Qui connaît l’univers de Robert Seethaler ne sera ni perdu ni déçu. Celles et ceux qui ne le connaissent pas encore vont le découvrir : c’est l’univers de l’infra-ordinaire cher à Perec, celui du quotidien, tellement quotidien qu’on ne le voit ni le remarque même plus. Et pourtant, menacé de destruction ou de disparition, il charrie avec lui des tonnes de nostalgie. Robert Seethaler fait vivre la rue de la Lande, quelque part dans une ville et un pays dont les noms ne sont pas précisés (mais probablement en Europe de l’Est, ce qui n’est pas important de toutes façons), au travers des fragments de vie, de dialogues, de courriers administratifs ou amoureux du petit peuple qui y vit : à la boulangerie, chez la fleuriste, pendant la fête de la rue, à l’église, dans des immeubles... Ce qui se trame n’apparaît qu’en toile de fond : la gentrification imminente de cette rue populaire, objet de convoitise et de manœuvres de la part de promoteurs gourmands. Ainsi voit-o...
Les paysages de Fargo (le film des frères Coen) , le Minnesota de la neige, du froid et des lacs, cette ambiance d'Amérique profonde et rude, ça vous dit quelque chose ? A Duluth, autre petite ville de cet état limitrophe du Canada, deux jeunes lycéennes disparaissent à un an d'intervalle. Jonathan Stride est de nouveau chargé de l'enquête lorsque Rachel s'évanouit dans la nature. Kerry n'avait jamais été retrouvée. Et il a un mauvais pressentiment.... Beaucoup de rebondissements dans l'intrigue, qui se passe sur plusieurs années et se déplace même à Las Vegas, l'exact opposé climatique et sociétal de Duluth. Le principal intérêt du roman, c'est Jonathan Stride, ce policier veuf inconsolable (mais séduisant) et la galerie de femmes qui l'entourent (mention spéciale à sa partenaire Maggie Bei); et cet arrière fond de la région de Dultuh, ce froid impitoyable, cette neige qui recouvre en quelques heures et pour des semaines les scènes de crime. Alors é...