Qui connaît l’univers de Robert Seethaler ne sera ni perdu ni déçu. Celles et ceux qui ne le connaissent pas encore vont le découvrir : c’est l’univers de l’infra-ordinaire cher à Perec, celui du quotidien, tellement quotidien qu’on ne le voit ni le remarque même plus. Et pourtant, menacé de destruction ou de disparition, il charrie avec lui des tonnes de nostalgie. Robert Seethaler fait vivre la rue de la Lande, quelque part dans une ville et un pays dont les noms ne sont pas précisés (mais probablement en Europe de l’Est, ce qui n’est pas important de toutes façons), au travers des fragments de vie, de dialogues, de courriers administratifs ou amoureux du petit peuple qui y vit : à la boulangerie, chez la fleuriste, pendant la fête de la rue, à l’église, dans des immeubles... Ce qui se trame n’apparaît qu’en toile de fond : la gentrification imminente de cette rue populaire, objet de convoitise et de manœuvres de la part de promoteurs gourmands. Ainsi voit-o...
Ce récit, que la critique bien informée dit largement autobiographique, fait suite à "Scènes de la vie d'un jeune garçon" (que je n'ai pas lu, mais les assidus du blog pourront peut être compléter). Primé au nobel de littérature, Coetze est un auteur accessible et un homme discret. A nous de lire entre les lignes et de retrouver l'écrivain derrière le personnage. John, un jeune homme quitte son pays, l'Afrique du Sud, qui bouillonne et se révolte. Il rejoint Londres. Il aurait préféré Paris ou Vienne, capitales incontestées de la culture et de la vie intellectuelle dans l'imaginaire suranné de ce jeune étudiant en mathématiques. Mais ce sera Big Ben et sa grisaille, faute de mieux. Le livre raconte la fuite et les errances d'un homme à l'aube de sa vie d'adulte, le renoncement à toutes les racines, les mornes errances d'un homme qui, à trop penser sa destinée, enterre ses jours. John est certain de son avenir : il veut être un artiste, il a...