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"L'influenceuse" de Joyce MAYNARD

👍 Bibliosurf a distingué cette critique  On connaît tous le célèbre aphorisme de Montaigne : «  les voyages forment la jeunesse  » consigné dans ses Essais . Eh bien, chez Joyce Maynard c’est tout le contraire. Ici, le voyage entrepris par deux de ses protagonistes ne forme personne et va plutôt aboutir à l’irréparable. Inspiré d’un fait divers qui a défrayé la chronique aux États-Unis en 2021, L’influenceuse raconte l’histoire de deux jeunes gens, Kevin et Tammy, qui décident de scénariser sur Instagram leur road trip à travers le pays, road trip au terme duquel Kevin va finir par tuer Tammy. Je ne dévoile rien puisque le roman débute précisément sur cette fin tragique. Et tout le but du jeu, c’est de reprendre les faits à rebours, de tirer le fil de la pelote pour mieux comprendre les mécanismes qui ont conduit à cette issue fatale. Pour cela Maynard donne la parole à chacun des personnages de l’histoire (sauf Tammy, je reviendrai plus tard sur cet aspect...

"La Femme de hasard" de Jonathan COE



Pour l'inconditionnelle de Jonathan Coe que je suis, la sortie (en poche) de son premier roman, jusqu'alors inédit en France, avait de quoi me réjouir. Je me suis jetée dessus... et suis restée un peu sur ma faim.
Le destin sinistre de Maria, depuis ses années d'université jusqu'à ses 30 ans bien sonnés, m'a laissée quelque peu froide. Sa personnalité, indifférente à tout, solitaire et parfois revêche, n'est pourtant pas sans intérêt. Elle est l'occasion de quelques pages bien senties sur l'optimisme béat de certains de nos congénères, et il faut reconnaître que la galerie de personnages que la pauvre Maria est obligée de se coltiner, est assez amusante, quoique déprimante : Ronny l'amoureux transi qui la demande en mariage tous les jours pendant une décennie, ses diverses colocataires toutes plus frappées les unes que les autres, le mari qu'elle finira par épouser "par hasard" et qui se révèlera... mais je n'en dis pas plus. Jusqu'à la douce Sarah, sa seule vraie amie, dont Maria dira combien le bonheur (réel) d'être avec elle, se double d'un ennui profond... Il n'y a que Stephen, dont le lecteur ne saura pas grand chose, qui aura su émouvoir notre héroïne, et son chat Stefton. Les amoureuses des chats, nombreuses à lire ce blog (!) se régaleront des quelques pages qui sont consacrées à ce confident à quatre pattes.
Beaucoup moins abouti que ses romans suivants, mais plein de cet humour vachard et de cette profondeur "l'air-de-rien"qu'on connaît à J.Coe, "La Femme de hasard" vaut d'être lu. Ma relative déception est due au fait que j'en attendais beaucoup. Accrochez vous en tout cas, la deuxième moitié est meilleure que la première.
Isa

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