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"La méthode" de David DJAÏZ

Ce récit, absolument saisissant vient de se voir attribuer le Prix Transfuge 2026 du premier roman. Il s’inspire de faits réels et méconnus qui soulèvent de vertigineux questionnements sur la nature humaine. Sous couvert de la fiction, qui permet peut-être plus que l’essai, d’exploiter les différentes nuances de gris qui composent la réalité, nous suivons les traces de Paul Remlinger, vétérinaire-biologiste, qui a assisté de près aux exploits de Louis Pasteur, ce génie à qui il voue une admiration sans borne. Mais Remlinger, jeune homme timide et presque falot restera un personnage secondaire dans l’histoire de la Science à l’inverse de ses contemporains de l’Institut Pasteur comme Albert Calmette ou Emile Roux. Affecté à l’Institut Antirabique de Constantinople en 1901, Paul va y végéter de nombreuses années, faute de moyens humains et financiers. C’est un homme solitaire qu’une vie routinière apaise, obsédé par l’hygiène et entièrement tourné vers la vérité scientifique. Mais l’hi...

"Blue Jasmine" de Woody ALLEN

Le retour cinématographique de W. Allen aux States signerait son retour aux affaires, affirment les critiques à propos de "Blue Jasmine". Si je ne partage pas leur tiédeur sur les films européens de notre new yorkais préféré, je tiens moi aussi "Blue Jasmine" pour un de ses meilleurs films de la décennie écoulée *.

Les rares qui n'ont pas aimé le film disent qu'on se fiche de ce qui arrive à cette femme riche et qu'elle a bien cherché son infortune. Au début, c'est vrai, même si la performance de Cate Blanchett déjoue la caricature. Mais c'est sans compter sur ce vieux briscard du scénario qu'est Woody Allen, et sa manière si personnelle et subtile d'introduire, l'air de rien, des éléments de drame dans cette apparente comédie des contraires (NY versus SF, Riches snobs contre Beaufs fauchés...). Il y a cette scène, à la fois hilarante et glaçante, où Jasmine révèle dans un café à ses deux petits neveux, ébahis, ce qu'elle a subi en hôpital psychiatrique, ou la manière dont on apprend le sort de son ex-mari, sans oublier bien sûr l'énorme révélation qui remet tout le film en perspective...

La fin est sombre, Jasmine ne s'en sort pas, réitérant ses erreurs du passé : paraître plutôt qu'être, remettre son destin dans les mains d'un homme riche plutôt que d'essayer de s'en sortir par elle-même. Moraliste et féministe, Woody dresse un magnifique et poignant portrait de femme vaincue et au bord de la folie. Jasmine, victime et coupable, a subi des souffrances psychiques à bien des égards exceptionnelles ; qu'elle soit riche, snob et désagréable ne doit pas la priver de notre empathie.

IsaH 

* mon palmarès Allenien  de la décennie (dans l'ordre): ex aequo  Blue Jasmine et  Match point, Whatever works, Vicky Christina Barcelona, Scoop. Quel est le vôtre ? ( pour mémoire il y a eu aussi : Melinda et Melinda, Le rêve de Cassandre (c'est mon 6è), Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu, Minuit à Paris, To Rome with love)

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