Romancière américaine désormais confirmée, Lauren Groff avait frappé fort avec Les Monstres de Templeton , son premier roman publié en 2008, que j'avais chroniqué ici . Elle confirme avec La Bagarre son talent indéniable pour l'art de la nouvelle. Fait rare, toutes sont très réussies. Enfants confrontés au deuil ou à l'abandon, obligés de se débrouiller, grandes soeurs protectrices ou au contraire égoïstes, femme d'âge mur déboussolée par la retraite, femmes battues, mais aussi jeune homme de bonne famille peinant à prendre sa vie en main, rescapées d'une inondation formant une nouvelle famille ... Autant de crises auxquelles l'auteure laisse généralement une fin ouverte. Autant de crises souvent illuminées par la bienveillance de personnes pas forcément proches, qui à un moment donné vont avoir le bon geste. Autant de crises parfois aggravées par la fourberie et l'abus de confiance, ou causées par la trahison d'un proche qui compte pourtant plus ...
A chaque fois que je lis un roman anglais, je me dis que ce pays est décidément mon vivier préféré d'auteurs (et puis je lis un roman américain, et je change d’avis ... bref). Margaret Kennedy, donc.... Plus british, tu meurs. Cette Lady des lettres (elle est noble par épousailles), qui a connu un succès fulgurant dès les années 30, fait l'objet de publications rétrospectives avec de nouvelles traductions. Merci aux éditions de la Table ronde de nous faire découvrir cette fine observatrice des moeurs de son époque et de son milieu, mais dont l'ironie et l'acuité sont universelles et intemporelles. J'avais déjà bien aimé Divorce à l'anglaise, voilà encore dans Pièce montée des histoires de mariage (mais aussi de théâtre, d'où le titre à double sens) . Celui de Lucy Carmichael d'abord, qui va subir la pire humiliation possible lorsque son fiancé ne se présente pas à l'église. Elle va s'exiler en province comme prof de théâtre d'un Institu...