Qui connaît l’univers de Robert Seethaler ne sera ni perdu ni déçu. Celles et ceux qui ne le connaissent pas encore vont le découvrir : c’est l’univers de l’infra-ordinaire cher à Perec, celui du quotidien, tellement quotidien qu’on ne le voit ni le remarque même plus. Et pourtant, menacé de destruction ou de disparition, il charrie avec lui des tonnes de nostalgie. Robert Seethaler fait vivre la rue de la Lande, quelque part dans une ville et un pays dont les noms ne sont pas précisés (mais probablement en Europe de l’Est, ce qui n’est pas important de toutes façons), au travers des fragments de vie, de dialogues, de courriers administratifs ou amoureux du petit peuple qui y vit : à la boulangerie, chez la fleuriste, pendant la fête de la rue, à l’église, dans des immeubles... Ce qui se trame n’apparaît qu’en toile de fond : la gentrification imminente de cette rue populaire, objet de convoitise et de manœuvres de la part de promoteurs gourmands. Ainsi voit-o...
Ce samedi, c’est une journée dans la vie Henry Perowne, neurochirurgien renommé, à Londres. On est en février 2003. Tony Blair s’apprête à suivre George Bush et à participer à l’invasion de l’Irak, contre l’opinion publique de tout son pays. Une manifestation pacifiste d’envergure inégalée se prépare pour ce samedi. Henry Perowne se réveille à 3 heures du matin, inexplicablement attiré par la fenêtre, d’où il aperçoit un avion en flammes qui va s’écraser. Accident, attentat ? Conditionné par le 11 septembre, il pense inévitablement à un attentat. Toute la journée, les thèses les plus contradictoires envahiront les médias sur cet évènement. Pour Henry Perowne, c’est le point de départ d’une folle journée, au cours de laquelle tous ses repères vont, non pas voler en éclats, mais bouger subtilement, se décaler. Londres est bloqué par la manifestation pacifiste, et les déplacements en voiture d’Henry se trouvent perturbés. Hormis sa visite hebdomadaire à sa mère atteinte de la maladie d’Al...