👍 Bibliosurf a distingué cette critique Par un jour froid de novembre 1941, Cécile Perec, de son vrai nom Cyrla Szulewicz, juive polonaise, confie son fils de 5 ans à la Croix-Rouge dans un convoi qui quitte Paris pour le conduire à Grenoble, alors encore en zone libre. Son fils s’appelle Georges, Georges Perec, et il deviendra plus tard l’immense écrivain que l’on connaît. Georges ne reverra jamais sa mère. Qu’est-ce qui a donc poussé Olivia Elkaim à s’emparer de cette histoire où, sans réinventer ni Perec ni sa mère, elle les conduit jusqu’à nous pour combler les vides et comprendre cet acte sacrificiel ? Est-ce par-delà les époques une certaine proximité qui unit ces deux femmes ? Leur judéité ? Leur statut de mères ? Leur amour pour Perec ? Et bien qu’elle avoue elle-même « avancer dans le noir », Elkaim tente à travers ce livre d’expliquer ce lien, qui en tant que lectrice la lie à Perec et de percer le mystère de cette mère trop tôt disparue....
"Toi qui es écrivain, tu vas écrire un livre sur tout ça ? [...] Tu devrais. Si je savais écrire, moi, je le ferais. " ou comment un écrivain, non moins réputé pour son narcissisme, accepte de retracer des destins brisés sans jamais tomber dans la facilité et le voyeurisme… Deux événements majeurs où l’injustice de la mort est omniprésente : le tsunami de décembre 2004 entraînant la perte d’une petite fille pour ses parents et la mort des suites d’un cancer d’une femme de 33 ans, épouse, fille, mère… Tout en retenue, avec finesse et douceur, on entre dans la vie de ces personnages… on a l’impression de marcher sur la pointe des pieds pour ne pas faire de bruit, de se cacher derrière une porte pour ne pas être vu mais ces moments, on les vit, on les ressent… A découvrir pour se rendre compte que « d’ autres vies que la mienne » nous touchent insidieusement, s’immisce dans notre conception de la vie et du rapport à autrui… et que rien de ce qui humain ne nous sera plus étranger...