Avant la publication début juin du 4ème et dernier épisode de la série de podcasts "Maupassant, des maris et des femmes", rattrapez les épisodes précédents ! Kesketalu présente "Maupassant, des maris et des femmes", une série d'épisodes proposant des lectures de nouvelles de l'auteur normand, consacrées au mariage. #1 : La dot est une nouvelle cruelle et sarcastique, et Maupassant pousse au bout de la logique ce que le mariage était à l'époque, un simple arrangement financier. #2 : Dans Les bijoux , c'est le mari qui est victime de la duplicité de sa femme. Une nouvelle formellement parfaite et très méchante. #3 : Le pardon met en scène le trio classique mari / femme/ maîtresse, mais Maupassant abandonne (un peu) son cynisme en ouvrant une autre voie possible à la relation conjugale alors si codifiée.

Une autofiction à l'américaine, c'est sensiblement différent, dans la forme, de Christine Angot et consorts, mais pas forcément beaucoup plus intéressant, dans le fond... Bret Easton Ellis, l'enfant terrible des lettres américaines, se met en scène dans une sorte de fausse biographie mâtinée de Stephen King ; la maison qu'il habite avec une star de cinéma et ses deux enfants, recèle d'étranges phénomènes : les peluches sont vivantes et agressives, la moquette et les murs changent de couleur... Et puis surtout deux personnages viennent hanter le quotidien du héros : son père, mort depuis quelques années, et Patrick Bateman, le serial killer chic de son roman évènement "American Psycho".
Ellis n'y va pas de main morte, comme on dit. Mais on se laisse malgré tout embarquer, car il n'a pas son pareil pour écrire les scènes "à faire" : réceptions mondaines et décadentes décrites par le menu, lutte du héros contre le démon de la drogue. On sent bien sûr que le petit Bret cherche aussi à régler la question du père (le sien) et de la paternité (la sienne), mais j'ai lu plus émouvant sur le sujet. Il est à mons sens plus convaincant dans l'évocation du cadre de l'histoire, à savoir les banlieues américaines ultra-chics : des couples de façade obsédés par la réussite, des enfants soi-disant hyperactifs, rendus amorphes et dépendants au xanax, mais soumis dès leur plus jeune âge à la compétition. La réunion des parents d'élèves de l'école privée de la ville est un des grands moments du roman, bien plus terrifiante que les quelques scènes de grand-guignol fantastique qu'Ellis nous inflige...
J'ai quand même le sentiment qu'il tourne un peu en rond, creusant sans fin ses obsessions. C'est extrêmement habile, avec suffisamment d'autodérision pour qu'on ne s'agace pas trop de cet enfant gâté et nombriliste et qu'on ne jette pas le pavé à la moitié. La critique a dit que c'était le roman le plus abouti d'Ellis. Peut-être, mais il ne surprend plus guère...
Isa
Ellis n'y va pas de main morte, comme on dit. Mais on se laisse malgré tout embarquer, car il n'a pas son pareil pour écrire les scènes "à faire" : réceptions mondaines et décadentes décrites par le menu, lutte du héros contre le démon de la drogue. On sent bien sûr que le petit Bret cherche aussi à régler la question du père (le sien) et de la paternité (la sienne), mais j'ai lu plus émouvant sur le sujet. Il est à mons sens plus convaincant dans l'évocation du cadre de l'histoire, à savoir les banlieues américaines ultra-chics : des couples de façade obsédés par la réussite, des enfants soi-disant hyperactifs, rendus amorphes et dépendants au xanax, mais soumis dès leur plus jeune âge à la compétition. La réunion des parents d'élèves de l'école privée de la ville est un des grands moments du roman, bien plus terrifiante que les quelques scènes de grand-guignol fantastique qu'Ellis nous inflige...
J'ai quand même le sentiment qu'il tourne un peu en rond, creusant sans fin ses obsessions. C'est extrêmement habile, avec suffisamment d'autodérision pour qu'on ne s'agace pas trop de cet enfant gâté et nombriliste et qu'on ne jette pas le pavé à la moitié. La critique a dit que c'était le roman le plus abouti d'Ellis. Peut-être, mais il ne surprend plus guère...
Isa
Commentaires
Y'a des livres comme ça...