Nouveau format de post [Rencontre avec], n'hésitez pas à vous en emparer ! Cela fait quelques mois que, un peu refroidie par la thématique de l'escalade, je sursois à la lecture de La voie de Gabriel Tallent, bien qu'ayant beaucoup aimé son premier roman à l'immense succès, My absolute darling . Mais bien sûr je ne pouvais pas manquer sa venue à l'invitation de la librairie de ma ville. Arrive un jeune homme en chemise de bûcheron à carreaux, au physique assez passe-partout façon bobo, à la belle voix profonde, et dont la prononciation parfaite m'a fait comprendre toute son intervention, à part quelques termes d'escalade justement, pour lesquels l'interprète était bienvenu. D'escalade il en a été beaucoup question, Gabriel Tallent la pratiquant avec passion à Joshua Tree, et ce n'était pas inintéressant à écouter. Il a voulu écrire à rebours des deux stéréotypes habituels du "climber" : d'une part celui qui est fort, masculin, s...
Tant mieux, c'est le mantra positiviste de la petite Adrienne, 4 ans, pour faire face aux situations difficiles. Le roman commence à la manière d' un conte : la petite fille est enfermée avec sa méchante "Mère-Grand", laissée là tout un été par sa mère, qui pourtant a vécu l'enfer, enfant, avec cette femme. Adrienne va faire preuve de résilience et d'astuce pour adoucir son quotidien plein de châtiments. Du Amélie Nothomb pur jus, la meilleure partie du livre pour moi, hiatus entre la légèreté du style et et la cruauté de la situation, avec un personnage d'enfant intelligent et plein de ressources. Puis Adrienne, en grandissant, affronte avec sa grande soeur les disputes parentales, ressent une anxiété coupable de connaître un secret concernant sa mère, puis, face à la négligence des adultes, doit prendre en charge le bébé né d'une réconciliation furtive entre ses parents. Toute sa vie se déroule ensuite dans ce court roman.
Les dernières pages voient Amélie Nothomb fendre l'armure comme rarement (jamais ?), elles concluent ce récit intime, puisqu' Adrienne est sa mère, imparfaite et mémorable, morte quelques années auparavant. Après Premier sang, magnifique opus consacré à son père, et avec Tant mieux, elle aura rendu à ses parents un hommage pudique, tout sauf hagiographique, mais plein d'un amour tel, qu'elle le qualifie elle-même de "gênant". Rien qu'avec ces deux récits, elle confirme, s'il en était besoin, son talent unique.

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