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"Je suis Romane Monnier" de Delphine de VIGAN

👍 Bibliosurf a distingué cette critique  Romane Monnier, si elle était de la génération X*, écouterait Le Mal de vivre de Barbara ou Ultra moderne solitude d'Alain Souchon. Mais Romane Monnier est de la GenZ, comme on dit, et sa béquille n'est pas la musique mais son smartphone, réceptacle, via les applis qu'elle utilise, d'une vie intérieure qui se dégrade, et témoin du chemin qui va la mener à "s'effacer". Témoin puisqu'elle va s'arranger pour le laisser à un inconnu avec une formule ambiguë et polysémique :  "Gardez-le". Le hasard (mais est-ce le hasard ? je vous laisse découvrir les détails romanesques de cette offrande) fait bien les choses, car le nouveau gardien de la vie de Romane est Thomas, quadragénaire sensible et mélancolique, père inquiet d'une jeune fille qu'il a élevée seul. De la génération Y*, il utilise le smartphone (qui n'est pas tout à fait une extension de lui-même, il a connu la vie "sans...

"Una lunghissima ombra", un album de Andrea Laszlo de Simone

Andrea Laszlo de Simone est un auteur-compositeur-interprète qui vit à Turin, loin des honneurs et des paillettes (il préfère s’occuper de sa famille plutôt que de monter sur scène, quel dommage pour nous !). Ce trentenaire aux faux airs de Frank Zappa s’est fait connaître en 2020 avec un album très remarqué, L’immensita. En 2024, il a reçu le César de la meilleure musique de film pour Le règne animal de Thomas Cailley, et aujourd’hui, il revient vers nous avec son quatrième album, Una lunghissima ombra.
Oui, il revient vers nous, car en nous parlant de lui, il nous parle à nous !

Ce disque qui mélange réflexions intimes, rêves éveillés et interrogations multiples déroule ses dix-sept morceaux comme"  la bande-son de sa vie " où se retrouvent pêle-mêle, peurs, doutes, ombres, mort et regrets. La belle voix douce et juvénile d’Andrea, toute en mélancolie fragile, prend le temps de se déployer sur une pop orchestrale aux accents parfois symphoniques, souvent atmosphérique, où les cordes s’entrelacent à des chœurs célestes, à des sons organiques et synthétiques, (pluie, vent, orage...) et à des bruits de la vie quotidienne (voix d’enfants, son d’une guimbarde...) Une musique ambitieuse, entre obscurité et lumière, délicate et anxieuse, toute en contraste, à la fois classique et expérimentale. 

Vous danserez sur la ritournelle entêtante de La notte, son morceau pourtant le plus nostalgique et vous replongerez avec délice dans la variété italienne des années soixante-dix avec Quando ou Per te.

Andrea signe le renouveau de la pop italienne avec cet album maîtrisé de bout en bout, généreux, habité, où les cordes et les cuivres nous emmènent vers un voyage cosmique, pour un moment de grâce suspendu.
Si vous ne connaissez pas encore Andrea Laszlo de Simone, ne passez pas à côté de cet artiste, il mérite largement le détour ! Car son album, à la fois grandiose et empli d’humilité vous mettra en joie et en émoi.




 

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