans un univers parisien, feutré, hautain, bobo, intellectuel dans lequel on se souvient d’un amour déchirant et violent. L’autre dans l’univers agricole où la terre et les traditions prennent toute la place et où l’on assiste à la naissance d’un amour raisonné, et subi… Et pourtant, une même impression laissée après la lecture… une déception. La description d’un amour peut être magnifique, peut prendre 1000 pages sans que l’on s’essouffle, sans que l’on veuille laisser passer un mot… Ici, c’est tout autre… des descriptions à n’en plus finir, une atmosphère pesante, une lourdeur et une lassitude… Déception pour deux ouvrages pourtant bien critiqués par ailleurs… La légende de nos pères de Sorj Chalandon Après sa « promesse » (Une promesse, 2006, Grasset) troublante, Sorj Chalandon nous embarque dans la mémoire de nos grands pères, de nos pères… Dans ce néce...

Rentrée littéraire : keskalu Charlotte...

Tous les ans, à chaque mois de septembre, je me dis que cette année, ce sera différent. Je ne feuilleterai pas les catalogues sur cette rentrée, je ne franchirai pas le seuil d’une librairie, dans laquelle inévitablement une table sera dressée avec toutes ces nouveautés…Tous ces livres neufs ne demandant qu’à être ouverts… Non, ma décision est prise, ma bibliothèque est pleine et j’ai encore tant de choses à lire… Et puis, inévitablement, cela commence par une petite critique lue dans un magazine, entendue dans une émission… et hop, la résolution à la poubelle, happée par la librairie, je m’y précipite… Voilà, j’ai craqué… Petit aperçu de mes lectures de cette rentrée 2009… - Une année étrangère de Brigitte Giraud Récit d’une jeune fille au pair fuyant son histoire pour se réfugier dans une famille en Allemagne… Récit émouvant sur les relations humaines, sur le poids du passé, sur la solitude finalement… Ecriture fluide, agréable… Il manque cependant un petit quelque chose pour que le ...

D'autres vies que la mienne d'Emmanuel CARRERE

"Toi qui es écrivain, tu vas écrire un livre sur tout ça ? [...] Tu devrais. Si je savais écrire, moi, je le ferais. " ou comment un écrivain, non moins réputé pour son narcissisme, accepte de retracer des destins brisés sans jamais tomber dans la facilité et le voyeurisme… Deux événements majeurs où l’injustice de la mort est omniprésente : le tsunami de décembre 2004 entraînant la perte d’une petite fille pour ses parents et la mort des suites d’un cancer d’une femme de 33 ans, épouse, fille, mère… Tout en retenue, avec finesse et douceur, on entre dans la vie de ces personnages… on a l’impression de marcher sur la pointe des pieds pour ne pas faire de bruit, de se cacher derrière une porte pour ne pas être vu mais ces moments, on les vit, on les ressent… A découvrir pour se rendre compte que « d’ autres vies que la mienne » nous touchent insidieusement, s’immisce dans notre conception de la vie et du rapport à autrui… et que rien de ce qui humain ne nous sera plus étranger...