Qui connaît l’univers de Robert Seethaler ne sera ni perdu ni déçu. Celles et ceux qui ne le connaissent pas encore vont le découvrir : c’est l’univers de l’infra-ordinaire cher à Perec, celui du quotidien, tellement quotidien qu’on ne le voit ni le remarque même plus. Et pourtant, menacé de destruction ou de disparition, il charrie avec lui des tonnes de nostalgie. Robert Seethaler fait vivre la rue de la Lande, quelque part dans une ville et un pays dont les noms ne sont pas précisés (mais probablement en Europe de l’Est, ce qui n’est pas important de toutes façons), au travers des fragments de vie, de dialogues, de courriers administratifs ou amoureux du petit peuple qui y vit : à la boulangerie, chez la fleuriste, pendant la fête de la rue, à l’église, dans des immeubles... Ce qui se trame n’apparaît qu’en toile de fond : la gentrification imminente de cette rue populaire, objet de convoitise et de manœuvres de la part de promoteurs gourmands. Ainsi voit-o...
3 films articulés autour du couple : Les émotifs anonymes de Jean Pierre AMERIS, Pieds nus sur les limaces de Fabienne BERTHAUD et Another year de Mike LEIGH. • Couple d’émotifs avec la rencontre d’Isabelle CARRE (toujours superbe) et Benoit POELEVOORDE (étonnant mais finalement convaincant) autour d’une passion commune, le chocolat (bien connu pour ces effets antidépresseurs). Un petit film bien construit et attachant qui vaut surtout par le jeu des acteurs. • Couple de sœurs avec le deuil partagé de Ludivine SAGNIER (bien à l’aise dans son rôle de fofolle) et Diane KRUGER ( dont la beauté glacée se fendille d’amour pour sa sœur). Un film qui peut être crispant par la débauche d’effets de décors (arbres habillés de patchwork, baigneurs morcelés jalonnant le jardin et je ne parle pas du dindon aux ongles peints….) Il faut toiletter un peu tout cela écarter les taupes et le côté « trop », censé illustrer l’esprit dérangé de Lily, pour y trouver une très belle histoire d’amour entre...