Richie a 5 ans. Sa mère a peur de tout. Son père "voit grand" pour sa famille. Richie adore aller à la piscine, même s'il ne sait pas encore nager. La maître-nageuse a 17 ans, elle est jolie avec sa queue-de-cheval. En ce jour de juillet 1969, trois hommes partent pour la Lune, bouleversant le quotidien du monde entier. Ce jour-là, Richie se noie ... Tout cela le lecteur le sait dès le début du roman. Ensuite, comme dans un kaléidoscope, le récit éclate en temporalités et points de vue différents, reconstituant ce qui précède le drame et ce qui suit le drame, dans des chapitres égrenés parfois à l'envers façon compte à rebours du décollage de la fusée. La noyade elle-même, autour desquels tous ces instants gravitent comme en orbite, arrivera en toute fin de roman, dévoilant enfin ses circonstances. J'avais bien veillé à ne lire aucune critique sur ce roman d'une auteure que j'aime particulièrement. C'est pour vous donner ce mêm...

Toute ma vie de lectrice, j’étais passée à côté de Salman Rushdie, son œuvre m’était comme masquée par le « bruit » de l’ignoble fatwa, et la dimension magique de la plupart de ses récits (ce n’est pas ma tasse de thé) ne m’encourageait pas à le lire. J’en suis venue à l’aborder quand, installé aux Etats-Unis, il a situé ses romans dans ce pays. Intriguée par le résumé de la Maison Golden qui, fidèle à la réputation de Rushdie, semblait foisonnant et plein de références, mais dont les enjeux narratifs étaient clairs et qui a la grande qualité de se dérouler à New York, je l’ai lu avec passion. Et logiquement, j’ai regardé de près la quatrième de couverture de Quichotte, paru à l'automne 2020 : la promesse d’un road trip à travers les USA, un vieil indien (d’Inde bien sûr) amoureux d’une star de la téléréalité... Bref, j’ai plongé dans ce mastodonte (private joke pour ceux qui l’ont lu) de 430 pages. Et mon esprit cartésien n’a pas résisté à la fantaisie pleine de sens du récit, qui mêle habilement et sans qu’on se perde, réel et imaginaire, niant même toute frontière entre les deux.
Car il s’agit ici du récit parallèle entre un roman en cours d’écriture et les épisodes de la vie de son Auteur. Celui-ci écrit et transpose sa vie dans un roman fantastique, en lui insufflant ses désespoirs, ses aspirations, ses peurs. Alors oui, il faut admettre que le héros peut créer ex nihilo le fils qu’il n’a jamais eu, et traverser l’Amérique avec lui dans une Chevy Cruz, à la conquête de l’amour absolu, celui qu’il éprouve en toute irrationalité pour Salma R, une star de la téléréalité, d’origine indienne comme lui. Le roman résiste au résumé, et si la litanie des thèmes abordés sonne creux, jamais le roman ne le fait : l’amour, la transmission, la réussite d’une vie, la mort (individuelle, ou celle annoncée de notre monde). Mais c’est aussi une satire sociale de l’Amérique trumpiste*, des dérives des réseaux sociaux, marquée par la crise climatique, évoquant (déjà) des pandémies à venir… Profondément déprimant, avec quelques fulgurances philosophiques ou carrément poignantes, le roman ne se départ jamais, pourtant, d’une certaine légèreté, et il est parfois follement drôle…
Le récit avance tel un vrai page-turner, bien que bourré de références, autre marqueur de Salman Rushdie : Quichotte est un tribut aux maîtres de la littérature que sont Cervantès, Ionesco ou Shakespeare. Mais fourmille aussi de références à la culture la plus populaire, qu’il connaît tellement bien que cela éloigne tout mépris dans la critique même qu’il en fait. * critique écrite en 2020, il s'agissait du premier mandat de Trump...
Car il s’agit ici du récit parallèle entre un roman en cours d’écriture et les épisodes de la vie de son Auteur. Celui-ci écrit et transpose sa vie dans un roman fantastique, en lui insufflant ses désespoirs, ses aspirations, ses peurs. Alors oui, il faut admettre que le héros peut créer ex nihilo le fils qu’il n’a jamais eu, et traverser l’Amérique avec lui dans une Chevy Cruz, à la conquête de l’amour absolu, celui qu’il éprouve en toute irrationalité pour Salma R, une star de la téléréalité, d’origine indienne comme lui. Le roman résiste au résumé, et si la litanie des thèmes abordés sonne creux, jamais le roman ne le fait : l’amour, la transmission, la réussite d’une vie, la mort (individuelle, ou celle annoncée de notre monde). Mais c’est aussi une satire sociale de l’Amérique trumpiste*, des dérives des réseaux sociaux, marquée par la crise climatique, évoquant (déjà) des pandémies à venir… Profondément déprimant, avec quelques fulgurances philosophiques ou carrément poignantes, le roman ne se départ jamais, pourtant, d’une certaine légèreté, et il est parfois follement drôle…
Le récit avance tel un vrai page-turner, bien que bourré de références, autre marqueur de Salman Rushdie : Quichotte est un tribut aux maîtres de la littérature que sont Cervantès, Ionesco ou Shakespeare. Mais fourmille aussi de références à la culture la plus populaire, qu’il connaît tellement bien que cela éloigne tout mépris dans la critique même qu’il en fait. * critique écrite en 2020, il s'agissait du premier mandat de Trump...
IsaH
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