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"Tout mais pas Beyrouth", roman graphique de DIEZ et JIBÉ

Dans la foulée de Guy Delisle ou de Nicolas Wild (ah, l’excellent Kaboul Disco  !!!), Mathieu Diez et Jibé signent un roman graphique aussi passionnant qu’émouvant. En 2022, Mathieu Diez décroche un poste d’« attaché pour le livre et le débat d’idées » à l’ambassade de France à Beyrouth (pile l’endroit où sa mère ne voulait pas le voir partir, d’où le titre). Il y restera jusqu’en 2025 et Tout mais pas Beyrouth est la chronique de son quotidien au Liban durant 3 ans. Rien n’y manque : ni la nécessaire et fort pédagogique introduction à l’histoire complexe de ce petit pays, ni la description de la vie et du travail dans la diplomatie à l’étranger, ni les éléments de découverte de cette terre et de son peuple, si attachants. Et bien sûr, la guerre s’invite dans ce qui aurait pu être un récit de voyage bien documenté et agréable à lire. Pour ma part, j’ai été effarée par le passage consacré au stage « Départ en poste sensible », dont le but est de prépa...

Les Kaïra de Franck GASTAMBIDE

Equivalent masculin et plus trash de Tout ce qui brille, Les Kaïra explose les codes du film de banlieue et du coup parle de cette dernière mieux que bien des films plus sérieux. 
Les dix premières minutes du film, qui décrivent les trois héros en no-life inoffensifs et naïfs dans leur cité de Melun, est à hurler de rire (mention spéciale à la mamie indigne, et bravo pour la description sociologique de la cité, particulièrement bien vue). De loin, le meilleur passage, même si la suite se laisse regarder sans une seconde d'ennui. 
Les garçons se sont mis en tête de devenir acteurs pornos pour s'en sortir. Les amis du bon goût tordront le nez devant deux scènes particulièrement proches de l'univers de Jude Appatow (que le réalisateur adore), qui réussissent l'exploit de rester bon enfant (si vous aimez Groland, ça passera)... Il y a plein de petites scènes en arrière plan qui contribuent à la vivacité du film, comme ces femmes en burka dans le gag le plus éculé du monde (ben oui porter une burka c'est d'abord absurde parce qu'on n'y voit rien ...).
Le réalisateur (qui joue l'un des trois copains) a compris l'un des ressorts importants d'un bon récit : la progression des personnages. Ils évoluent entre le début à la fin, et, message sympathique du film, ce sont les filles qui sont la solution : soeur, copine, elles sont plus affirmées et plus malignes et tirent nos gaillards vers le haut. Autre message plus utopiste, mais objet d'une scène finale jouissive (avec un ours, oui oui) : la solidarité d'un groupe peut triompher du méchant (en l'occurrence le caïd redouté du quartier, ici incarné par Ramzy). 
Chacun des trois garçons trouvera sa place dans le monde, à sa manière...
IsaH

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