Qui connaît l’univers de Robert Seethaler ne sera ni perdu ni déçu. Celles et ceux qui ne le connaissent pas encore vont le découvrir : c’est l’univers de l’infra-ordinaire cher à Perec, celui du quotidien, tellement quotidien qu’on ne le voit ni le remarque même plus. Et pourtant, menacé de destruction ou de disparition, il charrie avec lui des tonnes de nostalgie. Robert Seethaler fait vivre la rue de la Lande, quelque part dans une ville et un pays dont les noms ne sont pas précisés (mais probablement en Europe de l’Est, ce qui n’est pas important de toutes façons), au travers des fragments de vie, de dialogues, de courriers administratifs ou amoureux du petit peuple qui y vit : à la boulangerie, chez la fleuriste, pendant la fête de la rue, à l’église, dans des immeubles... Ce qui se trame n’apparaît qu’en toile de fond : la gentrification imminente de cette rue populaire, objet de convoitise et de manœuvres de la part de promoteurs gourmands. Ainsi voit-o...
Attention, pépite ! Les éditions Monsieur Toussaint Louverture nous offrent la traduction du roman d’un dramaturge et scénariste, Steve Tesich, publié à titre posthume aux USA en 1998. A travers le personnage tragi-comique de Karoo, l’auteur, d’origine serbe, règle ses comptes avec une Amérique qui l’a accueilli mais aussi déçu. Karoo est un scénariste-nègre très demandé à Hollywood. Incapable de créer une œuvre, il est en revanche très doué pour faire rentrer des scénarii défaillants dans les canons hollywoodiens. La cinquantaine égoïste et alcoolique, Karoo refuse toute intimité avec les siens, cause de sa rupture avec sa femme, et de sa distance avec son fils adoptif. Cynique, veule, mais hyper-lucide sur sa déchéance (ce qui le rend malgré tout attachant), il n’est pas non plus dupe du manège hypocrite de son milieu. Un incroyable hasard de la vie (le destin ?) va mettre sur son chemin une femme qui, croit-il, lui apportera l’occasion de racheter toutes ses fautes … U...