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Votez pour l'héroïne littéraire du début du XXIème siècle : J - 1 !

Dans le podcast de Kesketalu  intitulé "Un siècle, un roman, une héroïne", quel roman au personnage féminin marquant succèdera à La princesse de Clèves , Manon Lescaut , Une vie , Thérèse Desqueyroux ,  Bonjour tristesse  et  Truismes , et incarnera le XXIème siècle littéraire francophone (du moins son premier quart...) ?  A vous de voter parmi ces 12 titres 👇, proposés par les contributrices régulières du blog Kesketalu, l 'ultime épisode du podcast sera consacré au roman que vous aurez choisi, et à son héroïne. Accéder au formulaire de vote ICI   Fin du vote : 20/05/2026   Christine Angot - Le Voyage dans l'Est ( la narratrice ) Emmanuelle Bayamack-Tam - Arcadie ( Farah ) Virginie Despentes - Bye bye Blondie ( Gloria ) Ananda Devi - Sylvia P.  (Sylvia Plath) Philippe Djian - "Oh...!" ( Michèle ) Alice Ferney - La Conversation amoureuse ( Pauline Arnoult ) Nancy Huston - Lignes de faille ( Sadie, Kristina ) Lola Lafon - Quand...

Un siècle, un roman, une héroïne [#1] : "La Princesse de Clèves" de Madame de LA FAYETTE


Dans ce podcast en épisodes, j'ai choisi un roman par siècle, précurseur ou représentant d'un courant littéraire, mettant en scène une héroïne qui, prise dans le corset des contraintes imposées aux femmes par la société de leur temps, peine à vivre ses aspirations amoureuses. Des femmes inoubliables et touchantes dans des romans dont on peut avoir, sans anachronisme excessif pour les plus anciens, une lecture féministe, tant ces destins broyés sont nés de l'empathie de leurs auteurs pour elles.
Chaque épisode est composé d'une rapide mise en contexte de l'oeuvre, et d'un ou plusieurs extraits lus à haute voix. 

#1 : La Princesse de Clèves, de Madame de La Fayette, publié en 1678 

Le XVIIè siècle littéraire est connu pour son théâtre, ses contes, ses fables et autres écrits moralistes, portés par leurs illustres auteurs : Molière, Corneille, Racine, Perrault, La Fontaine, Boileau ou La Bruyère. Il n'est pas le siècle du roman, malgré une profusion éditoriale du genre, qui se décline au fil des décennies en beaucoup de courants (héroïque, comique, utopique, classique, galant...).
 
Force est de constater que, devant une liste de romans ayant connu le succès à cette époque, le seul qui saute aux yeux du non-spécialiste, le seul qui soit parvenu jusqu'à nous, c'est La Princesse de Clèves. Meilleure représentante des femmes de lettres des salons de l'époque, Madame de La Fayette éclipse ses paires par son talent unique, mais démontre la richesse et la modernité de cette littérature galante, qu'on qualifiera, à la suite du génial mais cruel Molière, de "précieuse" (terme que Mesdames de Scudéry, Sévigné et consortes n'ont jamais revendiqué).

Marie Darrieussecq (qui a abondamment partagé son admiration pour le roman de Madame de La Fayette, et qui s'en est inspiré pour Clèves), synthétise en une boutade bien sentie comment ce roman, porté aux nues par Balzac et Radiguet, a été perçu au fil du temps :

"Les premiers lecteurs de Mme de Lafayette, au XVIIe siècle, le jugèrent invraisemblable : quelle épouse pense devoir informer son mari de ses tentations adultères ? Au XVIIIe siècle, cet aveu, on l'a trouvé charmant. Au XIXe, immoral. Au XXe, idiot : mais qu'elle l'épouse donc, son bellâtre de cour ! Et au début du XXIe, on dit qu'il ne faut plus lire ce livre." On se souvient en effet du tollé déclenché par Nicolas Sarkozy, alors Président de la République, s'émouvant que cette oeuvre, sur laquelle il avait "beaucoup souffert" soit au programme des concours administratifs des "guichetières de la Poste"...

Alors oui, les intrigues des premières pages sont un peu indigestes (on est sous le règne d'Henri II), mais aux mots "Il parut alors une beauté à la cour", le roman décolle. L'extrait que je vais vous lire est un peu plus loin. Mademoiselle de Chartres est devenue la femme du Prince de Clèves, qui l'idolâtre mais qu'elle n'aime pas ; le Duc de Guise, qui a loupé le coche de sa conquête, se languit d'elle. Et voilà que, comme elle auparavant, entre à la cour et dans le champ de sentiment de la Princesse, l'éblouissant duc de Nemours... 
La scène de leur rencontre, aux fiançailles d'un courtisan, est incroyablement cinématographique.

 



 Prochain épisode : Manon Lescaut de l'abbé Prévost


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