Dans la foulée de Guy Delisle ou de Nicolas Wild (ah, l’excellent Kaboul Disco !!!), Mathieu Diez et Jibé signent un roman graphique aussi passionnant qu’émouvant. En 2022, Mathieu Diez décroche un poste d’« attaché pour le livre et le débat d’idées » à l’ambassade de France à Beyrouth (pile l’endroit où sa mère ne voulait pas le voir partir, d’où le titre). Il y restera jusqu’en 2025 et Tout mais pas Beyrouth est la chronique de son quotidien au Liban durant 3 ans. Rien n’y manque : ni la nécessaire et fort pédagogique introduction à l’histoire complexe de ce petit pays, ni la description de la vie et du travail dans la diplomatie à l’étranger, ni les éléments de découverte de cette terre et de son peuple, si attachants. Et bien sûr, la guerre s’invite dans ce qui aurait pu être un récit de voyage bien documenté et agréable à lire. Pour ma part, j’ai été effarée par le passage consacré au stage « Départ en poste sensible », dont le but est de prépa...
Le dernier Nicolas Mathieu m’est tombé des mains. Bizarre, j’avais bien aimé les précédents. Plusieurs raisons à cela :
1) l’auteur ne se renouvelle pas (certes ce n’est pas le seul, mais n’est pas Angot qui veut)
2) Je ne suis pas fan des consultants, mais sa charge contre eux est vraiment vue et revue, on a l’impression de lire un tract de la France Insoumise. Préférez l’original (ou pas, c’est vous qui voyez). Sa vision de la fonction publique territoriale (que je connais bien), est, comment dire, pas vraiment fausse, mais tellement caricaturale que le message se perd.
3) Je l’ai lu juste après avoir dévoré le dernier Houellebecq. Encore un qui ne se renouvelle pas beaucoup me direz-vous. Mais "Anéantir" est particulièrement réussi, toujours drôle par fulgurances, déprimant comme à l’accoutumée, avec une coloration empathique plus inhabituelle. D’où vient que Mathieu, très estimable romancier, a mal supporté la comparaison avec Houellebecq ? Je ne sais pas, Houellebecq s’empare pourtant aussi des sujets du moment, mais avec bien souvent de l’avance. Il a l’air de droite, mais c’est plus compliqué que cela, alors que Mathieu est « totalement de gauche » sans décalage ni distance.
Il n’y a qu’un registre que Nicolas Mathieu domine parfaitement, un peu comme Bégaudeau, c’est l’évocation de l’adolescence. Les flash back sur la jeunesse de l’héroïne décollent tout de suite. J’ai compris pourquoi ses précédents romans étaient meilleurs, la jeunesse en était l’unique sujet.
IsaH
1) l’auteur ne se renouvelle pas (certes ce n’est pas le seul, mais n’est pas Angot qui veut)
2) Je ne suis pas fan des consultants, mais sa charge contre eux est vraiment vue et revue, on a l’impression de lire un tract de la France Insoumise. Préférez l’original (ou pas, c’est vous qui voyez). Sa vision de la fonction publique territoriale (que je connais bien), est, comment dire, pas vraiment fausse, mais tellement caricaturale que le message se perd.
3) Je l’ai lu juste après avoir dévoré le dernier Houellebecq. Encore un qui ne se renouvelle pas beaucoup me direz-vous. Mais "Anéantir" est particulièrement réussi, toujours drôle par fulgurances, déprimant comme à l’accoutumée, avec une coloration empathique plus inhabituelle. D’où vient que Mathieu, très estimable romancier, a mal supporté la comparaison avec Houellebecq ? Je ne sais pas, Houellebecq s’empare pourtant aussi des sujets du moment, mais avec bien souvent de l’avance. Il a l’air de droite, mais c’est plus compliqué que cela, alors que Mathieu est « totalement de gauche » sans décalage ni distance.
Il n’y a qu’un registre que Nicolas Mathieu domine parfaitement, un peu comme Bégaudeau, c’est l’évocation de l’adolescence. Les flash back sur la jeunesse de l’héroïne décollent tout de suite. J’ai compris pourquoi ses précédents romans étaient meilleurs, la jeunesse en était l’unique sujet.
IsaH

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