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Articles

Affichage des articles du 2023

"La rue" de Robert SEETHALER

Qui connaît l’univers de Robert Seethaler ne sera ni perdu ni déçu. Celles et ceux qui ne le connaissent pas encore vont le découvrir : c’est l’univers de l’infra-ordinaire cher à Perec, celui du quotidien, tellement quotidien qu’on ne le voit ni le remarque même plus. Et pourtant, menacé de destruction ou de disparition, il charrie avec lui des tonnes de nostalgie. Robert Seethaler fait vivre la rue de la Lande, quelque part dans une ville et un pays dont les noms ne sont pas précisés (mais probablement en Europe de l’Est, ce qui n’est pas important de toutes façons), au travers des fragments de vie, de dialogues, de courriers administratifs ou amoureux du petit peuple qui y vit : à la boulangerie, chez la fleuriste, pendant la fête de la rue, à l’église, dans des immeubles... Ce qui se trame n’apparaît qu’en toile de fond : la gentrification imminente de cette rue populaire, objet de convoitise et de manœuvres de la part de promoteurs gourmands. Ainsi voit-o...

"Connemara" de Nicolas MATHIEU

Le dernier Nicolas Mathieu m’est tombé des mains. Bizarre, j’avais bien aimé les précédents. Plusieurs raisons à cela :  1) l’auteur ne se renouvelle pas (certes ce n’est pas le seul, mais n’est pas Angot qui veut)  2) Je ne suis pas fan des consultants, mais sa charge contre eux est vraiment vue et revue, on a l’impression de lire un tract de la France Insoumise. Préférez l’original (ou pas, c’est vous qui voyez). Sa vision de la fonction publique territoriale (que je connais bien), est, comment dire, pas vraiment fausse, mais tellement caricaturale que le message se perd.  3) Je l’ai lu juste après avoir dévoré le dernier Houellebecq. Encore un qui ne se renouvelle pas beaucoup me direz-vous. Mais "Anéantir" est particulièrement réussi, toujours drôle par fulgurances, déprimant comme à l’accoutumée, avec une coloration empathique plus inhabituelle. D’où vient que Mathieu, très estimable romancier, a mal supporté la comparaison avec Houellebecq ? Je ne sais pas, Houell...