Accéder au contenu principal

"La solitude des professeurs est infinie" de Yannick HAENEL

La rentrée littéraire nous a réservé un roman bien dans l’air du temps, qui résonne tout particulièrement avec l’actualité de cet automne : les conditions d’étude des lycéens et, partant, de travail pour leurs enseignants. Jean Deichel a 22 ans lorsque, jeune agrégé, il est nommé stagiaire au collègue St-Exupéry de Mantes la Jolie. Personnage lunaire et idéaliste, il est persuadé d’avoir la vocation et de pouvoir aider à changer le monde en transmettant sa passion pour la littérature. Ce n’est pas spoiler que d’annoncer d’entrée de jeu qu’il sera déçu…. Cependant, ses élèves lui réservent de bonnes surprises, et il réussit à faire passer le courant grâce à la passion qui l’anime et à des efforts gigantesques. C’est beaucoup plus difficile avec ses collègues et l’administration. Rien de bien neuf êtes-vous en train de penser, vous n’avez pas attendu ce billet, ni Yannick Haenel pour savoir que la condition des enseignants dans les collèges de banlieues « sensibles » étai...

[Rencontre avec] Gabriel TALLENT, romancier américain


Nouveau format de post [Rencontre avec], n'hésitez pas à vous en emparer !

Cela fait quelques mois que, un peu refroidie par la thématique de l'escalade, je sursois à la lecture de La voie de Gabriel Tallent, bien qu'ayant beaucoup aimé son premier roman à l'immense succès, My absolute darling. Mais bien sûr je ne pouvais pas manquer sa venue à l'invitation de la librairie de ma ville. Arrive un jeune homme en chemise de bûcheron à carreaux, au physique assez passe-partout façon bobo, à la belle voix profonde, et dont la prononciation parfaite m'a fait comprendre toute son intervention, à part quelques termes d'escalade justement, pour lesquels l'interprète était bienvenu. 
D'escalade il en a été beaucoup question, Gabriel Tallent la pratiquant avec passion à Joshua Tree, et ce n'était pas inintéressant à écouter. Il a voulu écrire à rebours des deux stéréotypes habituels du "climber" : d'une part celui qui est fort, masculin, stoïque et équipé, et d'autre part le "cow-boy solitaire" marginal qui abandonne tout derrière lui pour vivre sa passion. Tamma et Dan ne sont ni l'un ni l'autre, ce sont deux ados sans ressources, ils sont ceux qui ont été abandonnés, justement (le sujet de la maltraitance étant d'ailleurs un point commun avec My absolute darling). Ils ne tentent pas forcément de dépasser leurs limites mais veulent "poursuivre un rêve" ensemble. Il m'avait en effet semblé que l'amitié
, rarement centrale dans la littérature,  était l'autre thème du roman, et à la fin de l'intervention, un peu frustrée de ne pas le voir aborder, j'ai posé la question. Pour lui l'amitié est "undervalued" aux USA (quelque part entre sous-estimé et dévalorisé) et il avait envie de redonner du "poids" à ce sentiment qui lie ses "deux personnages détruits qui se battent pour leur vie" (ce sont ses mots exacts). Il a aussi parlé de l'angoisse du deuxième roman, sachant qu'il est devenu père au moment de son écriture, il a été traversé par le doute de pouvoir tout concilier.

La rencontre était vraiment agréable car en relatif petit comité, il est très abordable, mais je me méfie toujours un peu de ces romans à la grille de lecture "toute tracée", genre l'escalade comme métaphore de la vie etc... On devient difficile avec l'âge...😉J'attends les commentaires de celles et ceux qui l'auraient lu parmi vous, car j'ai encore besoin d'un petit coup de pouce pour le commencer !

Credit photo : Michael Friberg; Riverhead Books

 


 

Commentaires

Anne a dit…
Eh bien je viens juste de le terminer et j’ai été séduite par cette histoire d’amitié entre ces deux jeunes liés depuis l’enfance et dont les mères étaient meilleures amies également ( même si entre elles l’amitié a été gâchée ).
Certes le jargon de l’escalade rebute un peu au début , mais on se laisse captiver et les dialogues entre les deux amis (héros très attachants) sont savoureux !
Leurs familles respectives jouent aussi un rôle non négligeable dans l’histoire .

Étant sujette au vertige pour ma part je ne peux qu’être fascinée ( intellectuellement uniquement)par ce sport et la façon qu’ils ont de le vivre tous les deux est assez enthousiasmante.

Bref tout cela pour dire que ce livre m’a plu et j’aurais bien aimé comme toi en rencontrer l’auteur .