Ce récit, absolument saisissant vient de se voir attribuer le Prix Transfuge 2026 du premier roman. Il s’inspire de faits réels et méconnus qui soulèvent de vertigineux questionnements sur la nature humaine. Sous couvert de la fiction, qui permet peut-être plus que l’essai, d’exploiter les différentes nuances de gris qui composent la réalité, nous suivons les traces de Paul Remlinger, vétérinaire-biologiste, qui a assisté de près aux exploits de Louis Pasteur, ce génie à qui il voue une admiration sans borne. Mais Remlinger, jeune homme timide et presque falot restera un personnage secondaire dans l’histoire de la Science à l’inverse de ses contemporains de l’Institut Pasteur comme Albert Calmette ou Emile Roux. Affecté à l’Institut Antirabique de Constantinople en 1901, Paul va y végéter de nombreuses années, faute de moyens humains et financiers. C’est un homme solitaire qu’une vie routinière apaise, obsédé par l’hygiène et entièrement tourné vers la vérité scientifique. Mais l’hi...
Soderbergh nous surprendra toujours. Après Contagion et Side effects, voici la biographie du kitchissime mais néanmoins virtuose pianiste Liberace. "Liberace n'est pas Rubinstein, mais Rubinstein n'est pas Liberace..." Avec cette citation délicieuse et pleine de sens, Soderbergh nous introduit dans l'univers de cet artiste américain des années 70, dont en France on mesure mal l'extraordinaire notoriété. Les 20 premières minutes sont à tomber par terre : Matt Damon, jeune homo indécis et un peu plouc, se retrouve à un concert de Liberace à Las Vegas. Le boogie woogie exécuté par une main gauche animée d'une vie propre (les pianistes amateurs, dont je suis, seront hallucinés) est l'occasion pour Liberace d'un sketch en interaction avec le public : c'est drôle et tarte à la fois, mais cette scène clé où l'on lit la fascination dans le regard de Matt Damon pour le brillant / clinquant showman, permet de comprendre toute leur histoire. Car elle pourrait sembler bien invraisemblable, cette passion amoureuse entre un jeune homme et une "vieille folle" despotique. Michael Douglas réussit pourtant le tour de force de la rendre crédible, tant il frôle la caricature sans jamais tomber dedans. Jusqu'à sa voix est méconnaissable. Il est ahurissant de véracité. Alors bien sûr il est question d'argent, de domination, de jeunes hommes se succédant dans le lit du maestro. Mais quand vient la dernière heure, celle où les masques tombent, ne reste qu'un véritable amour, certes singulier, mais réel et réciproque, et donc universel. J'ai versé ma petite larme...
IsaH

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