👍 Bibliosurf a distingué cette critique Qui connaît l’univers de Robert Seethaler ne sera ni perdu ni déçu. Celles et ceux qui ne le connaissent pas encore vont le découvrir : c’est l’univers de l’infra-ordinaire cher à Perec, celui du quotidien, tellement quotidien qu’on ne le voit ni le remarque même plus. Et pourtant, menacé de destruction ou de disparition, il charrie avec lui des tonnes de nostalgie. Robert Seethaler fait vivre la rue de la Lande, quelque part dans une ville et un pays dont les noms ne sont pas précisés (mais probablement en Europe de l’Est, ce qui n’est pas important de toutes façons), au travers des fragments de vie, de dialogues, de courriers administratifs ou amoureux du petit peuple qui y vit : à la boulangerie, chez la fleuriste, pendant la fête de la rue, à l’église, dans des immeubles... Ce qui se trame n’apparaît qu’en toile de fond : la gentrification imminente de cette rue populaire, objet de convoitise et de manœuvr...
Quitter la France… phrase entendue… dans des discours politiques, dans les rues, dans la bouche de proches… Phrase lourde de sens… De quoi parle ce livre ? de moi, de vous… de la jeunesse française, d’utopie, d’illusions et inévitablement de désillusions… Ariel Kenig, jeune auteur – 23 ans – , nous offre ce court ouvrage, écrit comme une lettre adressée à une femme qu’il quitte mais cette femme n’est autre que la France. Intense, poignant, prenant, tellement vrai, émouvant, forcément politique… lecture dont on ressort soit un peu endolori soit plein de force avec l’envie de changer les choses… A lire pour l’écriture, pour la force des mots, pour le mal être de cet auteur qui ne veut pas la quitter pourtant cette France où il est né mais où il ne se sent plus chez lui… Une question subsiste : où est Ariel Kenig depuis le 6 mai 2007 ? Charlotte