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"La Fête" de Lucy FRICKE

Lucy Fricke ne recevra ni le Médicis étranger, ni le Fémina étranger pour La Fête  (encore qu’elle ait été nominée à ces mêmes prix en 2021 pour Les Occasions manquées ), et n’en a sans doute pas l’ambition, mais elle nous offre une lecture rapide et rafraîchissante qui ne se refuse pas. Jakob vit à Berlin, dans le quartier branché de Kreutzberg et il a cinquante ans aujourd’hui. Jakob ne se dirait pas déprimé, pourtant il n’a plus envie de sortir (et ne sort plus), Jakob vire tous ses souvenirs de son appartement, Jakob n’a plus envie de rien en fait. « A cinquante ans, estimait-il, les jalons étaient posés, rien ne changeait plus, tout était voué au déclin ». Bien entendu, Jakob ne veut pas de fête pour son anniversaire, du moins c’est ce qu’il dit à Ellen, son amie de toujours. Pourtant, ce matin-là, Ellen débarque avec une bouteille de champagne, un gâteau au chocolat et un slip de bain pour cadeau. Commence alors une journée complètement dingue qui, vous l’...

"La librairie sur la colline" d'Alba DONATI

Arrivée à la cinquantaine, Alba Donati, poétesse et éditrice  tente un pari fou : retourner dans son village natal, non loin de Lucques, en Toscane, et y ouvrir une librairie. L'histoire ne dit pas si elle a fait un business plan... Sans doute pas, car qui validerait le projet d'ouverture d'une librairie dans une commune de 180 âmes ? Quelques semaines avant que la Covid ne se répande comme une traînée de poudre en Italie et que le confinement soit décrété ? (Mais ça personne ne pouvait le prévoir...) C'est cette aventure hors norme qui est fort joliment racontée dans La librairie sur la colline, sous forme de journal intime. Dans cette librairie (visitable sur réservation, covid oblige), peu de best-sellers, mais les livres qui font vibrer la propriétaire (surtout des femmes : Sylvia Plath, Elizabeth Bowen, Djuna Barnes, ... Mais quelques hommes ont heureusement droit de cité), un jardin, des roses, des pivoines, des thés et confitures "Jane Austen" ou "Emily Brontë", des voisins et habitants qui donnent un coup de main, cuisinent pour la libraire et ses clients (en particulier lorsque la librairie brûle....). Bref un projet collectif, un brin écolo, pas mal féministe, mais joyeux et empli de belles et bonnes choses.
Quelle merveilleuse lumière que celle apportée par ce livre ! Le lire en un moment où les nuages s'amoncellent, où tant de choses nous semblent laides, où la haine, les coups bas, l'absence de respect pour l'autre et la vulgarité se répandent et se banalisent, cette ode à la littérature mais aussi à la pensée, à la nature, à l'amitié, à la famille, en un mot aux liens humains et à la beauté nous rappelle que l'émerveillement est encore possible. Je ne suis pas une grande adepte du concept de livre-réconfort, ou de livre doudou, mais je dois dire que celui-ci m'a fait du bien et m'a insufflé une dose d'optimisme bienvenue. 
Petite pépite découverte grâce à ma super-libraire de quartier, que je complimentais sur  sa manière de présenter ses coups de coeur : elle était allée chercher ses idées chez Alba Donati.



Commentaires

Kesketalu a dit…
Oui on a bien besoin d'un peu d'optimisme et pourquoi pas d'utopie ! Merci Cath pour cette découverte.