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"Ni vue ni connue", un film de Marc FITOUSSI

Avouez qu’il faut avoir l’esprit bien espiègle pour confier à Isabelle Huppert, considérée en 2020 par le New York Times comme la meilleure actrice du 21ème siècle, le rôle d’une obscure figurante qui court le cachet de plateaux en plateaux. Dans le dernier film de Marc Fitoussi, Ni vue, ni connue Isabelle Huppert s’appelle donc Corinne Maclou, son patronyme rimant parfois avec relou et c’est un petit bout de femme qui ne s’en laisse pas conter et reste combative malgré les aléas de la vie, si ce n’est une démarche légèrement voûtée (sans doute le poids des efforts qu’elle déploie et qui pèse sur ses épaules,) Mais elle en veut cette Corinne Maclou, qui n’hésite jamais à forcer les portes ! Aussi, lorsqu’elle rencontre Sandrine Kiberlain lors d’un tournage, (tous les autres acteurs du film jouent leur propre rôle) Corinne décide de l’aborder pour concrétiser son rêve d’interpréter enfin un personnage digne de son talent. On retrouve ici l’empreinte de la célébrissime série Dix po...

"La librairie sur la colline" d'Alba DONATI

Arrivée à la cinquantaine, Alba Donati, poétesse et éditrice  tente un pari fou : retourner dans son village natal, non loin de Lucques, en Toscane, et y ouvrir une librairie. L'histoire ne dit pas si elle a fait un business plan... Sans doute pas, car qui validerait le projet d'ouverture d'une librairie dans une commune de 180 âmes ? Quelques semaines avant que la Covid ne se répande comme une traînée de poudre en Italie et que le confinement soit décrété ? (Mais ça personne ne pouvait le prévoir...) C'est cette aventure hors norme qui est fort joliment racontée dans La librairie sur la colline, sous forme de journal intime. Dans cette librairie (visitable sur réservation, covid oblige), peu de best-sellers, mais les livres qui font vibrer la propriétaire (surtout des femmes : Sylvia Plath, Elizabeth Bowen, Djuna Barnes, ... Mais quelques hommes ont heureusement droit de cité), un jardin, des roses, des pivoines, des thés et confitures "Jane Austen" ou "Emily Brontë", des voisins et habitants qui donnent un coup de main, cuisinent pour la libraire et ses clients (en particulier lorsque la librairie brûle....). Bref un projet collectif, un brin écolo, pas mal féministe, mais joyeux et empli de belles et bonnes choses.
Quelle merveilleuse lumière que celle apportée par ce livre ! Le lire en un moment où les nuages s'amoncellent, où tant de choses nous semblent laides, où la haine, les coups bas, l'absence de respect pour l'autre et la vulgarité se répandent et se banalisent, cette ode à la littérature mais aussi à la pensée, à la nature, à l'amitié, à la famille, en un mot aux liens humains et à la beauté nous rappelle que l'émerveillement est encore possible. Je ne suis pas une grande adepte du concept de livre-réconfort, ou de livre doudou, mais je dois dire que celui-ci m'a fait du bien et m'a insufflé une dose d'optimisme bienvenue. 
Petite pépite découverte grâce à ma super-libraire de quartier, que je complimentais sur  sa manière de présenter ses coups de coeur : elle était allée chercher ses idées chez Alba Donati.



Commentaires

Kesketalu a dit…
Oui on a bien besoin d'un peu d'optimisme et pourquoi pas d'utopie ! Merci Cath pour cette découverte.