Artemisia, c’est Artemisia Gentileschi, peintre italienne remise à l’honneur par une grande exposition au Musée Jacquemart-André en 2025 et... par les féministes. Artémisia, née en 1593 à Rome, fille d’un peintre talentueux et très tôt orpheline de mère, révèle dès son enfance un don remarquable pour la peinture. A une époque où les femmes artistes sont plus que rares, à peine une exception, (elles ne sont même pas autorisées à acheter des pigments et des couleurs elles-mêmes) son père, qui ne vit que par et pour l’art, l’encourage à cultiver son talent. Il lui donne pour professeur de perspective un certain Agostino Tassi….. Le reste, bien connu, est entré dans la légende : les viols répétés par Tassi, ses mensonges, et la lecture des œuvres majeures d’Artemisia comme autant de scènes de vengeance (en particulier les variations autour de Judith décapitant Holopherne). L’album réalisé par Nathalie Ferlut et Tamia Baudouin va beaucoup plus loin que cette image un peu réductrice qu’...
Ce
premier roman de l'indien Neel Mukherjee (écrit en anglais) a été très
remarqué à sa sortie, et ce n'est pas étonnant. Sa maîtrise et
son talent, pour un coup d'essai, forcent l'admiration.
Un
roman original, foisonnant qui se déploie sur plusieurs plans en
mettant en perspective différentes époques et différents
personnages, tous aussi passionnants les uns que les autres. Nous
passons ainsi de la vie à Calcutta dans la 2de moitié du 20ème
siècle, aux bas-fonds de Londres dans les années 90, de la
partition du Bengale en 1905 au monde glauque de la traite des
travailleurs immigrés illégaux en Angleterre,
en passant par l'ornithologie(!)
En bref, et pour être plus précise : dans les années 90, Ritwik, qui vit à Calcutta dans une famille qui s'est toujours battue contre la misère, perd ses 2 parents. Brillant élève, il obtient une bourse pour aller étudier à Londres.
En bref, et pour être plus précise : dans les années 90, Ritwik, qui vit à Calcutta dans une famille qui s'est toujours battue contre la misère, perd ses 2 parents. Brillant élève, il obtient une bourse pour aller étudier à Londres.
Là,
en même temps qu'il découvre le monde étudiant cosmopolite en
Angleterre, il commence un roman consacré à la partition du Bengale
et parallèlement s'enfonce dans les bas-fonds, poussé par une
homosexualité qui s'exprime dans des situations scabreuses. Jusqu'à
ce qu'il entre au service d'une très vieille dame, qu'il soigne et
dorlote. Est-ce le temps de la rédemption ?
Le
temps passe, la bourse comme le visa d'étudiant ont expiré, et
pour ne pas abandonner la vieille Anne Cameron, Ritwik devient un
immigré clandestin, qui va grossir les rangs de ceux qui recherchent
tous les matins à se vendre à des employeurs-négriers (ici on
pense au terrible "It's a free world" de Ken Loach).
On
passe des couleurs indiennes (mais on est loin de Bollywood), au gris
puis au noir de l’Angleterre. Les deux histoires se renvoient
l'une à l'autre, et se nourrissent l'une de l'autre. Vous l'aurez
compris, un excellent roman.
Cath

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