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Articles

Affichage des articles associés au libellé Séries

"La rue" de Robert SEETHALER

Qui connaît l’univers de Robert Seethaler ne sera ni perdu ni déçu. Celles et ceux qui ne le connaissent pas encore vont le découvrir : c’est l’univers de l’infra-ordinaire cher à Perec, celui du quotidien, tellement quotidien qu’on ne le voit ni le remarque même plus. Et pourtant, menacé de destruction ou de disparition, il charrie avec lui des tonnes de nostalgie. Robert Seethaler fait vivre la rue de la Lande, quelque part dans une ville et un pays dont les noms ne sont pas précisés (mais probablement en Europe de l’Est, ce qui n’est pas important de toutes façons), au travers des fragments de vie, de dialogues, de courriers administratifs ou amoureux du petit peuple qui y vit : à la boulangerie, chez la fleuriste, pendant la fête de la rue, à l’église, dans des immeubles... Ce qui se trame n’apparaît qu’en toile de fond : la gentrification imminente de cette rue populaire, objet de convoitise et de manœuvres de la part de promoteurs gourmands. Ainsi voit-o...

"Black Rabbit", série noire

  Convoquant un New York un peu révolu, poisseux et sombre comme celui des années 70, voilà une série intéressante à découvrir sur Netflix et MyCanal. Imparfaite à bien des égards, elle se distingue pourtant des productions souvent aseptisées proposées par la plate forme de streaming. D'abord, pour son casting. Je ne sais pas vous, mais j'aime beaucoup le britannique Jude Law, bel homme excellant dans beaucoup de registres, et l'américain Jason Bateman, dont le physique habituellement passe-partout est ici métamorphosé façon Big Lebowski.  Ensuite pour ses décors, qui justement n'en sont pas car tout est filmé en lieux réels, de Coney Island au Lower Manhattan, des platforms du métro aux rues embouteillées où les héros courent pour échapper à leur destin, en passant par les toits avec vue sur le Manhattan Bridge. Autres points forts : l'éclairage, de plus en plus sombre au fur et à mesure que l'intrigue avance ; la musique particulièrement bien utilisée, avec de...

Gilmore Girls vs Parenthood, deux séries familiales vintage

De la plus légère à la plus profonde, voici un regard croisé sur deux séries évoquant l'american family, racontant le quotidien de 3 générations cohabitant plus ou moins harmonieusement : Gilmore Girls pour les années 90, Parenthood , pour les années 2000. Ce ne sont donc pas des nouveautés, et de fait elles flattent un peu notre (mon ?) goût pour la nostalgie... Une saison = une année, on voit donc les enfants grandir, les grand-parents vieillir, les adolescents éclore dans leur vie d'adulte.  De quoi analyser l'évolution sociologique de la représentation de la famille, des relations hommes/femmes, la paternité et la maternité, l'adolescence.  Le trait d'union ? L'actrice Lauren Graham. Elle est le personnage central de Gilmore Girls , et l'un des membres de la famille Braverman dans la série Parenthood . Elle incarne parfaitement la fameuse "girl next door", à la fois sympathique, malicieuse, dégourdie et (forcément) sexy. Les deux séries rési...

"Curb your enthusiasm", série

Vous aimez les vieux grognons et le comique de situation ? Vous adorerez Larry David dans la série "Curb your enthusiasm" (littéralement Cache ta joie). Co-créateur de Seinfeld, Larry David joue son propre rôle, celui d'un humoriste plus tout jeune vivant à Los Angeles avec sa femme, la très patiente Cheryl.  S'il a l'ironie dévastatrice d'un Woody Allen (il joue d'ailleurs dans "Whatever works" un rôle très proche de celui de la série), en matière de misanthropie l'élève dépasse le maître. C'est simple, tout l'énerve. Les gens qui téléphonent au restaurant ou ceux qui resquillent dans les queues, comme ici . S'il a le plus souvent raison de s'insurger, sa franchise brutale déclenche des incidents qui lui retombent toujours dessus, chaque épisode est donc un enchaînement implacable d'actions / réactions aboutissant à une catastrophe plus ou moins énorme pour notre héros ou son entourage. Effarés, on se demande commen...

2 Broke girls (série)

Max, la brune, est serveuse dans un deli de Brooklyn la nuit et baby-sitter dans l'upper east side le jour, elle tire le diable par la queue depuis l'enfance, mais s'en sort grâce à un caractère bien trempé... Caroline, la blonde, est une riche héritère de Manhattan, enfin était, car son papa se retrouve en prison à la suite d'une escroquerie de type Maddox... Perchée sur ses hauts talons, traînant une valise improbable (et un cheval, oui oui), Caroline échoue dans le deli où travaille Max et s'y fait embaucher. Entre les deux, le coup de foudre amical arrive vite. Improbable ? Pas tant que ça. Car si Caroline a le physique et le passé de Paris Hilton, elle déborde d'une énergie positive et d'une envie de s'en sortir qui bluffent Max. Et celle-ci, qui l'accueille sans chichis dans son appartement , montre à Caroline une solidarité que ses anciennes copines ont bien vite oublié suite à sa disgrâce. Ensemble elles vont monter une entreprise de v...

Kaameloot, série d'Alexandre ASTIER

Qui a dit que les français étaient nuls en série télé ? Moi... exception faite d'Alexandre Astier et son génial Kaamelott. Dans mon entourage, peu de personnes l'ont vu, ce qui m'étonne. Mais peut-être est-ce la diffusion sur M6 (chaîne culturellement peu correcte !) qui a dévalorisé cette série pourtant tellement aboutie, et tellement drôle. Sur 6 saisons (la dernière est un préquelle magistral), on suit la vie quotidienne du roi Arthur et de ses chevaliers, à la recherche du Saint Graal... Ca vous rappelle quelque chose ? Eh oui les Monty Python ne sont pas loin, même si le ressort humoristique n'est pas le même.  Là où les anglais misaient sur l'absurde, le français joue à fond la carte de l'anachronisme. Dans le registre de langage : la moitié des personnages s'expriment dans une langue châtiée qu'on attribuerait naturellement aux chevaliers de la table ronde, l'autre moitié parle en Audiard dans le texte, et certains, comme Perceval, Kara...

Big Bang Theory (série)

Des Friends à la sauce geek et californienne, ça intrigue. Et ça marche ! Cette bande de chercheurs à l'université, fans de jeux vidéo, comics et super héros sont bien typés et attachants, exaspérants à souhait. En tête, Sheldon Cooper, sorte de D2R2 pour la gestuelle : ce surdoué de la physique quantique (enfin je crois), est un des personnages les plus drôles et les plus originaux qu'un genre aussi calibré que la sitcom de coloc' ait créé. Totalement asexué, bourré de TOCS (et de tics), nul en relations humaines (ça ne se traduit pas en équation), c'est un grand enfant totalement imbu de lui-même et totalement désopilant. Son coloc Leonard, le moins geek de tous, essaie de vivre une relation avec Penny la voisine de palier, une serveuse-blonde-délurée-au-grand-coeur. Gravitent autour d'eux Raj, l'indien inhibé (il ne peut parler aux filles que sous l'emprise de la boisson) et Howard, le "raté" de la bande (il est ingénieur...), qui vit avec...

Shameless, série "white trash"

Les séries white trash mettent en scène des familles blanches pauvres. A l'origine anglaise, Shameless dans sa version américaine se passe dans la banlieue de Chicago. Franck Gallagher (William H Macy, inoubliable héros de Fargo des frères Coen, inénarrable ici) est père de 6 enfants, sa femme s'est enfuie, sans doute lassée de son alcoolisme. Toute la famille vit d'expédients divers, joyeuse tribu menée d'une main de fer par l'aînée, Fiona. Certains épisodes ne sont pas à mettre devant tous les yeux, mais qu'est-ce que c'est drôle !  Chacun des frères et soeurs est typé, depuis le surdoué et craquant Lip, jusqu'à la géniale Debbie, 12 ans, sensible et fûtée, en passant par Ian, qui couche avec le patron de l'épicerie où il bosse. Fiona arrivera-t-telle à vivre son histoire d'amour avec le mystérieux Steve ? Lip ira-t-il à l'université ? Franck, le père, continuera-t-il à toucher des allocations pour ses migraines handicapantes mais im...

Maupassant et la télé

Vu quelques contes et nouvelles de Maupassant adaptés pour France 2. Encore un mardi et c'est fini. Dommage, on en verrait bien encore quelques uns, car c'est une belle réussite. Chaque soirée est composée d'une nouvelle "des champs" (50 minutes) et d'un conte "des villes" (30 minutes). J'avoue une nette préférence pour les premières, qui nous révèlent quelques comédiens étonnants. L'adaptation de "La Parure", par Claude Chabrol et avec Cécile de France, est assez décevante par rapport au "Père Amable" ou à "Une fille de ferme". Les héroïnes de ces deux nouvelles, et leurs jeunes interprètes au minois inconnu, sont tellement émouvantes : engrossées à 16 ans, elles travaillent comme des hommes, subissent la honte et leur seul espoir est de "marier un fermier point trop violent et courageux". Elles ont la rage de celles qui veulent s'en sortir malgré tout, mais sont les esclaves de ce XIXème siècle r...

Se faire peur...

Accro à la saison 5 de 24H (que je me délecte à voir chaque semaine sur Canal + et SURTOUT PAS à regarder d'un coup), je viens de finir avec plaisir le dernier Stephen King ( Cellulaire ) et j'ai adoré l'adaptation que Spielberg a fait de La Guerre des mondes , le centenaire roman d'H.G.Wells. En quelques semaines, mon taux d'adrénaline en a pris un coup... Bon, on dit que c'est un reste de l'enfance, d'aimer les histoires qui font peur. Mais moi enfant, j'étais vraiment terrifiée ! Les ogres, ça m'empêchait de dormir !! Alors que là, curieusement, ce qui devrait être anxiogène (ça c'est pour MO, elle se reconnaîtra), est presque rassurant. Ces trois oeuvres nous parlent de notre monde, avec un léger décalage, une "anticipation" subtile qui fait qu'il n'est "ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre". Le falot président des USA est-il l'ennemi de Jack Bauer, et du coup devient-il notre ennemi ? Les tél...