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Articles

Affichage des articles du avril, 2006

"La rue" de Robert SEETHALER

👍 Bibliosurf a distingué cette critique  Qui connaît l’univers de Robert Seethaler ne sera ni perdu ni déçu. Celles et ceux qui ne le connaissent pas encore vont le découvrir : c’est l’univers de l’infra-ordinaire cher à Perec, celui du quotidien, tellement quotidien qu’on ne le voit ni le remarque même plus. Et pourtant, menacé de destruction ou de disparition, il charrie avec lui des tonnes de nostalgie. Robert Seethaler fait vivre la rue de la Lande, quelque part dans une ville et un pays dont les noms ne sont pas précisés (mais probablement en Europe de l’Est, ce qui n’est pas important de toutes façons), au travers des fragments de vie, de dialogues, de courriers administratifs ou amoureux du petit peuple qui y vit : à la boulangerie, chez la fleuriste, pendant la fête de la rue, à l’église, dans des immeubles... Ce qui se trame n’apparaît qu’en toile de fond : la gentrification imminente de cette rue populaire, objet de convoitise et de manœuvr...

"Le Cercle fermé" de Jonathan COE

Après l'Angleterre pré-thachérienne des années 70 ("Bienvenue au club"), Jonathan Coe s'attaque dans ce roman aux ambiguités du blairisme et semble renvoyer tout le monde dos à dos... C'est avec bonheur qu'on retrouve le petit groupe d'adolescents qu'on avait laissés à l'orée de leur vie d'adulte dans le premier opus : Benjamin l'idéaliste et son frère Paul, si différent, Claire et sa soeur Miriam, Doug, Philip et la solaire Cicely, point d'ancrage de toute l'histoire du groupe. A plus de 40 ans, que sont-ils devenus ? Benjamin travaille depuis toutes ces années à écrire ce fameux livre-concept dont il avait conçu l'idée dans "Bienvenue au club". Il est comptable, marié à Emily, et vit toujours dans le fantasme de Cicely, son grand amour de jeunesse, qui l'a quitté après une nuit d'amour inoubliable. Lorsque le roman débute, il vient de rencontrer la toute jeune Malvina, pour qui il ressent de troubles élans. I...

"Lunar Park" de Bret Easton ELLIS

Une autofiction à l'américaine, c'est sensiblement différent, dans la forme, de Christine Angot et consorts, mais pas forcément beaucoup plus intéressant, dans le fond... Bret Easton Ellis, l'enfant terrible des lettres américaines, se met en scène dans une sorte de fausse biographie mâtinée de Stephen King ; la maison qu'il habite avec une star de cinéma et ses deux enfants, recèle d'étranges phénomènes : les peluches sont vivantes et agressives, la moquette et les murs changent de couleur... Et puis surtout deux personnages viennent hanter le quotidien du héros : son père, mort depuis quelques années, et Patrick Bateman, le serial killer chic de son roman évènement "American Psycho". Ellis n'y va pas de main morte, comme on dit. Mais on se laisse malgré tout embarquer, car il n'a pas son pareil pour écrire les scènes "à faire" : réceptions mondaines et décadentes décrites par le menu, lutte du héros contre le démon de la drogue. On sent...