Au début du roman, on suit Cosimo Perri, un ponte de N’drangheta, la mafia calabraise, qui s’est mis en tête d’optimiser les ressources humaines de l’organisation en utilisant les chimistes importés d’Amérique du Sud afin d’extraire et fabriquer la cocaïne destinée au marché européen dans des campagnes de récupérations de lots jetés à l’océan. Il supervise parfois lui-même ces séances de formation continue, mais l’une d’elles tourne mal, et quatre cents kilos de drogue, conditionnés en pains d’un kilo chacun, sont abandonnés et dérivent vers le littoral. Une partie échoue sur les plages du Médoc en pleine saison hivernale, le moment où la région, libre de toute activité touristique, appartient entièrement à la population locale. Hélène tient le seul bar ouvert en toute saison d’une petite station balnéaire et va être aux avant-postes pour observer le ballet qui va s’organiser autour de cet arrivage qui va attiser les appétits de trafiquants à la petite semaine.
Le ton est alerte, et l’humour (attention, au Xième degré) est omniprésent. La description des habitants de la zone est à pleurer de rire, et les mafieux à la recherche du magot perdu ne sont pas mieux traités. Ajoutons à cette réjouissante aventure un style parfait et une langue magnifique : les phrases coulent de source, fruits d’un travail qui ne se voit pas ; c’est de la haute couture littéraire. On imagine un film dans la lignée des Tontons flingueurs ou de Buffet froid, et on se prend d’affection pour des losers magnifiques, ainsi que pour cette rude région.
Un vrai bonheur.
Agullo, août 2026, 225 pages
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