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"Les amateurs" de Yan LESPOUX

Yan Lespoux est un auteur doué, publié aux éditions Agullo. Quelle que soit la forme ou le thème traité, il est dans l’excellence. Je l’ai découvert avec Pour mourir le monde , un roman d’aventures ébouriffant dont je ne saurais que trop vous recommander la lecture, j’ai donc enchaîné avec Presqu’îles , un brillant recueil de nouvelles qui, à travers plusieurs saynètes et portraits tous situés dans le Médoc, dressait un portrait drôle et attendrissant de cette région et de ses habitants. Les amateurs , qui vient de paraître, reprend cet enracinement territorial et ne manque pas de cligner de l’œil vers les deux ouvrages précédents. Au début du roman, on suit Cosimo Perri, un ponte de N’drangheta, la mafia calabraise, qui s’est mis en tête d’optimiser les ressources humaines de l’organisation en utilisant les chimistes importés d’Amérique du Sud afin d’extraire et fabriquer la cocaïne destinée au marché européen dans des campagnes de récupérations de lots jetés à l’océan. Il supervise ...

"Les amateurs" de Yan LESPOUX

Yan Lespoux est un auteur doué, publié aux éditions Agullo. Quelle que soit la forme ou le thème traité, il est dans l’excellence. Je l’ai découvert avec Pour mourir le monde, un roman d’aventures ébouriffant dont je ne saurais que trop vous recommander la lecture, j’ai donc enchaîné avec Presqu’îles, un brillant recueil de nouvelles qui, à travers plusieurs saynètes et portraits tous situés dans le Médoc, dressait un portrait drôle et attendrissant de cette région et de ses habitants. Les amateurs, qui vient de paraître, reprend cet enracinement territorial et ne manque pas de cligner de l’œil vers les deux ouvrages précédents.

Au début du roman, on suit Cosimo Perri, un ponte de N’drangheta, la mafia calabraise, qui s’est mis en tête d’optimiser les ressources humaines de l’organisation en utilisant les chimistes importés d’Amérique du Sud afin d’extraire et fabriquer la cocaïne destinée au marché européen dans des campagnes de récupérations de lots jetés à l’océan. Il supervise parfois lui-même ces séances de formation continue, mais l’une d’elles tourne mal, et quatre cents kilos de drogue, conditionnés en pains d’un kilo chacun, sont abandonnés et dérivent vers le littoral. Une partie échoue sur les plages du Médoc en pleine saison hivernale, le moment où la région, libre de toute activité touristique, appartient entièrement à la population locale. Hélène tient le seul bar ouvert en toute saison d’une petite station balnéaire et va être aux avant-postes pour observer le ballet qui va s’organiser autour de cet arrivage qui va attiser les appétits de trafiquants à la petite semaine.

Le ton est alerte, et l’humour (attention, au Xième degré) est omniprésent. La description des habitants de la zone est à pleurer de rire, et les mafieux à la recherche du magot perdu ne sont pas mieux traités. Ajoutons à cette réjouissante aventure un style parfait et une langue magnifique : les phrases coulent de source, fruits d’un travail qui ne se voit pas ; c’est de la haute couture littéraire. On imagine un film dans la lignée des Tontons flingueurs ou de Buffet froid, et on se prend d’affection pour des losers magnifiques, ainsi que pour cette rude région.

Un vrai bonheur.

 Agullo, août 2026, 225 pages 


 

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