Désormais, quand j'entendrai "huit femmes", je ne penserai plus seulement à François Ozon. Mais aussi aux huit personnages féminins dépeints par l'autrice coréenne Cho Nam-Joo dans Miss Kim . J'avoue, je n'avais pas repéré celle que l'éditeur appelle "le phénomène de la littérature coréenne", dont le premier roman paru en 2020 a été un des étendards du mouvement MeToo ( K i m Ji-young, née en 1982 ). Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu de nouvelles, alors je me suis lancée. Déjà, l'ensemble dégage un exotisme subtil. Le plus évident est intéressant et dépaysant : - les noms et prénoms (Eunju, Jihye,Seoyeon...), parfois accolés de leur fonction dans la famille ou l'entreprise (eonni accolé au prénom pour désigner la mère par ex), - la nourriture (kimchi, sujebi, dashimas, ...), présente dans nombre de scènes, - les traditions festives. Mais les nouvelles distillent au fil de la lecture un "exotisme" plus souterr...
Comment trouver les mots justes pour rendre compte de cette œuvre monumentale à l’architecture foisonnante, ce film événement tant par sa durée (3h19) ce qui lui permet de creuser la vérité au plus profond, que par le sujet abordé : la collaboration française pendant la Seconde guerre mondiale, car avant Giannoli, seul Louis Malle avec son Lacombe Lucien avait évoqué dans un film de fiction la collaboration, du point de vue des collaborateurs. Tout avait pourtant si bien commencé pour Jean Luchaire et sa fille Corinne. Lui, était un patron de presse, humaniste, pacifiste convaincu, homme de gauche, soutien de Léon Blum dès 1932 qui ne ménageait ni son temps ni son argent pour favoriser la réconciliation franco-allemande après la grande boucherie de 14-18, avec son pendant allemand Otto Abetz, l’un de ses plus proches amis. Elle, elle était devenue à 17 ans, une étoile montante du cinéma français de l’avant-guerre au jeu troublant et moderne, jeune actrice d’une grande beauté, ...