Il y a longtemps que je voulais lire ce livre qui m’attendait, sagement posé sur une étagère. Quel choc ! en le lisant je n’ai pu m’empêcher de penser au travail titanesque qu’a dû produire l’auteur, du sang et des larmes assurément tant cette œuvre possède à la fois un souffle romanesque considérable et une densité réaliste absolument saisissante ! Cette histoire commence le 18 mai 1871, à l’aube des journées de la Semaine dite sanglante, lorsque les troupes versaillaises d’Adolphe Thiers lancent leur offensive finale contre les Fédérés. Elle se termine dix jours plus tard, le 28 mai, au moment où la Commune de Paris agonise, emportant avec elle les derniers espoirs d’une insurrection populaire. Dans une capitale à feu et à sang, des jeunes filles du peuple disparaissent mystérieusement. Un réseau de prostitution, des photographies pornographiques, des viols, des séquestrations se rajoutent aux affres de la guerre civile. Caroline, aide-ambulancière pour les Fédérés va lu...
Je suis abonnée aux romans dystopiques depuis quelques temps, de Déluge à Zem , en passant par Hystérie collective . Cette dimension est ici ténue : un futur, que les plus pessimistes qualifieraient d'imminent, où Gary Shteyngart a poussé quelques curseurs de nos dérives contemporaines juste un peu plus loin. On retrouve les items déjà exploités dans le fort réussi et bien américain Très chers amis : les diasporas coréennes et russes, les enfants précoces, les intellos, l'amour pour un enfant qui n'est pas le sien. Plus court et moins sarcastique, Véra dans son monde est écrit à hauteur d'enfant. Fût-elle très intelligente, beaucoup de choses échappent à cette petite fille de 10 ans, à commencer par sa famille. Un père plutôt absorbé par son boulot d'éditeur de revue et d'intellectuel demandé, une belle-mère présente mais qu'elle ressent lointaine, un demi-frère pas méchant mais bourrin. Elle se sent seule et peine à trouver des amis, car elle est bizar...