[Lecture en cours : le principe, donner ses premières impressions sur un livre qu'on commence à lire. Il aura droit, sauf exception, à sa critique complète et c'est intéressant de confronter son sentiment initial à celui qu'on éprouve à la dernière page]. Attention roulement de tambour.... plus de 1 000 pages, 1 039 exactement pour ce roman qui s'annonce puissant sur la catastrophe annoncée du dérèglement climatique. A 10% de lecture, on est encore en tour de chauffe (si je puis dire...), avec des chapitres alternés introduisant chacun un personnage, et je ne sais pas si je suis au bout des présentations ! En tout cas, j'aime ce genre de structure romanesque, courante chez les auteurs américains, et Stephen Markley a l'air de maîtriser le procédé. Je ne sais pas de quelle manière vont s'imbriquer les histoires de Tony, le spécialiste des questions de climat, Ashir le geek génie de l'analyse prédictive, Shane, qu'on devine activiste écolo, Keepe...

Toute ma vie de lectrice, j’étais passée à côté de Salman Rushdie, son œuvre m’était comme masquée par le « bruit » de l’ignoble fatwa, et la dimension magique de la plupart de ses récits (ce n’est pas ma tasse de thé) ne m’encourageait pas à le lire. J’en suis venue à l’aborder quand, installé aux Etats-Unis, il a situé ses romans dans ce pays. Intriguée par le résumé de la Maison Golden qui, fidèle à la réputation de Rushdie, semblait foisonnant et plein de références, mais dont les enjeux narratifs étaient clairs et qui a la grande qualité de se dérouler à New York, je l’ai lu avec passion. Et logiquement, j’ai regardé de près la quatrième de couverture de Quichotte, paru à l'automne 2020 : la promesse d’un road trip à travers les USA, un vieil indien (d’Inde bien sûr) amoureux d’une star de la téléréalité... Bref, j’ai plongé dans ce mastodonte (private joke pour ceux qui l’ont lu) de 430 pages. Et mon esprit cartésien n’a pas résisté à la fantaisie pleine de sens du récit, qui mêle habilement et sans qu’on se perde, réel et imaginaire, niant même toute frontière entre les deux.
Car il s’agit ici du récit parallèle entre un roman en cours d’écriture et les épisodes de la vie de son Auteur. Celui-ci écrit et transpose sa vie dans un roman fantastique, en lui insufflant ses désespoirs, ses aspirations, ses peurs. Alors oui, il faut admettre que le héros peut créer ex nihilo le fils qu’il n’a jamais eu, et traverser l’Amérique avec lui dans une Chevy Cruz, à la conquête de l’amour absolu, celui qu’il éprouve en toute irrationalité pour Salma R, une star de la téléréalité, d’origine indienne comme lui. Le roman résiste au résumé, et si la litanie des thèmes abordés sonne creux, jamais le roman ne le fait : l’amour, la transmission, la réussite d’une vie, la mort (individuelle, ou celle annoncée de notre monde). Mais c’est aussi une satire sociale de l’Amérique trumpiste*, des dérives des réseaux sociaux, marquée par la crise climatique, évoquant (déjà) des pandémies à venir… Profondément déprimant, avec quelques fulgurances philosophiques ou carrément poignantes, le roman ne se départ jamais, pourtant, d’une certaine légèreté, et il est parfois follement drôle…
Le récit avance tel un vrai page-turner, bien que bourré de références, autre marqueur de Salman Rushdie : Quichotte est un tribut aux maîtres de la littérature que sont Cervantès, Ionesco ou Shakespeare. Mais fourmille aussi de références à la culture la plus populaire, qu’il connaît tellement bien que cela éloigne tout mépris dans la critique même qu’il en fait. * critique écrite en 2020, il s'agissait du premier mandat de Trump...
Car il s’agit ici du récit parallèle entre un roman en cours d’écriture et les épisodes de la vie de son Auteur. Celui-ci écrit et transpose sa vie dans un roman fantastique, en lui insufflant ses désespoirs, ses aspirations, ses peurs. Alors oui, il faut admettre que le héros peut créer ex nihilo le fils qu’il n’a jamais eu, et traverser l’Amérique avec lui dans une Chevy Cruz, à la conquête de l’amour absolu, celui qu’il éprouve en toute irrationalité pour Salma R, une star de la téléréalité, d’origine indienne comme lui. Le roman résiste au résumé, et si la litanie des thèmes abordés sonne creux, jamais le roman ne le fait : l’amour, la transmission, la réussite d’une vie, la mort (individuelle, ou celle annoncée de notre monde). Mais c’est aussi une satire sociale de l’Amérique trumpiste*, des dérives des réseaux sociaux, marquée par la crise climatique, évoquant (déjà) des pandémies à venir… Profondément déprimant, avec quelques fulgurances philosophiques ou carrément poignantes, le roman ne se départ jamais, pourtant, d’une certaine légèreté, et il est parfois follement drôle…
Le récit avance tel un vrai page-turner, bien que bourré de références, autre marqueur de Salman Rushdie : Quichotte est un tribut aux maîtres de la littérature que sont Cervantès, Ionesco ou Shakespeare. Mais fourmille aussi de références à la culture la plus populaire, qu’il connaît tellement bien que cela éloigne tout mépris dans la critique même qu’il en fait. * critique écrite en 2020, il s'agissait du premier mandat de Trump...
IsaH
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