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"Artemisia", une BD de Nathalie FERLUT et Tamia BAUDOIN

Artemisia, c’est Artemisia Gentileschi, peintre italienne remise à l’honneur par une grande exposition au Musée Jacquemart-André en 2025 et... par les féministes. Artémisia, née en 1593 à Rome, fille d’un peintre talentueux et très tôt orpheline de mère, révèle dès son enfance un don remarquable pour la peinture. A une époque où les femmes artistes sont plus que rares, à peine une exception, (elles ne sont même pas autorisées à acheter des pigments et des couleurs elles-mêmes) son père, qui ne vit que par et pour l’art, l’encourage à cultiver son talent. Il lui donne pour professeur de perspective un certain Agostino Tassi….. Le reste, bien connu, est entré dans la légende : les viols répétés par Tassi, ses mensonges, et la lecture des œuvres majeures d’Artemisia comme autant de scènes de vengeance (en particulier les variations autour de Judith décapitant Holopherne). L’album réalisé par Nathalie Ferlut et Tamia Baudouin va beaucoup plus loin que cette image un peu réductrice qu’...

Des prix bien mérités en 2021 (1) : Nothomb et Angot

 

Premier sang Amélie Nothomb

Ma critique commence par un paradoxe : mieux vaut ne rien savoir du roman avant de le lire. On goûte ainsi tout le sel narratif sans l’"encombrement" affectif de savoir qu’Amélie évoque un aspect très personnel. Certes on apprend vite que la famille du personnage principal s’appelle Nothomb, mais après tout cela pourrait être une coquetterie ou un tour de passe-passe d’une romancière volontiers  joueuse.

A la manière d’un conte, la vie de Patrick Nothomb est évoquée : son enfance sans père, un militaire mort bêtement lors d’un exercice de déminage dans sa vingtaine, une mère inconsolable et indifférente, mais des grands parents maternels aimants qui vont l’élever. Jugé trop sensible et protégé par son grand-père, il est envoyé en vacances dans la famille paternelle. Une famille au mode de vie pour le moins singulier, qui va marquer la vie du petit garçon.

Un prix Renaudot en 2021 mille fois mérité pour cette romancière considérée parfois avec un peu de condescendance et qui rappelle à tout le monde qu’elle a tout d’une grande.


Le voyage dans l’Est Christine Angot

Y-a-t-il , en interview, auteur plus agaçant et clivant que Christine Angot ? Pour moi, non. Y-a-t-il , en autofiction, auteur plus convaincant que Christine Angot ? Pour moi, non (à part Annie Ernaux qui échappe de toutes façons à la catégorisation).

J’ouvre le Voyage dans l’Est en me disant qu’il va me tomber des mains, vu que c’est son troisième livre sur l’inceste qu’elle a subi. Et, page après page, sa langue incisive, sans artifice, et tellement éloignée du témoignage, me convainc de continuer. Sa colère est transcendée par l’écriture et vous foudroie plus d’une fois, là où elle provoque plutôt de la gêne à l’oral.
Elle non plus n'a pas volé son Prix Médicis.

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