Accéder au contenu principal

Articles

"Barbara par Pietragalla", spectacle

Quand on aime Barbara, comme moi, on reste toujours à l’affût de ce qui se fait autour de son souvenir…. documentaire, livre ou reprise de ses chansons. Alors Barbara par Pietragalla à l’Olympia nous précipite d’office sur les derniers strapontins disponibles.  D’emblée l’émotion nous étreint d’entendre sa voix, son humour, ses chansons. Et puis c’est la surprise de voir ses paroles dansées autour d’un piano noir avec charme et originalité. La danseuse interprète aussi fort joliment quelques chansons sans qu’elle « fasse du Barbara » mais plutôt interprète son ressenti des textes. La similitude physique entre les deux artistes, longues dames brunes, est certes troublante, rehaussée par l’étole de fourrure et le rocking chair. En bref, un spectacle fascinant qui évoque de façon inédite et admirablement une grande artiste qui nous manque tant.  Merci Madame Pietragalla pour cette réussite et pour l’immense plaisir que vous nous avez apporté.  (En tournée en Fr...
Articles récents

Dossier 137 de Dominik MOLL

Nous sommes en décembre 2018 et le mouvement des Gilets Jaunes secoue la France.  Joëlle Girard, une aide soignante de Saint-Dizier vient porter plainte, car son fils Guillaume, 20 ans, vient d’être gravement blessé par un tir policier de flash-ball en marge d’une manifestation parisienne. C‘est le dossier 137 dont va devoir s’occuper celle qui prend sa déposition, Stéphanie Bertrand, enquêtrice à l’IGPN, l’Inspection générale de la police nationale. A partir de là, le dernier film de Dominik Moll se déploie comme un film de procédure, voire un documentaire, un peu âpre, entre interrogatoires, visionnages de caméras de vidéo-surveillance, enquêtes sur le terrain et rédactions de rapports. Mais la dureté du travail de l’enquêtrice (encore une fois, impeccable Léa Drucker !) se trouve contrebalancée par ce personnage de femme honnête, pleine de rigueur morale, déterminée à faire toute la vérité sur ce dossier 137, et là, se joue évidemment autre chose, un nouveau film apparaît q...

Un siècle, un roman, une héroïne [#3] : "Une vie" de Guy de MAUPASSANT

Dans ce podcast en feuilleton, j'ai choisi un roman par siècle, précurseur ou représentant d'un courant littéraire, mettant en scène une héroïne qui, prise dans le corset des contraintes imposées aux femmes par la société de leur temps, peine à vivre ses aspirations amoureuses. Des femmes inoubliables et touchantes dans des romans dont on peut avoir, sans anachronisme excessif pour les plus anciens, une lecture féministe, tant ces destins broyés sont nés de l'empathie de leurs auteurs pour elles. Chaque épisode est composé d'une rapide mise en contexte de l'oeuvre, et d'un ou plusieurs extraits lus à haute voix.   #3 : Une vie de Guy de Maupassant, publié en 1883        Prochain épisode : Thérèse Desqueyroux de François Mauriac    

"Kolkhose" d'Emmanuel CARRERE

Kolkhoze , le dernier récit d’Emmanuel Carrère, n’est pas un livre sur le système agricole de l’Union soviétique (quoique... car d’Union soviétique, Carrère en parle) mais un roman familial. Pour les enfants Carrère, faire kolkhoze, c’était dormir dans la chambre de leur mère quand leur père partait en voyage d’affaire. Évidemment l’expression venait d’elle : elle, Hélène Carrère d’Encausse, écrivaine, historienne, députée européenne, spécialiste des mondes russes de réputation internationale, académicienne couverte d’honneurs jusque dans sa mort en 2023.  De son écriture élégante sans ostentation et avec son art consommé de la narration, Carrère dresse à la fois une ode et un requiem à cette mère, tout en retraçant leur fresque familiale. Une fresque absolument romanesque, où souffle le vent de l’Histoire.  On l’aura compris, Carrère mêle l’universel à l’intime, et il y a matière, en effet, entre une mère célèbre, un grand-père sans doute fusillé à la Libération pour fai...

Lecture en cours : "Le déluge" de Stephen MARKLEY

[Lecture en cours : le principe, donner ses premières impressions sur un livre qu'on commence à lire. Il aura droit, sauf exception, à sa critique complète et c'est intéressant de confronter son sentiment initial à celui qu'on éprouve à la dernière page]. Attention roulement de tambour.... plus de 1 000 pages, 1 039 exactement pour ce roman qui s'annonce puissant sur la catastrophe annoncée du dérèglement climatique. A 10% de lecture, on est encore en tour de chauffe (si je puis dire...), avec des chapitres alternés introduisant chacun un personnage,  et je ne sais pas si je suis au bout des présentations ! En tout cas, j'aime ce genre de structure romanesque, courante chez les auteurs américains, et Stephen Markley a l'air de maîtriser le procédé.  Je ne sais pas de quelle manière vont s'imbriquer les histoires de Tony, le spécialiste des questions de climat, Ashir le geek génie de l'analyse prédictive, Shane, qu'on devine activiste écolo, Keepe...

Un siècle, un roman, une héroïne [#2] : "Manon Lescaut" de l'Abbé PREVOST

Dans ce podcast en feuilleton, j'ai choisi un roman par siècle, précurseur ou représentant d'un courant littéraire, mettant en scène une héroïne qui, prise dans le corset des contraintes imposées aux femmes par la société de leur temps, peine à vivre ses aspirations amoureuses. Des femmes inoubliables et touchantes dans des romans dont on peut avoir, sans anachronisme excessif pour les plus anciens, une lecture féministe, tant ces destins broyés sont nés de l'empathie de leurs auteurs pour elles. Chaque épisode est composé d'une rapide mise en contexte de l'oeuvre, et d'un ou plusieurs extraits lus à haute voix.     #2 : Manon Lescaut, de l'Abbé Prévost, publié en 1731 Initialement paru sous le titre "L'Histoire du Chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut", le roman, annonciateur du courant réaliste, verra son titre, au fil des siècles, raccourci au seul nom de son héroïne inoubliable.     Prochain épisode : Une vie de Guy de Maupassa...

"La librairie sur la colline" d'Alba DONATI

Arrivée à la cinquantaine, Alba Donati, poétesse et éditrice  tente un pari fou : retourner dans son village natal, non loin de Lucques, en Toscane, et y ouvrir une librairie. L'histoire ne dit pas si elle a fait un business plan... Sans doute pas, car qui validerait le projet d'ouverture d'une librairie dans une commune de 180 âmes ? Quelques semaines avant que la Covid ne se répande comme une traînée de poudre en Italie et que le confinement soit décrété ? (Mais ça personne ne pouvait le prévoir...) C'est cette aventure hors norme qui est fort joliment racontée dans La librairie sur la colline , sous forme de journal intime. Dans cette librairie (visitable sur réservation, covid oblige), peu de best-sellers, mais les livres qui font vibrer la propriétaire (surtout des femmes : Sylvia Plath, Elizabeth Bowen, Djuna Barnes, ... Mais quelques hommes ont heureusement droit de cité), un jardin, des roses, des pivoines, des thés et confitures "Jane Austen" ou ...

Un siècle, un roman, une héroïne [#1] : "La Princesse de Clèves" de Madame de LA FAYETTE

Dans ce podcast en épisodes, j'ai choisi un roman par siècle, précurseur ou représentant d'un courant littéraire, mettant en scène une héroïne qui, prise dans le corset des contraintes imposées aux femmes par la société de leur temps, peine à vivre ses aspirations amoureuses. Des femmes inoubliables et touchantes dans des romans dont on peut avoir, sans anachronisme excessif pour les plus anciens, une lecture féministe, tant ces destins broyés sont nés de l'empathie de leurs auteurs pour elles. Chaque épisode est composé d'une rapide mise en contexte de l'oeuvre, et d'un ou plusieurs extraits lus à haute voix.   #1 : La Princesse de Clèves, de Madame de La Fayette, publié en 1678  Le XVIIè siècle littéraire est connu pour son théâtre, ses contes, ses fables et autres écrits moralistes, portés par leurs illustres auteurs : Molière, Corneille, Racine, Perrault, La Fontaine, Boileau ou La Bruyère. Il n'est pas le siècle du roman, malgré une profusion édit...

"Les Eléments" de John BOYNE

J'ai adoré ce roman qui a reçu le Prix Fémina étranger et le Prix FNAC à l'automne 2025, comme vous allez le constater dans ce podcast.

"Jay Kelly", un film de Noah BAUMBACH

Visionnant ce film dès son apparition sur Netflix, sans chercher plus loin, je découvre au générique de fin que le réalisateur est Noah Baumbach. J'ai vu, je pense, tous ses films, et il semble de plus en plus s'éloigner de la veine que je préfère, celle de l'analyse des couples et de la famille ( Marriage Story , Les Berkman se séparen t)  ou des personnalités singulières comme Frances Ha ou Greenberg .  Barbie ne m'a pas plu mais m'a quand même intéressée, alors que là, quelle déception ! Comment a-t-il pu entraîner George Clooney, Adam Sandler, Laura Dern et beaucoup d'autres excellents acteurs dans une telle balourdise... : Enfilade de clichés que cette histoire d'acteur vieillissant qui, se retournant sur sa vie, se rend compte qu'il a sacrifié sa famille à son ambition.  Enfilade de clichés encore lorsque Jay se lance à la poursuite de sa fille partie dans un tour d'Europe, avec une mention spéciale au voyage en train vers l'Italie, succe...

Lecture terminée : "A la table des loups" d'Adam RAPP

[Lecture en cours] Adam Rapp, dramaturge et romancier reconnu aux Etats-Unis, fait l'objet d'une première traduction en français avec cette "table des loups" intrigante. Le premier chapitre se passe en 1951 dans une petite ville de l'Etat de New York, et présente la famille de la jeune Myra. Cette dernière évolue dans un environnement très catholique, et en tant qu'aînée de nombreux frères et soeurs, elle seconde sa mère à la maison. Sa seule échappée consiste à se rendre dans un diner après la messe, où la serveuse lui passe sous le manteau un roman qu'elle dévore, et qui raconte la fugue vers New York d'un adolescent prénommé Holden (on reconnaitra "L'Attrape-coeurs" de Salinger).  Un jeune homme l'aborde et la reconduit chez elle, puis un évènement dramatique survient... Le deuxième chapitre, dix ans plus tard, suit cette fois un des frères, Alec, gamin voleur et turbulent, devenu adulte. Comme Myra dans le premier chapitre, il cro...

"Des preuves d’amour", film d’Alice DOUARD

C’est l’histoire d’un couple qui attend un enfant et de leur parcours semé de joies et de doutes au cours de la grossesse. Banal, me direz-vous, sujet maintes fois traité et rebattu …. Oui….mais non… pour les deux raisons suivantes : la première c’est qu’il s’agit d’un couple de femmes, et la deuxième, surtout, c’est l’époque de l’histoire, située juste après la loi Taubira autorisant le mariage pour tous (avril 2013) et avant la loi sur l’autorisation de la PMA (septembre 2021). Céline (Ella Rumpf) et Nadia (Mona Chokri) sont mariées et Nadia est enceinte après une PMA réalisée à l’étranger puisque non autorisée en France. On sent l’amour qui les réunit et qui sera mis à l’épreuve aussi bien pour l’une que pour l’autre. Nadia doit vivre les bouleversements physiques et psychologiques parfois déroutants liés à la grossesse et Céline doit trouver sa place dans cet évènement, et que l’on soit femme ou homme, être l’autre parent entraîne des interrogations nombreuses et parf...