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"Sidérations" de Richard POWERS

S’il y a une chose qui m’agace, c’est bien qu’on dise d’un livre, ou d’une écriture, qu’ils sont « poétiques ». Qu’est ce que cela peut bien vouloir dire ? Cela me paraît une formule tellement creuse… Mais voilà que Sidérations  m’a fourni une réponse : c’est quand le livre en question vous fait voir ce qui vous entoure d’une autre façon, vous montre la grandeur insondable d’un environnement, d’une relation…. J’ose le dire, Sidérations  offre des moments de pure poésie en dépit des sujets difficiles qu’il aborde : la souffrance d’un enfant, orphelin de mère, incapable de gérer ses émotions et, en parallèle la destruction d’un monde - le nôtre. Robin, enfant tout à fait atypique, est le fils d’un astrobiologiste (oui oui, ça existe, ça aussi je l’ai découvert), et d’une jeune femme qui a consacré sa vie à combattre la souffrance animale et la disparition des espèces. Robin est d’une intelligence et surtout d’une sensibilité prodigieuses, et il a entre...

La sélection de Cath (3)




L’Intranquille de Gérard Garouste

Le sous-titre « autoportrait d’un fils, d’un peintre, d’un fou » ne ment pas. Garouste raconte le terrible contentieux avec son père, collaborateur et spoliateur des juifs et les désordres psychiques qui en ont partiellement résulté. Il fait également le lien avec sa conception de l’art et de la création. Son histoire personnelle est racontée avec détachement, sans lyrisme ni sensiblerie. Nous rencontrons un homme, porteur d’une culture riche et raffinée (le judaïsme) et d’une sensibilité exacerbée. Cet autoportrait, à la fois sobre et puissant constitue un excellent moyen de (re)plonger dans l’œuvre de l’artiste



Loin des bras de Metin ARDITI

Nous sommes en 1959, en Suisse dans un pensionnat pour la jeunesse dorée. Au moment où commence le roman, l’institut est dans une mauvaise passe, et bien que sa directrice, Mme Alderson fasse l’impossible pour le garder, il semble bien qu’il faille le céder à un groupe américain. D’ailleurs, ce groupe américain souhaite auditionner les membres du personnel en posant 3 questions : Comment sont-ils arrivés à l’Institut ? Qu’est-ce qu’ils feraient différemment s' ils étaient retenus ? Et enfin comment envisageraient-ils leur avenir dans le cas contraire ?. Ce sont ces 3 questions qui vont révéler, en de courts et intenses chapitres l’enfer personnel de chacun des personnages : homosexualité, collaboration pendant la guerre, jeu …
L’arrivée au même moment d’une nouvelle professeure d’italien, meurtrie elle aussi, et autour de qui s’organise petit à petit le roman, dévoilera définitivement les petits secrets de chacun.
Un roman fort, des personnages attachants, et finalement, malgré les fardeaux du passé, de jolies notes d’espoir : la photographie, la danse, ou encore le théâtre sont des échappatoires à la solitude et à l’angoisse.



Cartes postales pour l’enfer de Neil BISSONDATH

Alec, peintre décorateur, doit son succès à son talent et au mythe de son homosexualité,
prétendument assouvie parmi ses nombreuses relations dans les milieux huppés qui forment sa clientèle. Sumintra, une jeune fille qui navigue elle aussi entre deux identités, vient briser cette façade.
Par son mensonge, chacun des personnages pense se protéger et contrôler sa vie telle qu’il entend la vivre.
Mais Alec et Sumintra se rencontrent et entament une liaison torride.
Les masques tomberont-ils ? Alec et Sumintra réussiront-ils à faire craquer la façade qu’ils se sont construits pour suivre leurs penchants ?
Dans un roman, enlevé, drôle même s’il se termine tragiquement, quelquefois coquin, Neil Bissondath pose de nombreuses questions : le secret est-il une liberté ou une prison ? Faut-il plus de courage pour mentir ou pour être soi-même ? La vraie vie ne peut-elle pas être celle qu’on s’invente et son identité celle qu’on se choisit ?

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