Désormais, quand j'entendrai "huit femmes", je ne penserai plus seulement à François Ozon. Mais aussi aux huit personnages féminins dépeints par l'autrice coréenne Cho Nam-Joo dans Miss Kim . J'avoue, je n'avais pas repéré celle que l'éditeur appelle "le phénomène de la littérature coréenne", dont le premier roman paru en 2020 a été un des étendards du mouvement MeToo ( K i m Ji-young, née en 1982 ). Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu de nouvelles, alors je me suis lancée. Déjà, l'ensemble dégage un exotisme subtil. Le plus évident est intéressant et dépaysant : - les noms et prénoms (Eunju, Jihye,Seoyeon...), parfois accolés de leur fonction dans la famille ou l'entreprise (eonni accolé au prénom pour désigner la mère par ex), - la nourriture (kimchi, sujebi, dashimas, ...), présente dans nombre de scènes, - les traditions festives. Mais les nouvelles distillent au fil de la lecture un "exotisme" plus souterr...


J'avais pris dans mes valises deux de mes auteurs anglais préférés : Nick Hornby (Juliet, naked) et William Boyd (Orages ordinaires). Petite déception pour les deux.
Boyd s'essaie au thriller sans convaincre totalement. L'histoire est cousue de fil blanc, son héros, Adam, se retrouve au mauvais endroit au mauvais moment : venu rapporter à un homme croisé au restaurant la mallette que ce dernier avait oublié, il assiste quasiment en direct au meurtre de l'homme et voit sa vie basculer : poursuivi par des tueurs qui veulent le faire taire alors qu'il ne sait rien, il devient SDF pour leur échapper (au passage, petit couplet un brin passéiste sur notre "traçabilité" via les portables, internet, les cartes bancaires et autres gadgets) et va mener l'enquête... L'intérêt principal du bouquin est l'évocation de Londres et de sa population underground, mais on se fiche totalement de ce qui arrive au personnage...
Hornby est en terrain connu. Comme toujours son héros, Duncan, est un quadra féru de rock, et plus particulièrement fan de Tucker Crowe, chanteur génial devenu culte après avoir brusquement arrêté sa carrière au milieu des années 80 et disparu de la circulation, ouvrant la voie aux rumeurs les plus folles. Annie, qui partage la vie de Duncan dans une petite ville d'Angleterre, oscille entre résignation devant cette passion chronophage et exclusive qui maintient le couple dans une sorte d'entre-deux sans responsabilités ni projets, et amertume de ne pas avoir d'enfant. Joli personnage féminin, plein d'humour, et qui un jour, par le plus grand des hasards (enfin pas tout à fait mais je ne vais pas tout vous raconter), réalise le rêve de Duncan : entrer en contact avec Tucker Crowe...
D'où vient cette petite frustration à la lecture ? Tout y est, pourtant : les références rock, les interrogations existentielles des 3 personnages qui chacun à leur manière vivent en décalage par rapport à la société, les dialogues qui font mouche... Je ne saurai dire, mais on est loin de Haute fidélité et de Pour un garçon. Ca reste tout de même très bien, je vous le conseille.
Isa
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