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"Un marché noir" de Bérénice PICHAT

Après La petite bonne au succès fracassant, Bérénice Pichat était un peu attendue au tournant pour son deuxième roman « grand public » (en réalité, elle avait déjà publié une trilogie sur le village d’origine de sa famille, Saint-Véran, celui des Alpes, pas celui du vin !). Eh bien son Marché noir est une réussite également ! Sombre mais très juste et très nuancé sur cette période qu’il est si facile de juger avec fermeté depuis notre XXème siècle : cinquante vraies et subtiles nuances de gris, en quelque sorte ! Une belle plume, une structure solide, une vision intelligente qui fait appel à celle de son lecteur, un climat et des personnages travaillés avec beaucoup de finesse, bref, un grand plaisir de lecture !          Les Avrils, août 2026, 292 pages    [Rencontre avec] Bérénice Pichat Pour ma part je n'ai pas encore lu de roman de Bérénice Pichat dont je partage pourtant la ville d'origine. J'ai assisté à une re...

"Un marché noir" de Bérénice PICHAT

Après La petite bonne au succès fracassant, Bérénice Pichat était un peu attendue au tournant pour son deuxième roman « grand public » (en réalité, elle avait déjà publié une trilogie sur le village d’origine de sa famille, Saint-Véran, celui des Alpes, pas celui du vin !). Eh bien son Marché noir est une réussite également ! Sombre mais très juste et très nuancé sur cette période qu’il est si facile de juger avec fermeté depuis notre XXème siècle : cinquante vraies et subtiles nuances de gris, en quelque sorte ! Une belle plume, une structure solide, une vision intelligente qui fait appel à celle de son lecteur, un climat et des personnages travaillés avec beaucoup de finesse, bref, un grand plaisir de lecture !

     Les Avrils, août 2026, 292 pages 



 
[Rencontre avec] Bérénice Pichat
Pour ma part je n'ai pas encore lu de roman de Bérénice Pichat dont je partage pourtant la ville d'origine. J'ai assisté à une rencontre en librairie avec cette enseignante accessible et rieuse... Elle dit vivre un "rêve éveillé" depuis le succès de La Petite bonne, 250 000 exemplaires vendus à ce jour *. 
Intéressée par les "zones grises" et les personnages "ordinaires", elle est partie, pour Un marché noir, d'une image, d'une scène mentale : une femme, paniquée, dans une gare, sous l'horloge qui indique midi, une femme qu'elle voit habillée à la mode des années 40 et portant une valise. De là elle a bâti son histoire et, autour de Servane, sont nés Paul, l'opportuniste profiteur de guerre, Emilie la concierge vigie qui voit tout, avec son chien nommé Maréchal, et bien d'autres apparemment. Bérénice Pichat s'est documentée sur cette période et singulièrement sur le marché noir, "légitimé" d'une certaine manière à partir de 1943 par l
a Résistance, qui utilisera logistiquement les réseaux de porteurs. Certains profiteurs de guerre, opportunistes, toujours, s'en réclameront pour être blanchis lors de la "Grande lessive". Des zones grises, oui, il s'agit bien de cela... 
Pour décrire et faire ressentir le quotidien de l'époque, elle a également recueilli des témoignages de personnes l'ayant vécue, l'une d'elle était dans l'assistance et c'était assez émouvant de la faire un peu parler. Bérénice Pichat compare l'Occupation à un "huis-clos à l'échelle d'un pays". Elle a voulu mettre en scène une jeune fille, "éteinte" comme tout le monde par ce huis-clos, qui décide de "relever la tête". Elle a conclu son propos sur le rôle majeur des femmes pendant la Résistance, avec cette hypothèse d'un chercheur dont je n'ai pas noté le nom, et qu'elle a résumé ainsi : les femmes étaient celles qui ouvraient aux résistants qui frappaient à la porte des maisons, et c'était donc elles qui décidaient de les laisser entrer...
Une rencontre agréable et instructive. Les extraits lus ne m'ont pas forcément donné envie de lire Un marché noir, sans doute lirai-je plutôt La petite bonne.  
  
une adaptation prévue en roman graphique avec Jean-David Morvan au scénario et Edith (encore une havraise) au dessin, et aussi au cinéma par Mélisa Godet, réalisatrice de La Maison des femmes.
 

 

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