Qui connaît l’univers de Robert Seethaler ne sera ni perdu ni déçu. Celles et ceux qui ne le connaissent pas encore vont le découvrir : c’est l’univers de l’infra-ordinaire cher à Perec, celui du quotidien, tellement quotidien qu’on ne le voit ni le remarque même plus. Et pourtant, menacé de destruction ou de disparition, il charrie avec lui des tonnes de nostalgie. Robert Seethaler fait vivre la rue de la Lande, quelque part dans une ville et un pays dont les noms ne sont pas précisés (mais probablement en Europe de l’Est, ce qui n’est pas important de toutes façons), au travers des fragments de vie, de dialogues, de courriers administratifs ou amoureux du petit peuple qui y vit : à la boulangerie, chez la fleuriste, pendant la fête de la rue, à l’église, dans des immeubles... Ce qui se trame n’apparaît qu’en toile de fond : la gentrification imminente de cette rue populaire, objet de convoitise et de manœuvres de la part de promoteurs gourmands. Ainsi voit-o...
J'avais loupé l'avant-dernier roman de T.C.Boyle, America , je n'ai pas laissé passer Après le carnage et je ne le regrette pas, comme toujours avec cet auteur rock'n roll et surprenant. Il reprend un thème qui lui est cher, la défense de l'environnement, à travers deux personnages bien dessinés, incarnant l'un et l'autre deux approches radicalement opposées. Alma est une scientifique intègre, austère et rigide qui veut coûte que coûte préserver le fabuleux biotope des Channel Islands, ce petit miracle d'archipel au large de Santa Barbara, Californie. Dave est un notable cool (oui en Californie ça existe...), riche commerçant et ardent défenseur des animaux. On pourrait croire qu'ils ont tout pour s'entendre. Il n'en est rien ! Car Alma a le projet d'exterminer les rats qui ont envahi les Channel Islands et menacent leur faune unique, et Dave ne supporte pas qu'on tue le moindre animal, même aussi répandu et nuisible que le ...