Qui connaît l’univers de Robert Seethaler ne sera ni perdu ni déçu. Celles et ceux qui ne le connaissent pas encore vont le découvrir : c’est l’univers de l’infra-ordinaire cher à Perec, celui du quotidien, tellement quotidien qu’on ne le voit ni le remarque même plus. Et pourtant, menacé de destruction ou de disparition, il charrie avec lui des tonnes de nostalgie. Robert Seethaler fait vivre la rue de la Lande, quelque part dans une ville et un pays dont les noms ne sont pas précisés (mais probablement en Europe de l’Est, ce qui n’est pas important de toutes façons), au travers des fragments de vie, de dialogues, de courriers administratifs ou amoureux du petit peuple qui y vit : à la boulangerie, chez la fleuriste, pendant la fête de la rue, à l’église, dans des immeubles... Ce qui se trame n’apparaît qu’en toile de fond : la gentrification imminente de cette rue populaire, objet de convoitise et de manœuvres de la part de promoteurs gourmands. Ainsi voit-o...
Nouvelle rubrique dans Kesketalu, avec une plongée régulière dans des albums rock / pop cultes. Pour démarrer 2012 en tonitruante beauté, le ravageur Who's next , classé 28e au classement Rolling Stone des 500 meilleurs albums de tous les temps et parmi les premiers dans mon panthéon personnel. Sorti en 71, deux ans après Tommy , il est l'album préféré de Roger Daltrey, le chanteur, mais Pete Townsend, qui avait d'abord pensé concevoir un opéra rock, ne se remit jamais de ce qu'il considérait comme un semi-échec créatif (sic). Résolument rock, avec des hymnes définitifs comme "Wont get fooled again" (cri primal, riffs vengeurs, galopades de batterie, voix claire et surpuissante, message tout aussi clair et surpuissant : "on ne se fera plus avoir"), l'album innove en introduisant des synthétiseurs, ouvrant la voie, c'est reconnu par les spécialistes, à une lame de fond dans le rock, et désarçonnant certains fans de l'époque. J'a...