Artemisia, c’est Artemisia Gentileschi, peintre italienne remise à l’honneur par une grande exposition au Musée Jacquemart-André en 2025 et... par les féministes. Artémisia, née en 1593 à Rome, fille d’un peintre talentueux et très tôt orpheline de mère, révèle dès son enfance un don remarquable pour la peinture. A une époque où les femmes artistes sont plus que rares, à peine une exception, (elles ne sont même pas autorisées à acheter des pigments et des couleurs elles-mêmes) son père, qui ne vit que par et pour l’art, l’encourage à cultiver son talent. Il lui donne pour professeur de perspective un certain Agostino Tassi….. Le reste, bien connu, est entré dans la légende : les viols répétés par Tassi, ses mensonges, et la lecture des œuvres majeures d’Artemisia comme autant de scènes de vengeance (en particulier les variations autour de Judith décapitant Holopherne). L’album réalisé par Nathalie Ferlut et Tamia Baudouin va beaucoup plus loin que cette image un peu réductrice qu’...

Une autofiction à l'américaine, c'est sensiblement différent, dans la forme, de Christine Angot et consorts, mais pas forcément beaucoup plus intéressant, dans le fond... Bret Easton Ellis, l'enfant terrible des lettres américaines, se met en scène dans une sorte de fausse biographie mâtinée de Stephen King ; la maison qu'il habite avec une star de cinéma et ses deux enfants, recèle d'étranges phénomènes : les peluches sont vivantes et agressives, la moquette et les murs changent de couleur... Et puis surtout deux personnages viennent hanter le quotidien du héros : son père, mort depuis quelques années, et Patrick Bateman, le serial killer chic de son roman évènement "American Psycho".
Ellis n'y va pas de main morte, comme on dit. Mais on se laisse malgré tout embarquer, car il n'a pas son pareil pour écrire les scènes "à faire" : réceptions mondaines et décadentes décrites par le menu, lutte du héros contre le démon de la drogue. On sent bien sûr que le petit Bret cherche aussi à régler la question du père (le sien) et de la paternité (la sienne), mais j'ai lu plus émouvant sur le sujet. Il est à mons sens plus convaincant dans l'évocation du cadre de l'histoire, à savoir les banlieues américaines ultra-chics : des couples de façade obsédés par la réussite, des enfants soi-disant hyperactifs, rendus amorphes et dépendants au xanax, mais soumis dès leur plus jeune âge à la compétition. La réunion des parents d'élèves de l'école privée de la ville est un des grands moments du roman, bien plus terrifiante que les quelques scènes de grand-guignol fantastique qu'Ellis nous inflige...
J'ai quand même le sentiment qu'il tourne un peu en rond, creusant sans fin ses obsessions. C'est extrêmement habile, avec suffisamment d'autodérision pour qu'on ne s'agace pas trop de cet enfant gâté et nombriliste et qu'on ne jette pas le pavé à la moitié. La critique a dit que c'était le roman le plus abouti d'Ellis. Peut-être, mais il ne surprend plus guère...
Isa
Ellis n'y va pas de main morte, comme on dit. Mais on se laisse malgré tout embarquer, car il n'a pas son pareil pour écrire les scènes "à faire" : réceptions mondaines et décadentes décrites par le menu, lutte du héros contre le démon de la drogue. On sent bien sûr que le petit Bret cherche aussi à régler la question du père (le sien) et de la paternité (la sienne), mais j'ai lu plus émouvant sur le sujet. Il est à mons sens plus convaincant dans l'évocation du cadre de l'histoire, à savoir les banlieues américaines ultra-chics : des couples de façade obsédés par la réussite, des enfants soi-disant hyperactifs, rendus amorphes et dépendants au xanax, mais soumis dès leur plus jeune âge à la compétition. La réunion des parents d'élèves de l'école privée de la ville est un des grands moments du roman, bien plus terrifiante que les quelques scènes de grand-guignol fantastique qu'Ellis nous inflige...
J'ai quand même le sentiment qu'il tourne un peu en rond, creusant sans fin ses obsessions. C'est extrêmement habile, avec suffisamment d'autodérision pour qu'on ne s'agace pas trop de cet enfant gâté et nombriliste et qu'on ne jette pas le pavé à la moitié. La critique a dit que c'était le roman le plus abouti d'Ellis. Peut-être, mais il ne surprend plus guère...
Isa
Commentaires
Y'a des livres comme ça...