Je suis abonnée aux romans dystopiques depuis quelques temps, de Déluge à Zem , en passant par Hystérie collective . Cette dimension est ici ténue : un futur, que les plus pessimistes qualifieraient d'imminent, où Gary Shteyngart a poussé quelques curseurs de nos dérives contemporaines juste un peu plus loin. On retrouve les items déjà exploités dans le fort réussi et bien américain Très chers amis : les diasporas coréennes et russes, les enfants précoces, les intellos, l'amour pour un enfant qui n'est pas le sien. Plus court et moins sarcastique, Véra dans son monde est écrit à hauteur d'enfant. Fût-elle très intelligente, beaucoup de choses échappent à cette petite fille de 10 ans, à commencer par sa famille. Un père plutôt absorbé par son boulot d'éditeur de revue et d'intellectuel demandé, une belle-mère présente mais qu'elle ressent lointaine, un demi-frère pas méchant mais bourrin. Elle se sent seule et peine à trouver des amis, car elle est bizar...
Dans la lignée de François Bégaudeau et Nicolas Mathieu, en mode mineur mais en plus drôle, Fabrice Caro nous livre le récit à la première personne de l'année de Terminale de Daniel, à la fin des années 80. Daniel se remet difficilement de s'être fait larguer par Cathy Mourier pour ce crétin de Gilles Rouquet (j'adore la litanie des prénoms/noms des élèves tout au long du roman, qui donne un air de réalité à l'ensemble, je suis sûre que ce sont des noms d'anciens camarades de l'auteur...). Et pourtant, il avait tout donné pour elle : "Elle admirait Sting pour son implication dans la défense de la forêt amazonienne aux côtés du chef Raoni ? J'étais à deux doigts de venir au lycée le lendemain avec un plateau de terre cuite coincé dans la lèvre inférieure..." Du coup il traîne avec ses deux copains Marc et Justin, qui sont dans sa classe de Terminale C, se chicane avec son petit frère métalleux, et accepte de donner des cours de maths à une collégienne pas très douée, dans les beaux quartiers de la ville. Cette expérience va devenir troublante à plus d'un titre, voire mystérieuse quand elle révèle des ramifications avec la disparition d'un de ses camarades de lycée... Voilà en tout cas un auteur qui ne boude pas le plaisir de la nostalgie adolescente, je suis un poil plus vieille que lui (mon bac remonte à 1979), mais on est encore dans la même atmosphère et les mêmes références culturelles et musicales. Je ne le connaissais de nom que comme auteur de BD, mais apparemment il a déjà écrit pas mal de romans, que je vais lire. J'ai beaucoup, beaucoup ri... une mise en bouche légère et réussie pour mes lectures de rentrée littéraire.
A suivre, encore une histoire d'adolescence, avec Nos soirées d'Alan Hollinghurst.
Isa
A suivre, encore une histoire d'adolescence, avec Nos soirées d'Alan Hollinghurst.
Isa

Commentaires
Mais quel humour cet auteur ! Je ris beaucoup et Benjamin lit cela merveilleusement…je me crois au théâtre et j’en pleure de joie ! Je ferai peut-être un petit texte en tout cas c’est à lire ! Tout à fait notre genre d’humour !!😂🤗
Anne