Dans ce podcast en épisodes, j'ai choisi un roman par siècle, précurseur ou représentant d'un courant littéraire, mettant en scène une héroïne qui, prise dans le corset des contraintes imposées aux femmes par la société de leur temps, peine à vivre ses aspirations amoureuses. Des femmes inoubliables et touchantes dans des romans dont on peut avoir, sans anachronisme excessif pour les plus anciens, une lecture féministe, tant ces destins broyés sont nés de l'empathie de leurs auteurs pour elles. Chaque épisode est composé d'une rapide mise en contexte de l'oeuvre, et d'un ou plusieurs extraits lus à haute voix. #7: XXIème siècle "L'amour et les forêts", d'Éric REINHARDT, publié en 2014 Dans cet épisode bonus de notre série de podcasts, Cath W parle de Bénédicte Ombredanne, l'héroïne littéraire évidente du XXIème siècle, selon elle. L'amour et les forêts , magnifique roman d'Eric Reinhardt, après avoir longtemps tenu la tête ...
Nous sommes en décembre 2018 et le mouvement des Gilets Jaunes secoue la France.
Joëlle Girard, une aide soignante de Saint-Dizier vient porter plainte, car son fils Guillaume, 20 ans, vient d’être gravement blessé par un tir policier de flash-ball en marge d’une manifestation parisienne. C‘est le dossier 137 dont va devoir s’occuper celle qui prend sa déposition, Stéphanie Bertrand, enquêtrice à l’IGPN, l’Inspection générale de la police nationale. A partir de là, le dernier film de Dominik Moll se déploie comme un film de procédure, voire un documentaire, un peu âpre, entre interrogatoires, visionnages de caméras de vidéo-surveillance, enquêtes sur le terrain et rédactions de rapports. Mais la dureté du travail de l’enquêtrice (encore une fois, impeccable Léa Drucker !) se trouve contrebalancée par ce personnage de femme honnête, pleine de rigueur morale, déterminée à faire toute la vérité sur ce dossier 137, et là, se joue évidemment autre chose, un nouveau film apparaît qui tient plus du film social et politique où la réalité s’avère plus complexe qu’il n’y paraît.
Car le réalisateur explore ce qu’on nomme les zones grises, en donnant la parole à chacun, les policiers, les témoins, les victimes (mais on sait que toutes les paroles ne se valent pas) en disséquant les faits dans leur entière vérité et en s’immisçant dans la vie privée de Stéphanie.
Mais au bout du compte, au bout de l’enquête qui voit Stéphanie tiraillée entre conviction et devoir, traître pour ses collègues, corporatiste pour la famille de la victime, tout le monde va y perdre des plumes, et même plus que des plumes car malgré tout, le film de Dominik Moll dresse un réquisitoire implacable, voire glaçant d’un État et de son administration, dépassé par les événements, qui non seulement dysfonctionne gravement mais persiste à vouloir enterrer les faits.
Joëlle Girard, une aide soignante de Saint-Dizier vient porter plainte, car son fils Guillaume, 20 ans, vient d’être gravement blessé par un tir policier de flash-ball en marge d’une manifestation parisienne. C‘est le dossier 137 dont va devoir s’occuper celle qui prend sa déposition, Stéphanie Bertrand, enquêtrice à l’IGPN, l’Inspection générale de la police nationale. A partir de là, le dernier film de Dominik Moll se déploie comme un film de procédure, voire un documentaire, un peu âpre, entre interrogatoires, visionnages de caméras de vidéo-surveillance, enquêtes sur le terrain et rédactions de rapports. Mais la dureté du travail de l’enquêtrice (encore une fois, impeccable Léa Drucker !) se trouve contrebalancée par ce personnage de femme honnête, pleine de rigueur morale, déterminée à faire toute la vérité sur ce dossier 137, et là, se joue évidemment autre chose, un nouveau film apparaît qui tient plus du film social et politique où la réalité s’avère plus complexe qu’il n’y paraît.
Car le réalisateur explore ce qu’on nomme les zones grises, en donnant la parole à chacun, les policiers, les témoins, les victimes (mais on sait que toutes les paroles ne se valent pas) en disséquant les faits dans leur entière vérité et en s’immisçant dans la vie privée de Stéphanie.
Mais au bout du compte, au bout de l’enquête qui voit Stéphanie tiraillée entre conviction et devoir, traître pour ses collègues, corporatiste pour la famille de la victime, tout le monde va y perdre des plumes, et même plus que des plumes car malgré tout, le film de Dominik Moll dresse un réquisitoire implacable, voire glaçant d’un État et de son administration, dépassé par les événements, qui non seulement dysfonctionne gravement mais persiste à vouloir enterrer les faits.
Après La nuit du 12, grand film qui questionnait la masculinité toxique et le manque de moyens dans la Police, Dominik Moll récidive sur un sujet hautement sensible, questionnant cette fois frontalement cette même Police, censée nous protéger mais parfois coupable du pire.
On ressort de la séance un peu rincé, et même carrément bouleversé quand résonne encore dans notre tête l’entraînant J’irai siffler sur la colline de Joe Dassin, que chante avec un désarmant enthousiasme la famille Girard, dans la voiture qui les conduit, la fleur au fusil, à Paris, ce 8 décembre 2018.

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