Voilà un petit livre qui s'annonce sans prétention (rien que le titre et la couverture) mais qui se révèle au fil de la lecture très malin et intéressant. Déjà au niveau formel. Pour raconter l'histoire de Margo, étudiante en lettres brillante qui entretient une liaison avec son professeur (marié) dont elle tombe enceinte (par accident), et qui la plante là, l'auteure use à la fois du Je et du Elle (sans que j'ai réussi toutefois à identifier ce qui suscite le passage de l'un à l'autre), et interpelle souvent le lecteur. Ce dispositif fait écho à une des toutes premières scènes où, en cours, le professeur et ses étudiants dissertent sur la question des points de vue narratifs. Là on se dit, il y autre chose sous la facilité apparente du récit. L'histoire ensuite : bien qu'issue elle-même d'un parcours familial insécure, avec une mère vénale, présente mais pas très empathique, et un père catcheur, affectueux mais marié ailleurs, Margo fait le choi...
Artemisia, c’est Artemisia Gentileschi, peintre italienne remise à l’honneur par une grande exposition au Musée Jacquemart-André en 2025 et... par les féministes. Artémisia, née en 1593 à Rome, fille d’un peintre talentueux et très tôt orpheline de mère, révèle dès son enfance un don remarquable pour la peinture. A une époque où les femmes artistes sont plus que rares, à peine une exception, (elles ne sont même pas autorisées à acheter des pigments et des couleurs elles-mêmes) son père, qui ne vit que par et pour l’art, l’encourage à cultiver son talent. Il lui donne pour professeur de perspective un certain Agostino Tassi….. Le reste, bien connu, est entré dans la légende : les viols répétés par Tassi, ses mensonges, et la lecture des œuvres majeures d’Artemisia comme autant de scènes de vengeance (en particulier les variations autour de Judith décapitant Holopherne). L’album réalisé par Nathalie Ferlut et Tamia Baudouin va beaucoup plus loin que cette image un peu réductrice qu’...