Hasard du calendrier ou concomitance du festival de Cannes, j'ai rattrapé en deux jours à la télévision deux films primés en 2023 (oui j'ai honte) : La zone d'intérêt de Jonathan Glazer (Grand Prix) et Anatomie d'une chute de Justine Triet (Palme d'or). Deux films d'une rugosité certaine, et pour l'exprimer, une actrice "inconfortable" et charismatique, Sandra Hüller : un jeu entre dépouillement et intensité, un physique intrigant, presque dérangeant, cette actrice de théâtre crève l'écran dans les deux films, tout en étant hors champ de la séduction. Voir ces deux films l'un après l'autre en quelques heures est une expérience intéressante. Tous les deux commencent par des scènes du quotidien, vides d'action : un retour de baignade pour une grande famille, un garçon qui promène son chien dans la neige, et bien sûr, au fur et à mesure du visionnage, ces scènes d'exposition un peu trop ...
Magistral récit choral (malgré un titre mièvre), qui nous fait passer d'un personnage à l'autre (Sasha, Bennie et leur entourage), d'une décennie à l'autre (des années 1970 aux années 2020 !), pour mieux faire ressentir le passage à l'âge adulte, la fuite du temps. Oui, on peut avoir été une punk camée à 15 ans et être une maman inquiète à 40. Tout en gardant la même étincelle au fond de soi. Chaque chapitre est une histoire en soi et le tout forme un puzzle de destins qui s'assemble lentement, puissamment et brillamment, de San Francisco à New York, sur fond de rock. Nick Hornby n'est pas loin, en plus trash et plus ample.
IsaH

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catherine
Catherine