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"Miss Kim", recueil de nouvelles de Cho Nam-Joo

Désormais, quand j'entendrai "huit femmes", je ne penserai plus seulement à François Ozon. Mais aussi aux huit personnages féminins dépeints par l'autrice coréenne Cho Nam-Joo dans  Miss Kim . J'avoue, je n'avais pas repéré celle que l'éditeur appelle "le phénomène de la littérature coréenne", dont le premier roman paru en 2020 a été un des étendards du mouvement MeToo ( K i m Ji-young, née en 1982 ). Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu de nouvelles, alors je me suis lancée. Déjà, l'ensemble dégage un exotisme subtil. Le plus évident est intéressant et dépaysant : - les noms et prénoms (Eunju, Jihye,Seoyeon...), parfois accolés de leur fonction dans la famille ou l'entreprise (eonni accolé au prénom pour désigner la mère par ex),  - la nourriture (kimchi, sujebi, dashimas, ...), présente dans nombre de scènes,  - les traditions festives.  Mais les nouvelles  distillent au fil de la lecture un "exotisme" plus souterr...

Les sans papiers au cinéma

Vu deux films sur le sujet des sans papiers, traités sur le mode de la comédie : Les mains en l'air de Romain GOUPIL et Les Invités de mon père d'Anne LE NY.


Une bande de gamins monte un plan type club des cinq pour sauver de l'expulsion leur copine tchétchène, l'adorable Milana. Manichéen, militant, le film décolle un peu grâce aux enfants, assez convaincants et tellement mignons... La vraie bonne idée c'est le "flash forward" qui fait parler 60 ans après les faits les deux héros principaux de l'histoire, Milana et son copain. Là on est tout à coup dans l'humain d'une histoire d'amour inaboutie, contrariée par la bureaucratie. Un moment d'émotion qui clôt un film un peu facile.

Une vraie histoire d'amour c'est aussi ce que raconte le film d'Anne Le NY. Cette fois c'est un brave grand-père veuf (Michel Aumont) , qui dans la logique d'une vie de militantisme de gauche, se met en tête d'accueillir une jeune mère et sa fille sans papiers. Mais la jeune mère, Tatiana, est une bombe et il tombe amoureux d'elle, déclenchant la panique parmi ses deux enfants : Karine Viard, bobo pleine de bons sentiments, finit quand même par trouver saumâtre de se faire déshériter au profit d'une quasi inconnue. Fabrice Luchini, le cynique avocat parisien sans morale, défend bec et ongles les intérêts de la famille. On ne saura pas vraiment si Tatiana est une véritable intrigante (voire une criminelle) ou si, hélas habituée à se battre pour sa survie, elle cherche simplement à améliorer son sort et celle de sa fille. Au fil des scènes toutes plus hilarantes et jubilatoires les unes que les autres, on comprend son point de vue, celui des enfants et on passe un excellent moment, à rire et à réfléchir !

Comme dans le film de R.Goupil, il reste au final un vieil homme meurtri, réconforté par son fils. Cette histoire aura au moins eu le mérite de les rapprocher.


IsaH

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