Richie a 5 ans. Sa mère a peur de tout. Son père "voit grand" pour sa famille. Richie adore aller à la piscine, même s'il ne sait pas encore nager. La maître-nageuse a 17 ans, elle est jolie avec sa queue-de-cheval. En ce jour de juillet 1969, trois hommes partent pour la Lune, bouleversant le quotidien du monde entier. Ce jour-là, Richie se noie ... Tout cela le lecteur le sait dès le début du roman. Ensuite, comme dans un kaléidoscope, le récit éclate en temporalités et points de vue différents, reconstituant ce qui précède le drame et ce qui suit le drame, dans des chapitres égrenés parfois à l'envers façon compte à rebours du décollage de la fusée. La noyade elle-même, autour desquels tous ces instants gravitent comme en orbite, arrivera en toute fin de roman, dévoilant enfin ses circonstances. J'avais bien veillé à ne lire aucune critique sur ce roman d'une auteure que j'aime particulièrement. C'est pour vous donner ce mêm...
On entre lentement dans ce livre très court, un peu désarçonné par une langue simple en apparence mais pas si facile à lire. Après un préambule fantasmagorique en forme de conte, on suit d'abord à distance dans les premières pages le road movie de Frank Money, le mal nommé, ce noir revenu abîmé et alcoolique de la Guerre de Corée, et qui rejoint péniblement sa Georgie natale après s'être enfui d'un asile pour rejoindre sa soeur qui est malade et qu'il a toujours protégée. Malade, la naïve Cee l'est à cause de la cruauté d'un homme, on l'apprendra plus tard après un flash back sur le destin de la famille de Frank et Cee qui nous fait définitivement entrer dans le récit. Etre noir dans les années 50 dans le sud des Etats-Unis... on a lu beaucoup là-dessus, mais l'immense Toni Morrison, prix Nobel de littérature, arrive encore à et toujours à écrire sur ce sujet avec profondeur et nouveauté. Un immense respect enveloppe ses personnages, et en particuli...