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"La Femme auteur" de Madame de Genlis [Un siècle, un roman, une héroïne]

Cette proposition de Cath W s'inscrit parfaitement dans le cycle "Un siècle, un roman, une héroïne"  qui présente un ou plusieurs romans par siècle, précurseurs ou représentants d'un courant littéraire, mettant en scène une héroïne qui, prise dans le corset des contraintes imposées aux femmes par la société de leur temps, peine à vivre ses aspirations. Des femmes inoubliables et touchantes dans des romans dont on peut avoir, sans anachronisme excessif pour les plus anciens, une lecture féministe, tant ces destins broyés sont nés de l'empathie de leurs auteurs pour elles. Jolie surprise que cette réédition d’une nouvelle, ou plutôt d’un court récit paru à la fin du 18ème siècle, et passé sous les radars des Lagarde et Michard et autres manuels. L’intérêt contemporain pour toutes les formes d’émancipation féminine a sans doute motivé cette entreprise et c’est tant mieux. Madame de Genlis, qui est née en 1746, a quitté le monde de la Cour et les mondanités...

"Dieu, le temps, les hommes et les anges" d' Olga TOKARCZUK

Soudain, une mouche m’a piquée : il fallait quand-même, à la fin des fins, que je fasse connaissance avec l’un de ces auteurs au nom imprononçable pour lequel le jury du Nobel a un goût prononcé. J’ai jeté mon dévolu un peu au hasard, un peu parce que des proches m’en avaient parlé en bien, sur Olga Tokarczuk. Et parmi les nombreux titres ce cet auteur traduits en français, après mûre réflexion (il ne fallait pas que je me trompe !), j’ai choisi Dieu, le temps, les hommes et les anges.

A première vue, il s’agit d’une histoire de la Pologne, une chronique, plutôt, depuis 1914 jusqu’au XXIème siècle, avec son lot d’horreurs et de violences. Mais ce livre incroyable est beaucoup, beaucoup plus que cela. Au travers de la chronique de la vie à Antan, minuscule village, se révèle une œuvre à la portée métaphysique puissante. Tout vit, tout est personnage à Antan : les hommes, les femmes et les enfants, mais aussi, et au même niveau les animaux, les âmes, le vent, l’eau. Certains personnages sont même hybrides, mi humains-mi végétal ou eau, et une femme donne naissance à un enfant après s’être unie à une angélique-la plante.

Au travers de leurs relations et de leurs interactions, se dessine une quête de la nature de Dieu, et de l’essence du temps, rien que cela, représentée par un mystérieux jeu, et incarnée par le personnage d’Isidor, handicapé mental. Mais que cela n’effraie pas le lecteur qui hésiterait à s’aventurer. Le roman est découpé en très courts chapitres, et l’ensemble est un bonheur de lecture.

On a parlé de réalisme magique à propos de Dieu, le temps, … et on l’a rapproché de Macondo, le fameux village de Cent ans de solitude. Ce n’est pas tout à fait mon interprétation (il est vrai que mes souvenirs de Cent ans de solitude ne sont pas très frais). Indubitablement, l’introduction d’éléments que certains qualifient de fantastiques correspond pour moi à la volonté évoquée plus haut de traiter tout ce qui vit, sans hiérarchie. Tout fait monde !

Vous l’avez compris, je n’ai pas regretté mon incursion en terre inconnue, et c’est certain, je vais aller chercher d’autres livres d’Olga Tokarczuk à la médiathèque, ou chez ma libraire.


 

 

Commentaires

Anonyme a dit…
Je l ai découverte avec Sur les ossements des morts, magnifique aussi ! Merci pour cette belle critique. Plume de chat
Anonyme a dit…
Alors le prochain pour moi sera Sur les ossements des morts :)