Première partie : Laurence, Max et leur petite fille de cinq ans Charlie, viennent d’arriver au camping du Lac aux sables, pour des vacances bien méritées. Hélas, pas le temps de savourer les morsures du soleil ou la beauté idyllique des paysages, tout va se détraquer en deux temps trois mouvements. Un engrenage fatal d'événements absurdes et de décisions malencontreuses vont précipiter la petite famille dans une nuit cauchemardesque.
Deuxième partie : quatre années sont passées. Laurence et Charlie ont survécu à l’enfer. A l’occasion du congé de la Saint-Jean, elles se rendent dans la maison familiale, encore une fois au bord d’un lac, mais « on ne sait jamais comment une fête familiale peut tourner » car Madeleine, la mère de Laurence voit d’un mauvais œil, l’arrivée d’un nouvel homme dans la vie de sa fille.
Tout
l’art de Michaud réside dans sa façon de distiller l’angoisse,
pas à pas, mine de rien, en se mettant dans la tête de chacun des
protagonistes et ainsi s’élève un maelström de pensées, un chœur
antique où les peurs, les désirs inavouables, la bêtise, la
suspicion, les préjugés conduisent vers l’irréparable. Andrée
A. Michaud sonde avec maestria l’âme humaine.
Tout
son art réside aussi dans son désir, sans cesse renouvelé, de
donner une place de première importance à la nature.
Car
dans l’œuvre de Michaud, cette nature est plus qu’un un décor :
rivières, lacs, forêts… tout semble magnifique, apaisant mais
derrière les eaux bleutées d’un lac ou derrière les arbres
touffus, se cachent bien des secrets.
Ce
que raconte l’autrice, c’est que tout au fond de nous comme tout
au fond de la forêt, au delà des apparences, l’ogre ou le grand
méchant loup restent tapis dans l’ombre, prêts à nous sauter à
la gorge.
Un
sacré bon roman noir aux allures de conte qu’on ne parvient pas à
lâcher tant Michaud excelle dans l’art du suspense, dans
l’installation d’une atmosphère tantôt apaisée, tantôt
étouffante qui resserre son emprise sur le lecteur. De même qu’elle
excelle dans la description de la nature qu’on arrive à ressentir
dans sa plus pure réalité et dans son immense beauté.
Son
écriture à la fois prosaïque et parfaitement poétique, mélangeant
français, anglais et québecois explore avec subtilité et acuité,
l’origine du mal. Ici, pas de tueurs en série psychopathes, rien
que des personnes ordinaires qui basculent au gré des circonstances
dans la violence ou l’abjection.
Baignades
interroge profondément nos pensées et nos peurs les plus intimes,
ainsi que la notion de rédemption.
Si vous ne connaissez pas encore cette autrice québécoise de premier plan, n’hésitez pas à découvrir son œuvre atypique mais ô combien attachante et envoûtante.

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