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"La solitude des professeurs est infinie" de Yannick HAENEL

👍 Bibliosurf a distinguĂ© cette critique  La rentrĂ©e littĂ©raire nous a rĂ©servĂ© un roman bien dans l’air du temps, qui rĂ©sonne tout particulièrement avec l’actualitĂ© de cet automne : les conditions d’Ă©tude des lycĂ©ens et, partant, de travail pour leurs enseignants. Jean Deichel a 22 ans lorsque, jeune agrĂ©gĂ©, il est nommĂ© stagiaire au collègue St-ExupĂ©ry de Mantes la Jolie. Personnage lunaire et idĂ©aliste, il est persuadĂ© d’avoir la vocation et de pouvoir aider Ă  changer le monde en transmettant sa passion pour la littĂ©rature. Ce n’est pas spoiler que d’annoncer d’entrĂ©e de jeu qu’il sera déçu…. Cependant, ses Ă©lèves lui rĂ©servent de bonnes surprises, et il rĂ©ussit Ă  faire passer le courant grâce Ă  la passion qui l’anime et Ă  des efforts gigantesques. C’est beaucoup plus difficile avec ses collègues et l’administration. Rien de bien neuf ĂŞtes-vous en train de penser, vous n’avez pas attendu ce billet, ni Yannick Haenel pour savoir que la condition des enseignants dans les...

"Zem" de Laurent GAUDE

Un bon vieux roman d'anticipation efficace, voilĂ  ce que propose Laurent GaudĂ© avec Zem, suite de Chien 51 que je n'ai pas lu, sans que cela gĂŞne la lecture du tout. Dans ce nouveau monde soumis Ă  la crise climatique, abritĂ© par un dĂ´me qui maintient la tempĂ©rature, Ă  la recherche constante de nouvelles sources d'Ă©nergie, l'inĂ©galitĂ© d'accès Ă  l'eau est criante entre les diffĂ©rentes zones de Magnapole. La citĂ© habitĂ©e de "cilariĂ©s" (citoyens salariĂ©s) est privatisĂ©e et gĂ©rĂ©e par l'entreprise GoldTex. Lorsque des cadavres sont retrouvĂ©s dans un container lors d'une mise en scène hautement mĂ©diatisĂ©e, Zem, ancien flic reconverti dans la sĂ©curitĂ© rapprochĂ©e d'un haut dignitaire de la GoldTex, et Salia, enquĂŞtrice, vont Ă  nouveau faire Ă©quipe pour rĂ©soudre l'affaire... Ces deux insiders sont des cabossĂ©s de la vie, nostalgiques de l'ancien monde, attachĂ©s l'un Ă  l'autre par des liens forts qui ne sont pas de l'ordre de l'amour. Leur relation m'a fait penser Ă  celle de Lisbeth Salander et Mikael Blomkvist (Millenium).

Ce polar dystopique se lit très bien, le suspense est parfaitement menĂ©. Lors d'un festival littĂ©raire, j'avais Ă©coutĂ© Laurent GaudĂ© expliquer combien les noms (de famille, de lieux) sont pour lui importants dans ses romans, et particulièrement dans celui-ci qui bâtit un monde imaginaire et effrayant. La prĂ©cision des noms de rues, de places etc... lui donne une vraie vie. J'ai Ă©tĂ© moins convaincue par l'aspect psychologique, Ă  l'Ă©criture un peu trop explicative : en surlignant les Ă©motions des personnages, l'auteur laisse peu de place Ă  l'interprĂ©tation et Ă  la rĂ©flexion du lecteur.

Actes sud, 288 pages, août 2025


 


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