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"American Spirits" de Russell BANKS

Russell Banks, disparu en 2023, excelle dans l'art de la nouvelle, il l'a démontré avec Un membre permanent de la famille , que j'ai beaucoup aimé. Il enfonce l'ultime clou avec les 3 récits posthumes d' American Spirits , liés entre eux par le lieu (la petite ville de Sam Dent* au nord de l'Etat de New York) et l'enjeu (des conflits mortels de voisinage dans l'Amérique rurale des armes et de Trump). Un narrateur  fait le lien, d'ailleurs, ("nous" dans les deux premiers récits, puis "je" dans le troisième) et représente la communauté de Sam Dent, témoin et rapporteur des trois histoires. Ce "liant", et les discrètes références aux évènements de l'un et l'autre des récits créent une remarquable cohérence d'ensemble. Les trois récits montrent des familles mises face à une situation d'affrontement suite à l'arrivée à Sam Dent de nouveaux habitants, et dont la vie va voler en éclats. Dans L'homme de n...

La sélection de Charlotte (1)


Lectures croisées : L’annonce de Marie Hélène Lafon et Les aimants de Jean Marc Parisis

Romans que tout paraît opposer…
L’un dans un univers parisien, feutré, hautain, bobo, intellectuel dans lequel on se souvient d’un amour déchirant et violent.
L’autre dans l’univers agricole où la terre et les traditions prennent toute la place et où l’on assiste à la naissance d’un amour raisonné, et subi…
Et pourtant, une même impression laissée après la lecture… une déception.

La description d’un amour peut être magnifique, peut prendre 1000 pages sans que l’on s’essouffle, sans que l’on veuille laisser passer un mot… Ici, c’est tout autre… des descriptions à n’en plus finir, une atmosphère pesante, une lourdeur et une lassitude…

Déception pour deux ouvrages pourtant bien critiqués par ailleurs…


La légende de nos pères de Sorj Chalandon

Après sa « promesse » (Une promesse, 2006, Grasset) troublante, Sorj Chalandon nous embarque dans la mémoire de nos grands pères, de nos pères…
Dans ce nécessaire (ou dangereux ?) travail (ou devoir ?) de mémoire où l’on se doit de relater cette guerre, de se forger des héros, ces résistants…
Le poids de l’histoire, de la honte de n’avoir rien fait est omniprésent dans ce roman.
Thème ô combien traité dans nombre de romans, et pourtant, la question est posée différemment, ce qui permet au roman de ne pas tomber dans un élan moralisateur et attendu.

A trop vouloir construire des héros, on en oublie les hommes qui n’ont pas eu cette force… et pourtant qui pourrait les blâmer ? Qui ne s’est jamais posé la question : et moi, qu'aurais-je fait, et de se sentir honteux en se rendant compte que peut être on n’aurait pas eu la force de résister…

Une bonne surprise, trop évincé par le controversé Jan Karksi.



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