Accéder au contenu principal

"Les Lieux souterrains" de Gustavo FAVERÓN PATRIAU

Gustavo Faverón Patriau nous offre un séjour dans Les lieux souterrains , grâce à une exceptionnelle traduction de Robert Amutio, ouvrage paru aux éditions Christian Bourgois. Comment parler de ce livre sidérant ? Résumer l’intrigue est aussi impossible qu’inutile : sachez simplement que George Bennett apprend, à l’occasion d’un drame familial, que son père, par ailleurs peu aimant (il est incapable de regarder son fils dans les yeux), est un agent de la CIA et qu’il a mis en place, aidé et collaboré avec presque tous les régimes autoritaires d’extrême droite sud-américains, allant jusqu’à organiser et participer à des séances de torture dans des lieux qu’il a lui-même conçus. George, décide alors de partir sur les traces de ce père (dont il porte le prénom), aussi honni que mystérieux, pour tenter de comprendre, et peut-être de réparer. On plonge dans ces labyrinthes et ces souterrains aux côtés du narrateur : on s’y perd, on croit s’y retrouver pour mieux à nouveau ...

"Una lunghissima ombra", un album de Andrea Laszlo de Simone

Andrea Laszlo de Simone est un auteur-compositeur-interprète qui vit à Turin, loin des honneurs et des paillettes (il préfère s’occuper de sa famille plutôt que de monter sur scène, quel dommage pour nous !). Ce trentenaire aux faux airs de Frank Zappa s’est fait connaître en 2020 avec un album très remarqué, L’immensita. En 2024, il a reçu le César de la meilleure musique de film pour Le règne animal de Thomas Cailley, et aujourd’hui, il revient vers nous avec son quatrième album, Una lunghissima ombra.
Oui, il revient vers nous, car en nous parlant de lui, il nous parle à nous !

Ce disque qui mélange réflexions intimes, rêves éveillés et interrogations multiples déroule ses dix-sept morceaux comme"  la bande-son de sa vie " où se retrouvent pêle-mêle, peurs, doutes, ombres, mort et regrets. La belle voix douce et juvénile d’Andrea, toute en mélancolie fragile, prend le temps de se déployer sur une pop orchestrale aux accents parfois symphoniques, souvent atmosphérique, où les cordes s’entrelacent à des chœurs célestes, à des sons organiques et synthétiques, (pluie, vent, orage...) et à des bruits de la vie quotidienne (voix d’enfants, son d’une guimbarde...) Une musique ambitieuse, entre obscurité et lumière, délicate et anxieuse, toute en contraste, à la fois classique et expérimentale. 

Vous danserez sur la ritournelle entêtante de La notte, son morceau pourtant le plus nostalgique et vous replongerez avec délice dans la variété italienne des années soixante-dix avec Quando ou Per te.

Andrea signe le renouveau de la pop italienne avec cet album maîtrisé de bout en bout, généreux, habité, où les cordes et les cuivres nous emmènent vers un voyage cosmique, pour un moment de grâce suspendu.
Si vous ne connaissez pas encore Andrea Laszlo de Simone, ne passez pas à côté de cet artiste, il mérite largement le détour ! Car son album, à la fois grandiose et empli d’humilité vous mettra en joie et en émoi.




 

Commentaires