👍 Bibliosurf a distingué cette critique On connaît tous le célèbre aphorisme de Montaigne : « les voyages forment la jeunesse » consigné dans ses Essais . Eh bien, chez Joyce Maynard c’est tout le contraire. Ici, le voyage entrepris par deux de ses protagonistes ne forme personne et va plutôt aboutir à l’irréparable. Inspiré d’un fait divers qui a défrayé la chronique aux États-Unis en 2021, L’influenceuse raconte l’histoire de deux jeunes gens, Kevin et Tammy, qui décident de scénariser sur Instagram leur road trip à travers le pays, road trip au terme duquel Kevin va finir par tuer Tammy. Je ne dévoile rien puisque le roman débute précisément sur cette fin tragique. Et tout le but du jeu, c’est de reprendre les faits à rebours, de tirer le fil de la pelote pour mieux comprendre les mécanismes qui ont conduit à cette issue fatale. Pour cela Maynard donne la parole à chacun des personnages de l’histoire (sauf Tammy, je reviendrai plus tard sur cet aspect...

Christophe Leibowitz est un jeune avocat, éternel commis d'office pour arrondir ses fins de mois. Il s'est même fait une réputation chez les proxénètes d'Europe de l'Est. En somme, Christophe Leibowitz est un pénaliste misérable pour des suspects minables. Rien de très enthousiasmant si ce n'est que notre anti-héros a le don de nous révéler l'absurdité de certaines situations au gré de ses permanences au palais - interminables d'attente et fortes de mesquineries entre collègues. Bouffé par une réalité et un quotidien glauque à souhait, on finirait presque par déprimer avec Maître Leibowitz.
Jusqu'à ce qu'on comprenne que le personnage nous écrit de prison. Il a troqué son appartement confortable contre "une vie à deux avec un type de cent trente kilos qui ronfle au-dessus de mon oreille, dans une studette de neuf mètres carrés avec barreaux, exposée plein sud avec vue sur promenade – à Fresnes." Et finalement, pour des raisons que vous comprendrez si vous lisez le livre, ce n'était pas une si mauvaise affaire…
Quelques introspections vraiment très drôles sur un milieu que l'auteur connaît bien - et oui, elle est avocate pénaliste…
Jusqu'à ce qu'on comprenne que le personnage nous écrit de prison. Il a troqué son appartement confortable contre "une vie à deux avec un type de cent trente kilos qui ronfle au-dessus de mon oreille, dans une studette de neuf mètres carrés avec barreaux, exposée plein sud avec vue sur promenade – à Fresnes." Et finalement, pour des raisons que vous comprendrez si vous lisez le livre, ce n'était pas une si mauvaise affaire…
Quelques introspections vraiment très drôles sur un milieu que l'auteur connaît bien - et oui, elle est avocate pénaliste…
Paru en 2004 aux éditions Métailié
Amélie
Commentaires