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Articles

Affichage des articles du février, 2008

"La Disparition des choses" de Olivia ELKAIM

👍 Bibliosurf a distingué cette critique  Par un jour froid de novembre 1941, Cécile Perec, de son vrai nom Cyrla Szulewicz, juive polonaise, confie son fils de 5 ans à la Croix-Rouge dans un convoi qui quitte Paris pour le conduire à Grenoble, alors encore en zone libre. Son fils s’appelle Georges, Georges Perec, et il deviendra plus tard l’immense écrivain que l’on connaît. Georges ne reverra jamais sa mère. Qu’est-ce qui a donc poussé Olivia Elkaim à s’emparer de cette histoire où, sans réinventer ni Perec ni sa mère, elle les conduit jusqu’à nous pour combler les vides et comprendre cet acte sacrificiel ? Est-ce par-delà les époques une certaine proximité qui unit ces deux femmes ? Leur judéité ? Leur statut de mères ? Leur amour pour Perec ? Et bien qu’elle avoue elle-même « avancer dans le noir », Elkaim tente à travers ce livre d’expliquer ce lien, qui en tant que lectrice la lie à Perec et de percer le mystère de cette mère trop tôt disparue....

"La route" de Cormac Mc CARTHY

Attendu comme l'évènement de la rentrée littéraire de janvier 2008, le dernier roman du géant des lettres américaines, Cormac McCarthy, tient toutes ses promesses. La route, c'est celle que prennent, à pied, un père et son jeune fils, pour rejoindre le sud, dans une Amérique du Nord post-apocalyptique. Ils recherchent la chaleur, au moins la chaleur, dans l'univers de désolation qu'est devenu leur monde. Que s'est-il passé, on ne le saura pas. Mais les Etats-Unis ne sont plus que cendres et vestiges de civilisation fantômatiques, où errent de pauvres gens comme nos héros. Tous redoutent de croiser les "méchants", comme dit le petit garçon. Ceux qui dépècent (et dévorent) leurs semblables. Quelque part entre références bibliques et Mad Max (pour les décors), Cormac McCarthy nous livre un roman à la fois très littéraire, et très visuel. Les premières pages, situant peu les personnages et le contexte, m'ont fait craindre que l'auteur ne tienne pas la ...

"Palermo solo" de Philippe Fusaro

Personnage central - roman centré sur lui - , le baron vit au "Grand Hôtel des Palmes" à Palerme, depuis 50 ans. Confiné dans ce lieu par la mafia sicilienne, entre légende et vérité, - presque une existence virtuelle -, approché par peu, solitaire à jamais ?, vivant la peur, puis l'ennui, puis l'acceptation, teintée de révolte, il va y parcourir sa vie. A petites touches suggestives, légères, toutes en demi teinte, Philippe Fusaro écrit un mélancolique roman d'amour, empli de chaleur et d'ombre, de silence(s), rythmé par les seuls battements du coeur de cet homme définitivement condamné à la solitude. Où seuls le bruissement des palmes et l'incandescence du soleil semblent réels ... [D'origine italienne, Philippe Fusaro est libraire à Strasbourg. "Le Matricule des Anges" (n. 56, sept. 2004,) lui a consacré un article élogieux et sympa]. Laurence

"Ce qui a dévoré nos coeurs" de Louise ERDRICH

Fayes Travers - la narratrice - , expert en biens mobiliers, vit avec sa mère dans le New-Hampshire. Discrète, et honnête (ceci a son importance), vie au ralenti, sans grand relief, entrecoupée de visites au cimetière et de visites à son voisin, amant occasionnel. Lors d'une succession dont elle réalise l'estimation, elle découvre un tambour ojibva, qu'elle s'approprie... Geste inconsidéré, et considérable . Si là se trouve le prétexte du roman, le fil conducteur en est l'histoire même du tambour - d'ailleurs, le titre original est "The painted drum" - , la trame tissée de façon complexe : un écheveau de destins, tous les personnages étant intimement liés les uns aux autres, les situations intrinséquement nouées : chaque acte a ou aura un impact, son impact, a ou a eu une raison d'être. En quelque sorte, une psychogénéalogie indienne, terrible et émouvante, proche, à mon sens, du roman initiatique, même si la forme en diffère quelque peu. Remarquab...