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"Rochebrune" de Sophie DIVRY

Ça commence comme une comédie de moeurs, qu'on pourrait un peu facilement qualifier de "douce-amère", avec des premières pages très drôles et bien vues sur l'organisation des vacances entre trois familles recomposées. Isabelle a une fille adolescente, Noémie, et son nouveau compagnon Xavier, un petit garçon nommé Léon. Isabelle n'aime pas trop Léon, elle en a honte, mais Léon est pénible, et Xavier a des problèmes d'autorité. Les voilà partis tous les quatre à la montagne car Xavier a prévu de faire de l'escalade avec son ami Jérémie. La famille s'installe dans un gîte rural paumé à Rochebrune, donc. Leur séjour un peu chaotique en termes de cohabitation familiale et d'intégration dans le village va se dérégler dramatiquement dès lors que Xavier part en montagne et qu'Isabelle se retrouve seule à Rochebrune avec les enfants... J'ai beaucoup aimé ce petit roman qui avance tout d'abord masqué, sans prétention, mais se révèle finalement tr...

Des prix bien mérités en 2021 (1) : Nothomb et Angot

 

Premier sang Amélie Nothomb

Ma critique commence par un paradoxe : mieux vaut ne rien savoir du roman avant de le lire. On goûte ainsi tout le sel narratif sans l’"encombrement" affectif de savoir qu’Amélie évoque un aspect très personnel. Certes on apprend vite que la famille du personnage principal s’appelle Nothomb, mais après tout cela pourrait être une coquetterie ou un tour de passe-passe d’une romancière volontiers  joueuse.

A la manière d’un conte, la vie de Patrick Nothomb est évoquée : son enfance sans père, un militaire mort bêtement lors d’un exercice de déminage dans sa vingtaine, une mère inconsolable et indifférente, mais des grands parents maternels aimants qui vont l’élever. Jugé trop sensible et protégé par son grand-père, il est envoyé en vacances dans la famille paternelle. Une famille au mode de vie pour le moins singulier, qui va marquer la vie du petit garçon.

Un prix Renaudot en 2021 mille fois mérité pour cette romancière considérée parfois avec un peu de condescendance et qui rappelle à tout le monde qu’elle a tout d’une grande.


Le voyage dans l’Est Christine Angot

Y-a-t-il , en interview, auteur plus agaçant et clivant que Christine Angot ? Pour moi, non. Y-a-t-il , en autofiction, auteur plus convaincant que Christine Angot ? Pour moi, non (à part Annie Ernaux qui échappe de toutes façons à la catégorisation).

J’ouvre le Voyage dans l’Est en me disant qu’il va me tomber des mains, vu que c’est son troisième livre sur l’inceste qu’elle a subi. Et, page après page, sa langue incisive, sans artifice, et tellement éloignée du témoignage, me convainc de continuer. Sa colère est transcendée par l’écriture et vous foudroie plus d’une fois, là où elle provoque plutôt de la gêne à l’oral.
Elle non plus n'a pas volé son Prix Médicis.

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