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Articles

Affichage des articles du février, 2008

"Baignade surveillée" de Laura KASISCHKE

👍 Bibliosurf a distingué cette critique  Richie a 5 ans.  Sa mère a peur de tout. Son père "voit grand" pour sa famille.  Richie adore aller à la piscine, même s'il ne sait pas encore nager. La maître-nageuse a 17 ans, elle est jolie avec sa queue-de-cheval.  En ce jour de juillet 1969, trois hommes partent pour la Lune, bouleversant le quotidien du monde entier.  Ce jour-là, Richie se noie ...  Tout cela le lecteur le sait dès le début du roman.  Ensuite, comme dans un kaléidoscope,  le récit éclate en temporalités et points de vue différents, reconstituant ce qui précède  le drame et ce qui suit le drame,  dans des chapitres égrenés parfois à l'envers façon compte à rebours du décollage de la fusée. La noyade elle-même, autour desquels tous ces instants gravitent comme en orbite, arrivera en toute fin de roman, dévoilant enfin ses circonstances. J'avais bien veillé à ne lire aucune critique sur ce roman d'une auteure que j'aime pa...

"La route" de Cormac Mc CARTHY

Attendu comme l'évènement de la rentrée littéraire de janvier 2008, le dernier roman du géant des lettres américaines, Cormac McCarthy, tient toutes ses promesses. La route, c'est celle que prennent, à pied, un père et son jeune fils, pour rejoindre le sud, dans une Amérique du Nord post-apocalyptique. Ils recherchent la chaleur, au moins la chaleur, dans l'univers de désolation qu'est devenu leur monde. Que s'est-il passé, on ne le saura pas. Mais les Etats-Unis ne sont plus que cendres et vestiges de civilisation fantômatiques, où errent de pauvres gens comme nos héros. Tous redoutent de croiser les "méchants", comme dit le petit garçon. Ceux qui dépècent (et dévorent) leurs semblables. Quelque part entre références bibliques et Mad Max (pour les décors), Cormac McCarthy nous livre un roman à la fois très littéraire, et très visuel. Les premières pages, situant peu les personnages et le contexte, m'ont fait craindre que l'auteur ne tienne pas la ...

"Palermo solo" de Philippe Fusaro

Personnage central - roman centré sur lui - , le baron vit au "Grand Hôtel des Palmes" à Palerme, depuis 50 ans. Confiné dans ce lieu par la mafia sicilienne, entre légende et vérité, - presque une existence virtuelle -, approché par peu, solitaire à jamais ?, vivant la peur, puis l'ennui, puis l'acceptation, teintée de révolte, il va y parcourir sa vie. A petites touches suggestives, légères, toutes en demi teinte, Philippe Fusaro écrit un mélancolique roman d'amour, empli de chaleur et d'ombre, de silence(s), rythmé par les seuls battements du coeur de cet homme définitivement condamné à la solitude. Où seuls le bruissement des palmes et l'incandescence du soleil semblent réels ... [D'origine italienne, Philippe Fusaro est libraire à Strasbourg. "Le Matricule des Anges" (n. 56, sept. 2004,) lui a consacré un article élogieux et sympa]. Laurence

"Ce qui a dévoré nos coeurs" de Louise ERDRICH

Fayes Travers - la narratrice - , expert en biens mobiliers, vit avec sa mère dans le New-Hampshire. Discrète, et honnête (ceci a son importance), vie au ralenti, sans grand relief, entrecoupée de visites au cimetière et de visites à son voisin, amant occasionnel. Lors d'une succession dont elle réalise l'estimation, elle découvre un tambour ojibva, qu'elle s'approprie... Geste inconsidéré, et considérable . Si là se trouve le prétexte du roman, le fil conducteur en est l'histoire même du tambour - d'ailleurs, le titre original est "The painted drum" - , la trame tissée de façon complexe : un écheveau de destins, tous les personnages étant intimement liés les uns aux autres, les situations intrinséquement nouées : chaque acte a ou aura un impact, son impact, a ou a eu une raison d'être. En quelque sorte, une psychogénéalogie indienne, terrible et émouvante, proche, à mon sens, du roman initiatique, même si la forme en diffère quelque peu. Remarquab...