Accéder au contenu principal

"L'Écrivain public" de Dan FESPERMAN

👍 Bibliosurf a distingué cette critique  Voici un roman noir, un vrai. Façon gangsters, détective désabusé (mais pas trop alcoolo), mafia et corruption des élites. Ça change un peu dans le paysage actuel du thriller horrifique et/ou psychologique. Nous voilà à New York en 1942, Pearl Harbor a dévasté le moral des américains, d’autant que le Normandy vient d’être détruit par un incendie dont on ne connaît pas l’origine. Woodrow Cain, s’échappant de sa Caroline natale après des évènements dramatiques, et pistonné par son riche et puissant beau-père, intègre le commissariat du 3ème district. Très rapidement, il est amené à enquêter sur une affaire qui le mène dans le quartier de Yorkville (la « Petite Allemagne » de Manhattan), où sévit le Bund, célèbre groupe pro-nazi. Sa tâche n’est pas aisée, car outre ses collègues qui le maltraitent méchamment en raison du piston qu’il a reçu, il a affaire à des gros bonnets qui ne sont pas tout à fait ce qu’ils prétendent être. M...

"Zem" de Laurent GAUDE

Un bon vieux roman d'anticipation efficace, voilà ce que propose Laurent Gaudé avec Zem, suite de Chien 51 que je n'ai pas lu, sans que cela gêne la lecture du tout. Dans ce nouveau monde soumis à la crise climatique, abrité par un dôme qui maintient la température, à la recherche constante de nouvelles sources d'énergie, l'inégalité d'accès à l'eau est criante entre les différentes zones de Magnapole. La cité habitée de "cilariés" (citoyens salariés) est privatisée et gérée par l'entreprise GoldTex. Lorsque des cadavres sont retrouvés dans un container lors d'une mise en scène hautement médiatisée, Zem, ancien flic reconverti dans la sécurité rapprochée d'un haut dignitaire de la GoldTex, et Salia, enquêtrice, vont à nouveau faire équipe pour résoudre l'affaire... Ces deux insiders sont des cabossés de la vie, nostalgiques de l'ancien monde, attachés l'un à l'autre par des liens forts qui ne sont pas de l'ordre de l'amour. Leur relation m'a fait penser à celle de Lisbeth Salander et Mikael Blomkvist (Millenium).

Ce polar dystopique se lit très bien, le suspense est parfaitement mené. Lors d'un festival littéraire, j'avais écouté Laurent Gaudé expliquer combien les noms (de famille, de lieux) sont pour lui importants dans ses romans, et particulièrement dans celui-ci qui bâtit un monde imaginaire et effrayant. La précision des noms de rues, de places etc... lui donne une vraie vie. J'ai été moins convaincue par l'aspect psychologique, à l'écriture un peu trop explicative : en surlignant les émotions des personnages, l'auteur laisse peu de place à l'interprétation et à la réflexion du lecteur.

Actes sud, 288 pages, août 2025


 


Commentaires