Qui connaît l’univers de Robert Seethaler ne sera ni perdu ni déçu. Celles et ceux qui ne le connaissent pas encore vont le découvrir : c’est l’univers de l’infra-ordinaire cher à Perec, celui du quotidien, tellement quotidien qu’on ne le voit ni le remarque même plus. Et pourtant, menacé de destruction ou de disparition, il charrie avec lui des tonnes de nostalgie. Robert Seethaler fait vivre la rue de la Lande, quelque part dans une ville et un pays dont les noms ne sont pas précisés (mais probablement en Europe de l’Est, ce qui n’est pas important de toutes façons), au travers des fragments de vie, de dialogues, de courriers administratifs ou amoureux du petit peuple qui y vit : à la boulangerie, chez la fleuriste, pendant la fête de la rue, à l’église, dans des immeubles... Ce qui se trame n’apparaît qu’en toile de fond : la gentrification imminente de cette rue populaire, objet de convoitise et de manœuvres de la part de promoteurs gourmands. Ainsi voit-o...
Ouvrir un restaurant n’est pas affaire facile surtout quand on doit mentir à son banquier pour obtenir un prêt, dormir dans son restaurant car on ne peut pas se payer un appartement et gérer seule le quotidien d’un restaurateur : cuisine mais aussi marketing, secrétariat, comptabilité… C’est pourtant dans cette aventure que se lance Myriam, femme ô combien mystérieuse, qui vit entre rêve et réalité et que l’on découvre au fil du roman : comment en est elle arrivée là ? Quel est ce lourd secret qui l’empêche d’avancer ?... Des personnages, plus savoureux les uns que les autres, vont égayer ce quotidien difficile : Simone et Hannah, deux fidèles clientes, Ben le serveur parfait, Vincent le voisin fleuriste, Ali le cultivateur si particulier… Agnès Desarthe nous offre ici un roman déroutant où se mêlent les petits soucis du quotidien et les rêves loufoques de l’héroïne. L’écriture d’Agnès Desarthe est tantôt légère, tantôt grave, tantôt empreinte de réalisme, tantôt philosophique… Ce roma...