Je suis abonnée aux romans dystopiques depuis quelques temps, de Déluge à Zem , en passant par Hystérie collective . Cette dimension est ici ténue : un futur, que les plus pessimistes qualifieraient d'imminent, où Gary Shteyngart a poussé quelques curseurs de nos dérives contemporaines juste un peu plus loin. On retrouve les items déjà exploités dans le fort réussi et bien américain Très chers amis : les diasporas coréennes et russes, les enfants précoces, les intellos, l'amour pour un enfant qui n'est pas le sien. Plus court et moins sarcastique, Véra dans son monde est écrit à hauteur d'enfant. Fût-elle très intelligente, beaucoup de choses échappent à cette petite fille de 10 ans, à commencer par sa famille. Un père plutôt absorbé par son boulot d'éditeur de revue et d'intellectuel demandé, une belle-mère présente mais qu'elle ressent lointaine, un demi-frère pas méchant mais bourrin. Elle se sent seule et peine à trouver des amis, car elle est bizar...
👍 Bibliosurf a distingué cette critique Marie-Louise, mais elle préfère se faire appeler Louise, a la quarantaine, une vie professionnelle bien remplie et une vie amoureuse plutôt aventureuse. D’aussi loin qu’elle s’en souvienne, elle n’a jamais voulu d’enfant. Mais lorsqu’elle fait une fausse couche au moment même où elle apprend que sa mère va mourir, Louise décide de devenir « mère absolument ». Dans ce récit en trois partie, on écoute Louise, puis Lou sa fille et enfin Ambroise, le géniteur de Lou qui prennent tour à tour la parole. On ressent d’abord de l’admiration pour cette femme forte et moderne, puis s’installe un malaise insidieux et enfin on éprouve carrément de l’antipathie en lisant les propos de Louise, dans son parcours obsessionnel pour avoir un enfant coûte que coûte. En effet, l’écrivaine dresse le sombre portrait d’une femme entièrement centrée sur son désir d’être mère et si on comprend l’épiphanie provoquée par le deuil, on peine à comprendre ...