Qui connaît l’univers de Robert Seethaler ne sera ni perdu ni déçu. Celles et ceux qui ne le connaissent pas encore vont le découvrir : c’est l’univers de l’infra-ordinaire cher à Perec, celui du quotidien, tellement quotidien qu’on ne le voit ni le remarque même plus. Et pourtant, menacé de destruction ou de disparition, il charrie avec lui des tonnes de nostalgie. Robert Seethaler fait vivre la rue de la Lande, quelque part dans une ville et un pays dont les noms ne sont pas précisés (mais probablement en Europe de l’Est, ce qui n’est pas important de toutes façons), au travers des fragments de vie, de dialogues, de courriers administratifs ou amoureux du petit peuple qui y vit : à la boulangerie, chez la fleuriste, pendant la fête de la rue, à l’église, dans des immeubles... Ce qui se trame n’apparaît qu’en toile de fond : la gentrification imminente de cette rue populaire, objet de convoitise et de manœuvres de la part de promoteurs gourmands. Ainsi voit-o...
Ce livre est une double invitation au voyage : voyage de l'Afrique du Sud aux Etats-Unis avec un état des lieux pittoresque et souvent amer des pays traversés, et voyage au sein d'une famille des parents excentriques et utopistes aux enfants impossibles mais si attachants. On est embarqué au côté de l'ainé, Will, qui est peut-être le seul à prendre du recul devant toutes ces péripéties, à travers les lettres qu'il envoie à sa grand-mère (un tempérament aussi bien particulier !!). Rien de conventionnel dans cette famille qui cherche le pays idéal, ni ses débuts, ni ses problèmes. Dans cette famille on creuse la terre pour voir les chinois de l'autre côté de la terre… (quelle idée !). Un autre est spécialiste des valves et des robinets…(oui il en faut !). Nous sommes émus, amusés, jamais indifférents car les Lament sont en quête de ce que nous cherchons tous…le bonheur sans la perte des illusions, avec le cœur et l'envie toujours en avant. Alors on traverse leurs ...