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"Tout mais pas Beyrouth", roman graphique de DIEZ et JIBÉ

Dans la foulée de Guy Delisle ou de Nicolas Wild (ah, l’excellent Kaboul Disco  !!!), Mathieu Diez et Jibé signent un roman graphique aussi passionnant qu’émouvant. En 2022, Mathieu Diez décroche un poste d’« attaché pour le livre et le débat d’idées » à l’ambassade de France à Beyrouth (pile l’endroit où sa mère ne voulait pas le voir partir, d’où le titre). Il y restera jusqu’en 2025 et Tout mais pas Beyrouth est la chronique de son quotidien au Liban durant 3 ans. Rien n’y manque : ni la nécessaire et fort pédagogique introduction à l’histoire complexe de ce petit pays, ni la description de la vie et du travail dans la diplomatie à l’étranger, ni les éléments de découverte de cette terre et de son peuple, si attachants. Et bien sûr, la guerre s’invite dans ce qui aurait pu être un récit de voyage bien documenté et agréable à lire. Pour ma part, j’ai été effarée par le passage consacré au stage « Départ en poste sensible », dont le but est de prépa...

Des prix bien mérités en 2021 (1) : Nothomb et Angot

 

Premier sang Amélie Nothomb

Ma critique commence par un paradoxe : mieux vaut ne rien savoir du roman avant de le lire. On goûte ainsi tout le sel narratif sans l’"encombrement" affectif de savoir qu’Amélie évoque un aspect très personnel. Certes on apprend vite que la famille du personnage principal s’appelle Nothomb, mais après tout cela pourrait être une coquetterie ou un tour de passe-passe d’une romancière volontiers  joueuse.

A la manière d’un conte, la vie de Patrick Nothomb est évoquée : son enfance sans père, un militaire mort bêtement lors d’un exercice de déminage dans sa vingtaine, une mère inconsolable et indifférente, mais des grands parents maternels aimants qui vont l’élever. Jugé trop sensible et protégé par son grand-père, il est envoyé en vacances dans la famille paternelle. Une famille au mode de vie pour le moins singulier, qui va marquer la vie du petit garçon.

Un prix Renaudot en 2021 mille fois mérité pour cette romancière considérée parfois avec un peu de condescendance et qui rappelle à tout le monde qu’elle a tout d’une grande.


Le voyage dans l’Est Christine Angot

Y-a-t-il , en interview, auteur plus agaçant et clivant que Christine Angot ? Pour moi, non. Y-a-t-il , en autofiction, auteur plus convaincant que Christine Angot ? Pour moi, non (à part Annie Ernaux qui échappe de toutes façons à la catégorisation).

J’ouvre le Voyage dans l’Est en me disant qu’il va me tomber des mains, vu que c’est son troisième livre sur l’inceste qu’elle a subi. Et, page après page, sa langue incisive, sans artifice, et tellement éloignée du témoignage, me convainc de continuer. Sa colère est transcendée par l’écriture et vous foudroie plus d’une fois, là où elle provoque plutôt de la gêne à l’oral.
Elle non plus n'a pas volé son Prix Médicis.

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