Qui connaît l’univers de Robert Seethaler ne sera ni perdu ni déçu. Celles et ceux qui ne le connaissent pas encore vont le découvrir : c’est l’univers de l’infra-ordinaire cher à Perec, celui du quotidien, tellement quotidien qu’on ne le voit ni le remarque même plus. Et pourtant, menacé de destruction ou de disparition, il charrie avec lui des tonnes de nostalgie. Robert Seethaler fait vivre la rue de la Lande, quelque part dans une ville et un pays dont les noms ne sont pas précisés (mais probablement en Europe de l’Est, ce qui n’est pas important de toutes façons), au travers des fragments de vie, de dialogues, de courriers administratifs ou amoureux du petit peuple qui y vit : à la boulangerie, chez la fleuriste, pendant la fête de la rue, à l’église, dans des immeubles... Ce qui se trame n’apparaît qu’en toile de fond : la gentrification imminente de cette rue populaire, objet de convoitise et de manœuvres de la part de promoteurs gourmands. Ainsi voit-o...
" J'écris les livres que je cherche et que je ne trouve pas ". A l'occasion de la sortie en cette rentrée de son dernier roman Vous, Madame , Charlotte Milandri a accordé à Kesketalu un entretien. L'occasion d'écouter la parole d'une autrice sincère et sensible, dont chaque phrase, comme dans ses romans, transpire l'obsession du mot et de l'émotion justes. Jeanne, la quarantaine, divorcée et mère d’une petite fille, apprend lors d’un séjour chez ses parents la mort de son ancienne professeur de sport. Celle-ci a eu ce que Jeanne nomme des « gestes interdits » lorsqu’elle était une jeune adolescente. En même temps que sa mort, elle apprend avec effroi que Madame P. habitait en face de la maison de son enfance. Jeanne décide alors d’entrer chez elle pour y chercher des réponses... Un livre percutant, qui vous empoigne et reste longtemps en tête.