Accéder au contenu principal

"La Disparition des choses" de Olivia ELKAIM

👍 Bibliosurf a distingué cette critique  Par un jour froid de novembre 1941, Cécile Perec, de son vrai nom Cyrla Szulewicz, juive polonaise, confie son fils de 5 ans à la Croix-Rouge dans un convoi qui quitte Paris pour le conduire à Grenoble, alors encore en zone libre. Son fils s’appelle Georges, Georges Perec, et il deviendra plus tard l’immense écrivain que l’on connaît. Georges ne reverra jamais sa mère. Qu’est-ce qui a donc poussé Olivia Elkaim à s’emparer de cette histoire où, sans réinventer ni Perec ni sa mère, elle les conduit jusqu’à nous pour combler les vides et comprendre cet acte sacrificiel ? Est-ce par-delà les époques une certaine proximité qui unit ces deux femmes ? Leur judéité ? Leur statut de mères ? Leur amour pour Perec ? Et bien qu’elle avoue elle-même « avancer dans le noir », Elkaim tente à travers ce livre d’expliquer ce lien, qui en tant que lectrice la lie à Perec et de percer le mystère de cette mère trop tôt disparue....

"Dieu, le temps, les hommes et les anges" d' Olga TOKARCZUK

Soudain, une mouche m’a piquée : il fallait quand-même, à la fin des fins, que je fasse connaissance avec l’un de ces auteurs au nom imprononçable pour lequel le jury du Nobel a un goût prononcé. J’ai jeté mon dévolu un peu au hasard, un peu parce que des proches m’en avaient parlé en bien, sur Olga Tokarczuk. Et parmi les nombreux titres ce cet auteur traduits en français, après mûre réflexion (il ne fallait pas que je me trompe !), j’ai choisi Dieu, le temps, les hommes et les anges.

A première vue, il s’agit d’une histoire de la Pologne, une chronique, plutôt, depuis 1914 jusqu’au XXIème siècle, avec son lot d’horreurs et de violences. Mais ce livre incroyable est beaucoup, beaucoup plus que cela. Au travers de la chronique de la vie à Antan, minuscule village, se révèle une œuvre à la portée métaphysique puissante. Tout vit, tout est personnage à Antan : les hommes, les femmes et les enfants, mais aussi, et au même niveau les animaux, les âmes, le vent, l’eau. Certains personnages sont même hybrides, mi humains-mi végétal ou eau, et une femme donne naissance à un enfant après s’être unie à une angélique-la plante.

Au travers de leurs relations et de leurs interactions, se dessine une quête de la nature de Dieu, et de l’essence du temps, rien que cela, représentée par un mystérieux jeu, et incarnée par le personnage d’Isidor, handicapé mental. Mais que cela n’effraie pas le lecteur qui hésiterait à s’aventurer. Le roman est découpé en très courts chapitres, et l’ensemble est un bonheur de lecture.

On a parlé de réalisme magique à propos de Dieu, le temps, … et on l’a rapproché de Macondo, le fameux village de Cent ans de solitude. Ce n’est pas tout à fait mon interprétation (il est vrai que mes souvenirs de Cent ans de solitude ne sont pas très frais). Indubitablement, l’introduction d’éléments que certains qualifient de fantastiques correspond pour moi à la volonté évoquée plus haut de traiter tout ce qui vit, sans hiérarchie. Tout fait monde !

Vous l’avez compris, je n’ai pas regretté mon incursion en terre inconnue, et c’est certain, je vais aller chercher d’autres livres d’Olga Tokarczuk à la médiathèque, ou chez ma libraire.


 

 

Commentaires

Anonyme a dit…
Je l ai découverte avec Sur les ossements des morts, magnifique aussi ! Merci pour cette belle critique. Plume de chat
Anonyme a dit…
Alors le prochain pour moi sera Sur les ossements des morts :)