Artemisia, c’est Artemisia Gentileschi, peintre italienne remise à l’honneur par une grande exposition au Musée Jacquemart-André en 2025 et... par les féministes. Artémisia, née en 1593 à Rome, fille d’un peintre talentueux et très tôt orpheline de mère, révèle dès son enfance un don remarquable pour la peinture. A une époque où les femmes artistes sont plus que rares, à peine une exception, (elles ne sont même pas autorisées à acheter des pigments et des couleurs elles-mêmes) son père, qui ne vit que par et pour l’art, l’encourage à cultiver son talent. Il lui donne pour professeur de perspective un certain Agostino Tassi….. Le reste, bien connu, est entré dans la légende : les viols répétés par Tassi, ses mensonges, et la lecture des œuvres majeures d’Artemisia comme autant de scènes de vengeance (en particulier les variations autour de Judith décapitant Holopherne). L’album réalisé par Nathalie Ferlut et Tamia Baudouin va beaucoup plus loin que cette image un peu réductrice qu’...
John Irving définit
son dernier roman comme une œuvre militante, ce qui est à la fois
la force et la limite d’A moi seul…. Irving entend en
effet faire le tour de toutes les différenciations sexuelles à
travers une galerie de personnages, qu’on va suivre des années 60
aux années 2000. La toile de fond passe donc d’une société
verrouillée sur ces questions, jusqu’à la (relative) ouverture
actuelle, en passant par la terrible irruption du SIDA... Le
narrateur, Bill Abott, est un adolescent sensible et indécis
sexuellement. Dans sa petite ville du Vermont, il rêve d’être
écrivain, encouragé dans cette voie par une bibliothécaire, Miss
Frost. Ambivalente et fascinante, elle sera également décisive dans
l’orientation sexuelle du jeune homme (il aimera les garçons ET les filles) … Malgré quelques longueurs, Irving excelle à nous
rendre tous ces personnages vivants et attachants. Son art consommé
du dialogue, son sens si américain des situations (parfois crues,
souvent drôles), la force des émotions (le long tunnel de deuils
des années SIDA) nous mettent en état de totale empathie. Un hymne
à la tolérance par un maître des lettres américaines, qui, avec
Bill, nous offre une fois de plus un personnage masculin dont lui
seul a le secret.
IsaH

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